• Depuis plusieurs années, j'ai abandonné tout système de comportement en classe pour un fonctionnement qui relève plus de l'éducation des comportements" que de la "gestion". Cette année j'ai opté pour un nouveau type d'affichage-référent : la boussole.

    L'an passé, dans cet article, je vous expliquais la façon dont je comptais organiser la gestion de ma classe et vous glissais également les liens vers les articles qui éclairaient mon choix d'abandonner les systèmes de gestion de comportement (de type météo, couleurs, personnages ...), que j'ai moi-même utilisé un temps mais avec lesquels je n'ai jamais été vraiment à l'aise.

    Les deux dernières années, je n'avais donc affiché aucune règle de classe, ni positives, ni négatives.

    Seule une devise ou un slogan, choisis par/avec les élèves, figurait au mur et résumait les grandes lignes directrices de notre classe (Respect, Partage, Aide ...).

    Ce fonctionnement relavant, à mon sens, plus des fonctions incombant à mon métier (oui car ATTENTION SPOILER  : je suis enseignante, pas gendarme ou chien de berger lol) me satisfait parfaitement.

    Mais alors, comment faire quand ils adoptent un mauvais comportement ?

    Et bien quand ils font n'imp' (oui parce que bon, on ne va pas se mentir ou tourner mille ans autour du pot, c'est souvent ce que notre petite voix nous dit : "Mais qu'est-ce qu'il/elle fait bon sang de bonsoir de bor...?" voili voilou hein !) et qu'on n'a plus de système de gestion des comportements, il faut se munir de plusieurs outils qu'on a souvent sur nous (NON, pas les mains ! C'est tentant mais c'est non ! Même si elles sont encore plus facilement accessibles ! C'est plus de problèmes que de solutions au final. Pour nous surtout ! :-S) :

    une bonne respiration avec les yeux fermés histoire de ne plus voir la source du litige le temps de faire retomber la pression ;-p

    de la patience (pas toujours facile à avoir sur soi mais si on ferme bien fort les yeux il est possible qu'elle vienne nous faire coucou en image mentale ;-))

    et un objectif personnel motivant : "Allez, je respire, je prends le temps et je me répète en souriant "Ce n'est pas grave, ce soir je mange de la raclette* ! Je répèèèète ... Ce n'est paaaaas grave, ce soir je mange de la raclette !" :-D

    * peut être remplacé par "Tout va bien, je sors au ciné avec mes amies ce week-end" ou "La nouvelle saison de ma série est arrivée sur Netflix !" ou toute autre élément extérieur à l'école qui vous rend heureux mais, surtout, surtout, SURTOUT, on évite tout ce qui est en lien avec le ménage, les lessives, le repassage, les activités extra-scolaire des enfants, toussa, toussa, car, vraiment, ça n'aide absolument à relativiser ! Mais genre VRAIMENT PAS ! #casentlevecu

    Donc, une fois que j'ai pris sur soi, que je pense à ma petite raclette, ma télé et tout le reste, je demande à l'élève de m'expliquer son comportement (en effet, de nombreuses situations m'ont déjà prouvé que la notion de vérité est souvent très difficile à définir selon les points de vue. Chacun à SA vérité et une mauvaise interprétation est possible. L'écoute et l''échange reste la base d'une bonne relation et d'une éducation constructive.)

    Ensuite, l'élève est placé devant la devise ou le slogan pour réfléchir à l'élément qu'il n'a pas appliqué. (Selon les situations, il est possible de faire formuler le comportement adéquat qu'il aurait dû adopter et/ou qu'il adoptera à l'avenir.).

    L'élève peut aussi avoir à réaliser un geste réparateur  dans le cas où son comportement aurait causé du tord à quelqu'un ou autre. (l'affiche des Editions Pirouettes peut donner des pistes de ce qu'il est possible d'envisager selon les situations)

    Mais ça doit te prendre un temps fou au quotidien à chaque "déviance" ?

    Alors oui ! On ne va pas se mentir, c'est long à mettre en place tant dans l'invention de la devise que de la mise en œuvre en classe. Sans doute plus même qu'un système de gestion "classique".

    Mais on en gagne par la suite, vraiment !

