• Je reçois régulièrement des messages me demandant comment je fais pour gérer vie privée et vie professionnelle de front. Voici quelques petites pistes de mon organisation qui, je l'espère, vous permettront d'y voir plus clair ou même de vous aider à établir la votre. ;-)

    Il est déjà important de noter que tout ce qui va suivre est loin d'être nouveau, révolutionnaire ou je ne sais quoi encore car :

    - d'une part, je suis loin d'être la première maitresse-maman de l'histoire de l'enseignement ;-)

    - d'autre part, c'est une organisation que je sais fréquente pour beaucoup d'autres PE, dont ma super collègue Maitresse Sev.

     Autre précision à prendre en compte : j'ai une classe de CP dans une école en semaine de 4 jours à 20 minutes de chez moi. Les préparations et corrections qui sont les miennes et qui seront évoquées ci-après seront donc différentes des vôtres selon votre niveau car il est certains que les corrections d'une classe de CM2 par exemple sont plus importantes en terme de temps et de quantité a la vue des programmes du ministère. ;-)

     

    De l'étudiante à la maitresse d'école ... Du célibat à la vie de famille ...

    Quand j'ai commencé à enseigner, je passais des heures à préparer mes cours jusque tard dans la nuit.

    C'était pour moi normal de passer autant de temps dans mes préparations : je débutais, donc je ne connaissais pas toutes les clés du métier, les petits trucs et astuces pour s'organiser vite, anticiper ... Je devais fournir un travail considérable pour témoigner de mon sérieux et de ma réflexion pour construire des enseignements efficaces. Bref, je devais faire mes preuves non seulement auprès de mes élèves et de leur famille mais également auprès de ma hiérarchie qui venait visiter ma classe chaque mois (en PES en tous cas ;-)).

    Précision : Cela ne veut pas dire que je suis moins sérieuse aujourd'hui. J'ai juste plus d'expérience. Et, y a pas à dire, ça aide à augmenter mon temps de sommeil. ;-)

    Puis le temps a passé. Le contact du terrain et les différentes expériences professionnelles (plus de détails ici) aidants, j'ai modifié petit à petit mon organisation histoire de conserver malgré tout une vie sociale sympa. ;-)

    Et puis un jour, j'ai rencontré celui qui est devenu depuis mon mari. Lui qui pensait que la vie avec une enseignante allait être "tranquille" parce qu'elle a "plein de vacances" (comment lui en vouloir quand la majorité des gens l'affirment sans savoir ?) a vite déchanté en découvrant mes temps de préparation, de correction, de saisie de compétences, de remplissage des livrets ... (Courage à celui qui osera critiquer mon métier "tranquille" en sa présence désormais ... ;-D).

    Bien qu'il m'aide encore aujourd'hui dans de nombreuses tâches sans râler (SCOOP : non seulement on travaille VRAIMENT, en-dehors de nos heures devant les élèves, mais en plus notre famille est mise à contribution. PS : Merci chéri pour les évals nationales malgré la fatigue de tes gardes casernées. <3.), j'ai rapidement compris que si je voulais pouvoir avoir une réelle vie personnelle, j'allais devoir vite m'organiser pour que ma vie professionnelle empiète le moins possible dessus.

    Et cela s'est finalement fait assez simplement grâce à ceux qui m'offrent les meilleurs moments de ma vie : mes deux merveilleux enfants (en toute objectivité bien entendu ! ;-p). Avec moins de 19 mois d'écart entre eux deux, plus que du sport, ma vie de famille relève parfois du parcours du combattant. (J'en profite pour transmettre tout mon respect aux familles de plus de deux enfants ! Quand je vois mon état de fatigue avec 2, franchement ... Chapeau bas !).

    Si beaucoup se disent "Après le travail, place à la vie de famille !", parce que leur travail se termine vraiment à leur retour chez eux, étant donné mon métier, je vois les choses différemment.

    La première chose que j'ai faite pour pouvoir mêler vie perso et vie pro au mieux a été de me définir des priorités. UNE priorité en fait.

    Ma famille !