    Par ce système, il est possible de réaliser une réelle éducation des comportements (attention, je ne parle pas ici du rôle des parents, de leur influence, de ce qu'ils ont fait ou pas, de ce qu'ils font ou pas, ce n'est pas le sujet d'ailleurs. Je parle purement et simplement ici du devoir de l'Ecole qui est un des premiers lieux de vie collectif de chaque individu et qui doit préparer ces mêmes individus à devenir des citoyens, au sein d'une société.)

    Même si parfois c'est dur (car nous avons tous nos jours avec et nos jours sans, que les élèves AUSSI en ont et que la fatigue se fait parfois plus forte et parlante que la raison, pour eux comme pour nous), avec le recul et les "expérimentations" auprès des classes pas toujours évidentes à gérer (dans mon contexte particulier d'enseignement en tous cas), je vois bien les effets positifs de ce fonctionnement qui ne me fait très rapidement plus "perdre de temps".

    Le fait que cela se fasse relativement vite ne relève pas du "miracle pédagogique det Noël". Cela vient surtout du fait que rien dans ce fonctionnement ne leur est imposé. Je ne leur dit rien (mis à part des termes de vocabulaire qui leur manque pour développer leurs idées). C'est au fil des discussions et des débats que leurs idées arrivent et que nous les mettons sur papier ensemble.

    Quand on fait les choses nous-mêmes après autant d'heures de travail, on a envie d'en prendre soin. Du fait qu'ils sont eux-mêmes à l'origine des valeurs à respecter au sein de la classe, les enfants s'y plient assez rapidement. 

    D'autant que, par ce fonctionnement, je ne suis plus le "seul maître à bord". Chaque élève est libre de conduire un de ses camarades devant la devise pour lui signifier, lui rappeler qu'il n'a pas respecté les valeurs collectives décidées ensemble et que de ce fait il entrave le bon déroulement de la vie de tous.

    Le but n'est pas de demander aux élèves de rédiger des règles qui seront la base de jugement de l'enseignant ensuite. Cela reviendrait à leur donner du bois brut pour qu'ils en fassent des bâtons afin qu'on les frappe avec. Cela n'aurait aucun sens !

    L'idée serait plutôt de leur laisser ce bois brut pour qu'ils en fassent un grand feu autour duquel chacun pourra venir, rire et plaisanter en grillant des chamallows. L'enseignant compris !

    (Ben oui, j'aime bien les chamallows, je vais pas me priver alors que j'ai fourni le bois non ?! ;-p).

     

    Et la boussole dans tous ça ?

    Cette année je compte donc poursuivre dans cette même voie qui me satisfait bien plus que les systèmes de pertes ou de gains de points (ou autre) qui sont (mais cela reste bien sûr mon avis purement personnel) à la fois chronophage pour l'enseignant quotidiennement ou hebdomadairement (je ne sais pas si ce mot existe mais tant pis) et, surtout, bien loin de la réalité qui les attend hors de l'école.

    Pour cette nouvelle rentrée, j'ai choisi d'abandonner l'idée de la devise pour me tourner vers une autre approche plus symbolique : la boussole.

    Cet été j'ai pu visiter la Eis-Schoul, une école fondamentale luxembourgeoise fondée sur la pédagogie inclusive dont j'ai adoré l'approche en terme de comportements (il y avait pile poil tout ce que j'adore ! <3). Cette école dispose d'une charte, rédigée à la fois par les enseignants, les élèves, les parents d'élèves et les éducateurs intervenant dans l'école. Bref, par TOUS !

    L'ensemble des valeurs de l'école est définit dans cette charte et résumé dans un seul instrument très évocateur : une boussole !

    La boussole du "Bien vivre ensemble"

    Pour bien saisir l'importance de la boussole, il faut partir de la définition même de l'objet :

    Une boussole est un instrument doté d'une aiguille aimantée qui se dirige toujours vers le nord. Elle permet à chacun de se repérer et d’aller dans la bonne direction.

     

    Elle est donc, dans le contexte de la classe, un repère pour aider les élèves à guider leurs comportements vers le "bien vivre ensemble", dans l'intérêt de tous.

    J'ai donc, dès la rentrée, affichée en classe la boussole entièrement vierge afin laisser aux élèves la possibilité de l'investir. Plusieurs séances d'EMC ont été menées en classe sur les "bons et les mauvais  comportements", "les émotions", ... avec régulièrement des retours sur des évènements vécus dans la classe ou dans la cour pour leur faire prendre conscience que "vivre ensemble" nécessitait des accords de base. Plusieurs débats ont ainsi menés à l'émergence de valeurs qui réunissaient la majorité d'entre eux : le respect, les efforts, le plaisir, le soutien ont été les 4 premières à émerger.

    NB : Au départ j'envisageais de ne mettre en place que 4 "directions" et donc 4 valeurs mais c'était sans compter sur la motivation et les idées toutes intéressantes de plusieurs élèves qui souhaitaient faire figurer plus de termes pour que la boussole puisse être le plus parlante possible. Donc, il y en a eu 4 autres. ;-)

    Nous avons donc décidé de mettre en mots 8 valeurs. Les voici, accompagnées des définitions (décidées en EMC et propres à notre vision du "Vivre ensemble" cette année) :

     

    Netteté : Chaque information, chaque but, chaque élément doit être exprimé de manière claire et compréhensible pour être accessibles à tous.

     

    Respect : Cela veut dire que nous vivons et travaillons ENSEMBLE en tenant compte des limites de chacun.

     

    Empathie : Ce mot fait penser aux émotions. Il veut dire qu'il est essentiel d'écouter les autres, de se mettre à leur place pour percevoir ce qu’ils ressentent et pour essayer de les comprendre.

     

    Tous capables : Ce mot fait le lien avec notre marché de connaissances. Il nous rappelle que rien n'est impossible. Chacun de nous a des compétences et mérite d’avoir une chance de les montrer.

     

    Soutien : Il est important d’apporter son aide aux autres quand ils en ont besoin et d'être présent pour eux car ils le feront aussi si nous avons besoin d’aide un jour.  

     

    Plaisir : Dans notre classe, chacun soit se sentir à l'aide et bien dans sa peau. Nous devons tous faire en sorte que chacun soit heureux de venir apprendre, chaque jour.

     

    Organisation : Elle veut dire qu'il est important de prendre soin de son travail et du matériel pour que tout le monde s’y retrouver et en profite dans de bonnes conditions. 

     

    Efforts : On essaye, on ne baisse pas les bras puisqu'on est Tous capables ! Il est important de croire en nous pour réussir.

     

    NB : L'ordre des valeurs sur la boussole n'a pas vraiment d'importance mis à part le fait d'avoir placé les mots commençant par S, E et O sur les positions du Sud, de l'Est et de l'Ouest pour que la boussole puisse servir de pense-bête en QLM. C'est d'ailleurs pour cette même raison que nous avons choisi le mot "Netteté" à mettre au Nord au lieu du mot "Explication" prévu au départ. Avec les enfants, nous ne savions pas trop si cela se disait vraiment mais pour nous cela avait du sens donc nous l'avons gardé. ;-).

    Chaque valeur s'accompagne, à la demande des élèves, d'un petit dessin qui la rend facilement identifiable.

    La boussole du "Bien vivre ensemble"

     

    La place de la boussole dans la classe

    Si les devises de classe étaient affichées en hauteur et à la vue de tous les années passées, il en est tout autre cette année. En effet, les enfants m'ont demandé de la mettre plus bas pour qu'ils puissent la manipuler en tourner l'aiguille, quand cela leur semble nécessaire pour indiquer eux-mêmes à un camarade la valeur bafouée.

    Ils ont donc choisi de la placer sous le tableau de la classe, face au coin regroupement pour une raison qui se suffit à elle-même :

    "C'est devant le tableau qu'on se regroupe et qu'on travaille tous ensemble. "La boussole pour vivre ensemble" devrait se trouver là du coup !"

    La boussole du "Bien vivre ensemble"

    Voilà donc notre boussole terminée (après une période entière de réflexion dessus !) et accompagnée des détails décidé en EMC (oui parce que parfois la maitresse se fait âgée et ne se souvient plus trop de tout ce qui avait été dit lors du conseil de classe donc un petit pense-bête est toujours le bienvenu ! ;-p).