    C'est ma seule priorité ! Elle est toujours en tête de toutes mes "to-do lists". Et même bien au-delà de tout le reste.

    Certes j'ai toujours voulu être maitresse mais j'ai, même avant cela, toujours voulu être "maman". J'ai pu le devenir ce qui n'est pas le cas de toutes les femmes (pensée à toutes celles qui se battent pour devenir maman à leur tour, que je les connaissent ou pas. Je vous souhaite sincèrement de pouvoir un jour connaître ce bonheur indescriptible <3). Je sais donc quelle est ma chance et je compte bien en profiter au maximum.

    Malheureusement, fixer une priorité ne suffit effectivement pas dans notre métier. "Après l'heure, ce n'est plus l'heure." En terme de travail à faire, c’est le cas de bon nombre de métiers mais pas vraiment de celui d’enseignant.

    En général, après les heures « officielles » (c’est-à-dire les heures de présence devant les élèves que beaucoup considèrent comme notre unique acte de "travail"), il y a les heures de travail que j'appelle « invisibles » comme les corrections et les préparations. Cela représente un temps de travail considérable qui n’est donc pas fait en classe mais bien souvent chez soi, à la maison (NB : N’en déplaise à certains, ceci n’est pas une complainte. C’est un fait ! On travaille pour nos élèves même quand ils ne sont pas là et même si cela ne fait pas partie des heures pour lesquelles nous sommes rémunérés. Si on se limitait vraiment à ne faire que les "heures officielles", les enfants n'auraient ni apprentissages ni bulletins. Là encore, ce n'est pas une complainte, c'est un fait.).

     

     

    Le temps passé à l'école

    J’essaye donc de les réaliser au maximum quand je suis à l’école et que je n’ai pas à enseigner. J'utilise avec soin chaque minute et temps-libre avant l'arrivée de mes élèves le matin, chaque récréation où je ne suis pas de surveillance, chaque pause méridienne ... pour préparer mes cours et réaliser les corrections.

    J'utilise également beaucoup l'ordinateur et des logiciels que je maîtrise très bien. Ainsi je sais précisément quoi faire pour réaliser mes supports. Utiliser des outils dont on a l'habitude a un poids considérable dans la gestion de son temps de travail. Les secondes peuvent vite devenir des minutes gagnées. ;-)

    Ce fonctionnement a l’avantage de ne pas faire trop empiéter mon métier sur ma vie de famille en préservant par exemple mon mercredi et mes week-ends mais a l’inconvénient de ne pas offrir de réelle « pause-détente» dans la journée. (J’y trouve personnellement mon compte. Charge à chacun de voir ce qui lui convient. ;-))

    Voici donc un petit semainier pour vous permettre de visualiser facilement comment j'utilise mes temps-libres à l'école.

    J'ai volontairement retirer le mercredi, le samedi et le dimanche car je les garde pour ma vie de famille et mes autres "tâches invisibles" dont on ne doit pas prononcer le nom (repass......, mén....., lessiv..... etc. C'est finalement celles-ci que j'aime le moins même si mon mari et mes enfants font leur part. ;-)).

    Optimiser son temps pour se préserver

     

     

     

    Un levier de l'organisation : l'anticipation

    Si cette organisation me permet d'organiser ma pratique de classe, les journées ne font malheureusement qui 24 heures pour tout le monde (Et c'est incroyable que personne n'envisage de changer cela ! Ce serait quand même la solution à tous nos problèmes non ?! ;-p). e

    Le "temps-libres" à l'école ne m'offrent pas assez de temps pour réaliser toutes les "tâches invisibles". En effet, sur cet emploi du temps on voit les préparations, les corrections mais pas la mise en forme des programmations, des progressions et des autres joyeusetés de ce genre que chaque enseignant se doit de réaliser pour établir son enseignement à plus long terme. Du coup, comme les journées ne font que 24h et que j'ai (je cite) "beaucoup de vacances", je mets au maximum cet autre type de "temps-libre" à profit pour anticiper au maximum mes préparations.