    Reste à savoir ce que la boussole indiquera l'an prochain ... ;-) 

    Voici, à titre indicatif pour les intéressé(e)s (car comme spécifié maintes fois dans cet article, tout l'intérêt de ce fonctionnement réside dans l'implication des élèves) les documents qui m'ont servi à créer l'affichage de notre boussole de classe. Peut-être cela pourra vous servir pour démarrer la démarche avec votre propre classe autour d'une boussole vierge.

    NB : La boussole de base a été imprimée sur une feuille A3 (la version A4 était vraiment très petite pour être lisible et compréhensible). ;-)

    La boussole du "Bien vivre ensemble"


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  • J'ai découvert il y a peu un objet un peu étrange au premier abord mais qui s'avère très utile pour pratiquer la cohérence cardiaque à la maison mais aussi en classe, sans nécessité la présence et les consignes de l'adulte. Il s'agit du coach de respiration ZenSpire Relax.


    Comme vous le savez sans doute déjà, je pratique avec mes élèves la cohérence cardiaque à l'aide de l'ouvrage Cohérence Kid de Dr David O'HARE. (cliquez sur l'image pour en savoir plus)

    Pratiquer la cohérence cardique en classe

    J'ai depuis poursuivi mes documentations sur le sujet et c'est ainsi que j'ai pu découvrir My Zenspire Relax.

    Faire de la respiration guidée, en classe et en autonomie

    Faire de la respiration guidée, en classe et en autonomie

    Un des avantages techniques de ZenSpire est qu'il n’utilise pas de connexion Wifi ou bluetooth.

     

    Faire de la respiration guidée, en classe et en autonomie

     

    Le principe est très simple : il suffit de respirer en respectant les couleurs du galet !
    Le galet dispose également d'une fonction "vibreur" qui permet non seulement de pouvoir l'utiliser les yeux fermés afin de calmer ses émotions encore plus efficacement mais aussi de permettre aux EBEP (malvoyants, sensibles aux lumières ...) de s'en servir sans souffrir. ;-)

    Déjà habitués à pratiquer les respiroutines de Coherence Kid en classe, depuis la rentrée, les élèves n'ont eu aucun mal à comprendre à quoi servait cet objet lumineux ni comment s'en servir.


    En classe, le galet est utilisé de différentes manières, selon le besoins de la classe et/ou des élèves :

    Faire de la respiration guidée, en classe et en autonomie

    Faire de la respiration guidée, en classe et en autonomie



    ZenSpire Relax a donc rapidement trouvé sa place dans notre classe.

    ______________________________________

    Si vous souhaitez plus d'informations sur le ZenSpire Relax (ou sur son petit frère, le ZenSpire Sleep, qui permet de trouver le sommeil plus facilement et qui a déjà fait ses preuves dans mon entourage très proche !!), rendez-vous sur le site dédié à ces petits coachs en cliquant sur l'image ci-dessous.

    Faire de la respiration guidée, en classe et en autonomie

     


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  • Cet été, j'ai pu découvrir plusieurs ouvrages qui me permettront d'aborder les émotions avec mes élèves. Voici une petite présentation de ces ouvrages qui, je pense, intéresseront de nombreux collègues travaillant sur ce thème avec leur classe.

     

    La collection Nougatine (Editions NLA)

    Lue à mes propres enfants durant l'été, cette petite collection a reçu un bel accueil de leur part. Même s'ils sont certes un peu plus jeunes que mes élèves de CP, nous avons pu avoir de beaux échanges sur le(ur)s émotions grâce à cette collection qui leur a permis de mettre en mots beaucoup de chose. J'espère que cela aura le même effet en classe !

    Qui est Nougatine ?

    Nougatine est une petite lapine, imaginée par Elsa Faure-Pompey et dessinée par Nicole Devals qui est devenue également la mascotte des éditions NLA Créations. Cette maison d'édition qui s'est donnée pour mission de reconnecter les enfants avec des choses simples dans le but de développer leur créativité, leur curiosité et leur potentiel.

    Des ouvarges pour aborder les émotions

    NB : Je sais que beaucoup de collègues ont investi, comme moi, dans les peluches des émotions du #magasindontonnedoitpasprononcerlenom et il se trouve que ce sont des petites boules de poils aux longues oreilles. Devinez un peu ce qu'il sera possible de faire comme lien entre les deux ... ;-p #maitresseimpatiente

    Des ouvrages pour aborder les émotions

    Nougatine vit donc des aventures qui paraissent simples à première vue mais qui parlent énormément aux enfants car elles sont toutes basées sur des évènements qu'ils vivent : se retrouver seul, faire face à la nuit tombée ...  les découvre

    Chaque ouvrage se penche ainsi sur une émotion ressentie et vécue par la petite lapine et qui lui fait rencontrer à chaque fois un nouveau petit personnage :

    - un merle pour la joie

    - une larme pour la tristesse

    - une cri-volant pour la colère

    - une griboutrouille pour la peur

     

    Des ouvarges pour aborder les émotions

    Mais ce qui m'a énormément plus dans cette collection c'est qu'après l'histoire, chaque album propose des pages de supports à exploiter en classe pour parler des émotions avec les enfants, dès le plus jeune âge. On y trouve ainsi :

    Des ouvarges pour aborder les émotions

     

    Des ouvarges pour aborder les émotions

     

    Des ouvarges pour aborder les émotions

     

    Des ouvarges pour aborder les émotions

     

    Des ouvarges pour aborder les émotions

     

    Vous l'aurez compris, j'ai vraiment craqué pour cette petite collection qui rejoindra ma classe dès lundi afin de m'aider à accompagner mes élèves dans la gestion de leurs émotions et, par conséquent, de leur comportement. ;-)

     

    NB : Les éditions NLA Créations me proposent de vous partager un petit code promo qui, si cette collection vous intéresse, vous permettra de réduire un peu le montant de vos achats ;-). N'hésitez donc pas à saisir le code "FR1" lors de votre prochaine commande sur leur site.

    Merci à eux pour cette délicate attention !

     

     

     

    Que d'émotions ! (Editions Perspectives)

    "Que d'émotions !" est un ouvrage extrait d'une collection écrite et illustrée par Gisèle Henriot.

    Après avoir été enseignante et directrice en école maternelle d'un réseau d'éducation prioritaire, elle s'est donnée pour mission d'améliorer les relations des enfants pour "bien vivre ensemble". C'est ainsi qu'elle a choisi d'appeler sa collection qui se compose de 3 ouvrages destinés à suivre les jeunes à travers les différents âges de l'enfance et de l'adolescence :

     

    Des ouvarges pour aborder les émotions

      Des ouvarges pour aborder les émotions    Des ouvarges pour aborder les émotions 

    Je ne dispose actuellement que du premier ouvrage cité (car c'est tout bonnement celui qui m'intéresse le plus étant donné l'âge non seulement de mes élèves mais aussi et surtout de mes enfants ;-)) mais, de ce que j'ai pu en voir, chaque ouvrage est fourni avec un petit guide à destination des parents et/ou enseignants pour leur donner des pistes

    L'article étant déjà long, je vous présente en vidéo les ouvrages déjà cités afin de pouvoir vous en dire plus sur les projets que j'ai pour eux. ;-)

     

     

     

    Collection "Histoire de valeur "

    En faisant un petit tour sur le site des Editions Perspective, j'ai pu découvrir la collection "Histoire de valeur". Cette collection semble être un bon support pour présenter et développer les compétences pyschosociales aux enfants. Il y a déjà plusieurs albums disponibles comme :

    - Le marchand de vent (la persévérance)

    - Le pont (La tolérance)

    - Une petite graine de quelque chose (La gentillesse)

    - Monsieur Piéléger (Le tact)

    - Madame Félicité (La gratitude)

    - Liselot des papillons (Le respect du vivant)

    Des ouvarges pour aborder les émotions

    Chaque album est visiblement fourni avec une petite fiche d'exploitation à destination de l'adulte. Je ne peux malheureusement pas vous en dire ou montrer plus car, mon budget n'étant (à mon grand regret) pas infini, je n'ai pas pu investir dans tous les ouvrages qui m'intéressaient. :-(

    Je pensais malgré tout important et intéressant de porter cette dernière collection à votre connaissance car je sais que certain(e)s d'entre vous apprécieront de connaître leur existence. ;-)

     

           

     


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  • Cette année, avec mes élèves, nous avons pas mal modifié l'organisation de l'espace-classe afin qu'il puisse vraiment correspondre aux besoins de tous. Et un de gros besoins du collectif portait sur la gestion des comportements et des émotions.