    Mais là encore, ma famille passe en priorité ! Durant les vacances, je travaille durant des temps très particuliers durant lesquels mes enfants dorment (siestes, matinées, soirées). Ils sont encore petits tous les deux et font de bonnes siestes en début d'après-midi. C'est là que j'arrive à travailler le plus pour l'école. Quand ils ne dorment pas, j'en profite ! On joue, on sort, on s'occupe de la maison ... Bref, on vit tous les 3 ensemble en attendant que papa rentre du travail ou de la caserne. Ensuite, c'est un peu différent parce qu'on profite à 4 ce qui est bien mieux encore !

     Mon organisation changera très certainement au fur et à mesure que mes enfants grandiront, que les temps de siestes disparaitront petit à petit, que les activités extra-scolaires prendront plus de place dans l'emploi du temps familial. Je vous referai certainement un point "organisation" à ce moment-là (mais ce sera sûrement plus sur le ton de la détresse, du désespoir et de l'appel à l'aide que sur celui du partage. ;-p)

     

    Voici donc un petit tableau synthétisant mes TO-DO LISTS de vacances.

    Maitresse et maman : optimiser son temps de travail pour se préserver

    Je travaille personnellement surtout durant le mois de juillet et la première semaine de chacune des petites vacances, tant que mon esprit est encore dans une dynamique de travail importante. Je profite ensuite sereinement de mon mois d’août ou de la deuxième semaine des petites vacances pour me reposer (en tous cas j’essaye ;-)). D’autres personnes préfèrent faire l’inverse afin de faire une réelle coupure au début des vacances scolaires pour bien se reposer avant de se plonger dans la suite. A chacun de voir ce qui lui convient le mieux. ;-)

     

    En cas d'imprévus ?

    Évidemment, si tout se passait tout le temps sans encombres, ce serait parfait !

    Malheureusement, les imprévus existent et sont bien plus fréquents qu’on ne le croit. Ils mettent parfois (souvent) à mal cette organisation qui me convient et que j’affectionne.

    Aussi, quand un imprévu survient, qu’il soit professionnel ou personnel, je mets alors toute l’organisation précédemment décrite en « pause ». Je gère l’imprévu en priorité (surtout s’il concerne mes enfants !) et je reprends mon organisation par la suite, telle qu’elle est décrite dans cet article et dans ces images ou en lui apportant quelques modifications.

    Comme je le disais, je base toute mon organisation sur un planning qui exclut les mercredis et les week-ends. Ces temps libres me sont donc toujours disponibles en cas de besoin pour rattraper un retard dû à un imprévu. J’utilise alors ces jours-là, les temps de siestes de mes enfants et les soirées dont je peux disposer pour travailler.

     

    Et si cela ne suffit pas ?

    Alors tant pis !

    Tout ne sera pas fait entièrement. Tout ne sera sans doute pas parfait (l'est-ce vraiment d'habitude au final ?). Et alors ?

    J’estime que ma famille a plus besoin de moi que ma classe n’a besoin d’un cahier-journal ultra détaillé.

    L’ancienneté et l’expérience aidant, je sais que je parviendrai à m’en sortir si tout n’est pas « au point » à chaque minute et un programme griffoné rapidement dans l'agenda saura me suffire pour guider ma journée de travail. ;-)

     

     

    Et le blog dans tous ça ?

    Effectivement, le blog ne fait ni partie de mon organisation hebdomadaire ni de celle des vacances. C'est simplement parce que le blog passe vraiment après tout le reste. On peut facilement dire que c'est la dernière roue de la charrette ! Disons que c'est un loisir professionnel. ;-)

    Je l'alimente quand j'en ai le temps mais aussi l'envie. Si je n'ai pas l'un, l'autre ou les deux, je n'écris rien. C'est pourquoi il est parfois "inactif" de longues semaines ou que je publie plusieurs articles en quelques jours. ;-)

    Je suis donc désolée mais, même si j'adore partager et échanger ici avec vous, je dois me montrer honnête en vous avouant que le blog ne fait pas partie de mes priorités. Je ne peux vous accorder qu'un temps occasionnel. ;-)

     

     

     Cet article m'avait été demandé durant mon sondage des dernières vacances par plusieurs futures/jeunes mamans PE.