    Pas facile d'entrer dans les apprentissages et d'avoir la tête à l'école quand son cœur et son esprit tournent en boucle sur un évènement extérieur qui nous a dérangé ou sur le match de la récréation où son équipe a perdu alors qu'en fait, c'est les autres qui ont triché !

    Bref, chacun sait comment ça se passe en classe ensuite :

    ça ne se passe PAS !

    Les élèves sont fatigués, énervés, dispersés ... Et là, on aura eu beau faire la plus chouette des fiches de prép' et préparé THE séance la plus COOL de toute sa LIFE, c'est clair et net que tout sera étouffé dans l’œuf !

    Évidemment, pas pour tous !

    Ce genre de cas reste minoritaire (en tous cas je vous le souhaite de tous cœur !) mais malgré cela, je pense qu'on ne peut pas rester sans rien faire pour aider l'enfant concerné à disposer de tout ce dont il a besoin pour se remettre dans de bonnes conditions d'apprentissages pour le reste de la journée.

    Le risque d'en perdre ensuite d'autres en cours de trop grand pour le prendre.

    Jusque là dans ma classe je disposais d'un centre du calme (je vous le présentait ICI). Il a bien changé depuis cet article et surtout cette année.

    Avec les élèves, nous avons travaillé sur les émotions, l'empathie, l'écoute, ... bref, sur beaucoup de compétences psychosociales afin d'améliorer le climat général de classe.

    Suite à tout cela, le besoin s'est fait ressentir pour eux de disposer d'une réelle "zone pour décompresser" quand ça ne va pas.

    Nous avons ainsi fait évoluer le centre du calme. Il n'était plus alors un espace "en soi" mais est devenu un élément d'une zone dédiée spécialement "à soi". Le centre du calme fait donc désormais partie d'un espace plus conséquent nommé

    "Le SAS de décompression"

    Le SAS de décompression

    Cette zone de la classe à ainsi 3 fonctions principales :


    - Une fonction de médiation pour la gestion des "petits conflits" :

    Les enfants peuvent se rendre dans cet espace de la classe pour effectuer leur message clair sans pour autant avoir à sortir de la classe et tout en restant proche de moi si jamais il est nécessaire que j'intervienne dans le cas par exemple où le message clair ne se déroule pas comme espérer.

    Le SAS de décompression


    - Une fonction de rétroaction sur ses propres actes et/ou émotions

    Dans cet espace, l'élève peut se rendre volontairement ou à ma demande pour s'isoler du groupe et faire le point sur l'évènement qui trouble son efficacité et sa concentration. A l'aide des indications de la porte su SAS, il peut prendre le temps de se poser, de faire le point sur l'acte en question/les émotions associées ... et réaliser une activité qui lui permettra de se "décharger" du poids émotionnel qui l'encombre avant de retourner à ses activités scolaires.

    Le SAS de décompression


    - Une fonction d'isolement pour revenir à un état émotionnel neutre plus propice aux apprentissages.

    Le tipi mis à disposition dans cet espace permet de réellement s'isoler du groupe quelques minutes, pour réaliser sa rétroaction ou tout simplement parce qu'on a besoin de 10 minutes pour souffler. (Les adultes aussi ont besoin régulièrement d'une pause pour souffler un peu. Qu'on l'appelle pause-pipi, pause-cigarette, pause-café ou je ne sais quoi d'autre encore, le principe est le même, on fait une pause pour se changer les idées avant de retourner suer. Ben là, c'est pareil mais pour les enfants et à l'école ! ;-)).

    Le SAS de décompression

    Évidemment, je vous entends déjà dire:

    "Oui ben moi je vois déjà qui va y passer sa vie histoire de ne rien faire de sa journée !".

    Comment je sais que vous pensez ça ? Ben simplement parce que je me suis dis la même chose quand j'ai envisagé de mettre en place un centre du calme ! ;-p

    Pour éviter ce genre d'abus possibles (mais finalement pas si fréquents que cela après expérience), un sablier de 10 minutes est disponible au centre du calme. C'est le temps dont les élèves disposent pour "faire le point". Les élèves doivent le retourner sur le sol de manière à le voir (et à ce que je puisse le voir également) pour bien percevoir le temps qui leur est "offert" pour décompresser.

    Le SAS de décompression

    Si jamais 10 minutes ne suffisent pas à l'enfant, il doit me prévenir.

    Pourquoi ? parce que si 10 minutes de SAS ne suffisent pas à retrouver son calme ou son efficacité, je pense qu'il est de mon devoir d'intervenir et d'aller parler avec l'enfant de ce qui le perturbe pour qu'il puisse bénéficier ensuite d'un réel appui "physique" et d'un guidage plus personnalisé que nous pourrons mettre en place ensemble.

    Mais, comme toujours, ce n'est que mon opinion et chacun reste maître en sa demeure ... euh, sa classe ! ;-)

    J'ai pris le temps de vous montrer cela très brièvement en vidéo dans l'espoir que ce soit un peu plus parlant.

     

    Et voici, pour les intéressé(e)s, le fichier regroupant les éléments visibles sur la porte.


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  • Début juillet j’ai eu la chance de pouvoir participer avec mes collègues à la journée des blogueuses dans les locaux des Editions Retz. Nous y avons certes présenté notre ouvrage « Enseigner en classe flexible » mais nous avons surtout pu y rencontrer, découvrir ou re-découvrir d’autres auteurs dont Laure Reynaud qui vient de publier l’ouvrage « Développer les compétences psychosociales».

     Développer les CPC à l'école

    NB : Cet ouvrage s'adresse à un public de cycle 3 mais peut assez facilement s'adapter à des élèves de cycle 2.

     

    Laure Reynaud a été enseignante au primaire et au lycée pendant 17 ans. Elle s’est formée à la discipline positive et à la pleine conscience, puis a obtenu un diplôme en psychologie positive (IMAPP, Anglia Ruskin University). Elle anime des formations et des conférences et a coordonné la mise en place du premier programme d’éducation positive en France.

    Avec Ilona Boniwell, elle a fondé ScholaVie, une association spécialisée dans le développement des compétences socio-émotionnelles (CSE). Elle propose aux professionnels de l'éducation des accompagnements, des ressources et des outils pour mettre les résultats de la recherche au service de la réussite scolaire de tous.

    Développer les CPS à l'école

     

    Durant cette journée, Laure Reynaud a pu prendre la parole pour nous présenter son parcours mais aussi et surtout son ouvrage qui a fait énormément écho en moi.

    Mais d'abord, pour vous permettre d'y voir plus clair, allons à l'essentiel :

    Que sont que sont les compétences psychosociales ? (ci-après nommées CPS)

    Les CPS c'est la capacité d'une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne, c'est l'aptitude d'une personne à maintenir un état de bien-être mental en adaptant un comportement approprié et positif à l'occasion des relations entretenues avec les autres sa propre culture et son environnemen.

    Pour résumé "grossièrement", dans un contexte scolaire, les compétences psychosociales se sont toutes les choses qu'on demande à nos élèves de faire chaque jour mais sans jamais leur avoir appris à les faire.

    « Reste calme ! »

    « Ecoute un peu ton camarade ! »

    « Allez, vas-y ! Aie confiance en toi ! »

    Autant de petites phrases que nous avons certainement déjà tous prononcées à un ou l’autre de nos élèves peut-être même sans sont nous en rendre compte tellement cela coulait de source !

    L’écoute, l’empathie, les émotions, la confiance en soi, la force de caractère, la motivation … sont des CPS.

     

    Développer les CPC à l'école

    Comme vous pouvez le voir sur cette photo du sommaire, l’ouvrage se présente en 3 grandes parties :

    -         - Une introduction basée sur l'essentiel de la théorie, présentant les CPS et leurs bienfaits, expliquant comment les enseigner, etc …

    -        - Deux parties semblables, orientées sur la pratique de classe et l'enseignement des CPS cognitives et émotionnelles d'une part et relationnelles d'autre part. Chaque CPS est développée en situations et activités concrètes possibles et facilement réalisables au sein d'une classe pour permettre de réellement ENSEIGNER les CPS.

    Développer les CPC à l'école

     

    J’ai donc récemment dévoré cet ouvrage car, depuis déjà quelques années maintenant, j'essaye, à mon échelle et guidée par mon intuition, mon bon sens (ou tout autre terme du même acabit et signifiant simplement que je tâtonne sans vraiment mener de recherches poussées sur le sujet faute de temps), de mettre en place dans ma classe des temps de travail et d'apprentissage sur certaines des notions présentées dans ce livre (l'empathie, la gestion des émotions et leur verbalisation, l'écoute ...).

    J’ai également découvert au travers de la psychologie positive qui guide cet ouvrage, qu’il existe des compétences psychosociales que je ne « connaissais pas » ou, en tous cas, dont je ne soupçonnais pas l’importance ni la nécessité de les enseigner.

    Lors de l'échange avec Laure Reynaud, une question (très souvent posée sur ce genre de sujet ;-p) a été soulevée :

    « En quoi les CPS sont-elles des compétences qui doivent être enseignées à l'école ? Cela n'incombe-t-il pas à la famille de préparer ses enfants à mettre en œuvre ces compétences ? »

    Danièle Adad, co-auteure de « Bien dans sa tête bien, dans sa classe » a alors proposé une réponse que je rejoins totalement et qui est la suivante (en résumé, car je n'avais malheureusement pas mon dictaphone pour une trace exactes des superbes échanges et propos tenus tout au long de la journée :-() :

    L'enseignement de ces compétences doit se faire à l'école déjà parce qu'un enfant y passe en moyenne 12 000 au cours d'une scolarité normale mais aussi parce qu'elle est le seul point commun à tous les enfants et qu'elle a en charge la formation des citoyens de demain.

    En effet, chaque enfant a SA famille, SES parents, SA culture, … bref, SES différences. L’école est donc le seul endroit où les enfants peuvent évoluer ensemble, sans distinction ! Elle est le seul lieu où il est possible d’agir sur tous les élèves à la fois.

    Au tout début de l'ouvrage, Laure Reynaud a choisi de placer une citation. Une citation qui suffit, à elle seule, à expliquer pourquoi les CPS se doivent d’être enseigner à l’école. Une citation que chacun connait je pense et que j'affectionne personnellement car j'y pense chaque jour face à mes élèves :

     

     

    « L’éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde. »

    Nelson Mandela

     

     

    Une classe c’est (environ) 25 enfants. En terme de parents ou de responsables légaux, on atteint facilement les 50. Au total, cela fait 75 individus tous différents. 75 individus qui méritent d'être considérés comme ce qu'ils sont : UNIQUES !

     Et, seul lien entre tous ses individus différents et uniques, MOI ! VOUS ! L’enseignant !

    Nous sommes le seul lien entre eux tous. Le seul individu capable de faire la différence en faisant pencher la balance d’un côté ou de l'autre. Chacun de nous peut donc faire en sorte que ses élèves disposent des CPS de base. Mais cela ne relève même plus de l'envie ou de la possibilité mais du devoir car c'est désormais une injonction de notre hiérarchie !

    Et oui ! Même si elles sont prises en considération par d'autres pays depuis bien longtemps, les CPS font à présent également partie prenante du socle commun en France.

    Cet ouvrage ne propose donc pas des pistes d’activités à réaliser « en plus » de tout le reste mais bien des supports qui permettront aux enseignants de réellement mettre en application les recommandations préconisées par le socle commun.

    Développer les CPS permet de devenir un citoyen responsable. Elles permettent donc à l’école de remplir sa mission première.

    J’ai d’abord pensé réaliser des notes de lecture de cet ouvrage mais j’ai finalement trouvé la tâche trop complexe tellement l’ouvrage se suffit à lui-même. Mais, comme je sais que l'été est propice à la lecture et à la découverte de nouvelles choses (en tous cas pour moi ;-p), j'ai malgré tout souhaité rédiger cet article pour le porter à votre connaissance car il mérite réellement qu'on s'y attarde.

    D'autant plus qu'il se lit très facilement et peut être une lecture extrêmement agréable, chez soi au fond de son lit ou même en vacances, les pieds dans le sable. ;-)

    Je ne peux que vous le conseiller car, au-delà de tout ce qui concerne le développement des CPS auprès des élèves, cet ouvrage nous oblige aussi à réfléchir à notre posture d’enseignant, notre manière d’enseigner afin de faire de nous des enseignants encore plus efficaces et capables de rendre nos élèves aptes à faire face à la vie qui les attend, Aujourd'hui et Demain.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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