    J'espère qu'elles y trouveront des réponses à leurs questions.

    Je voulais encore prendre quelques lignes pour leur adresser deux petits conseils très personnels :

    Le premier est de toujours voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Nous  exerçons un métier particulier, avec une nombres de "tâches invisibles" important mais, soyons honnêtes, il nous offre beaucoup de temps auprès de nos familles, ce qui n'est pas le cas de la majorité des métiers, ce qui n'a d'ailleurs pas pu être toujours le cas dans nos familles. Un petit "flashback" permet régulièrement de se rappeler comment nos parents ont eux-mêmes gérer leurs propres vies professionnelle et familiale, en d'autres temps et avec d'autres moyens.

    C'est pourquoi, par respect pour eux, je réfléchis toujours à deux fois avant de lever la fronde pour revendiquer des choses. ;-) 

    Mon dernier conseil sera le suivant :

    Profitez au maximum de vos si petits bouts de choux car le temps va passer à une vitesse monstrueuse à présent.

    Je suis certaine que tout le monde doit vous le dire et que, comme moi il y a quelques années, vous vous dites : "Mais ils sont pénibles à me dire tous ça !". 

     

    Mais dans quelques années (que dis-je ! Dans quelques mois !), vous marquerez une pause dans votre quotidien. 

    Vous prendrez le temps de regarder (d'admirer) vos (anciens) bébés devenus petits garçons et petites filles et vous repenserez à ces pénibles, à moi, et vous vous direz :

    "Mince alors ! Je n'ai rien vu filer. Ils avaient raison en fait !".

    Ce jour-là, promettez-moi de ne pas déprimer (même si ce sera dur). Rassurez-vous en repensant aux bons moments vécus avec votre "petit" et songez à tous les autres qui arriveront quand il sera devenu "grand" car chaque âge à ses hauts et ses bas, chaque âge à ses bons et ses mauvais moments mais, surtout, chaque âge renforcera votre amour pour celui qui restera, à jamais, votre "bébé". Ne laissez pas le temps ou le métier vous faire perdre de vue l'essentiel, VOTRE essentiel. <3

     

     

     

    Sur ces mots, mes essentiels se réveillent. Je vous laisse. A bientôt !


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  •  Depuis que j'ai des CP, je me retrouve chaque année confrontée à un même souci qui me demande beaucoup de temps, de patience et d'énergie : les lacets.

    Ma classe étant flexible, mes élèves peuvent travailler debout, sur des tabourets, sur des chaises et même au sol. Par souci d'hygiène et de confort, ils mettent des chaussons dès leur arrivée en classe.

    Mais voilà !

    Quand il faut ressortir dans la cour à la récréation, quand il faut aller à la cantine, quand il faut se rendre au gymnase ou quand il faut rentrer à la maison, mes élèves doivent remettre leurs chaussures.

    Et là ... Pour une maitresse de CP, en septembre, c'est l'angoisse !

    En effet, peu d'élèves savent en général faire leurs lacets à l'entrée au CP. J'en ai parfois 2 ou 3 dans une classe mais rarement plus.

    J'entends bien que certains disent déjà : "Ah non mais franchement ! Maintenant faut aussi qu'on leur apprenne à faire leurs lacets !!!! Mais c'est aux parents de leur apprendre ça ! Ils ne font donc plus rien !"

    Rassurez-vous ! Je ne souhaite obliger personne à enseigner le laçage en classe. Cet article est le résultat d'une réflexion purement personnelle et est une réponse à un vécu et à des difficultés qui me sont propres.

    De plus, je comprends tout à fait ces remarques car je me disais la même chose ... au début. Puis, un jour, au fil de la vie, je suis devenue maman ... Et je me suis dit "Mais je vais devoir lui apprendre à faire ses lacets ! Comment vais-je réussir à lui apprendre ça un jour ?! J'ai déjà tellement eu de mal à l'apprendre moi-même étant petite ! Je revois encore toute ma famille passer à la maison pour essayer de me montrer. C'était l'horreur !".

    Et puis, franchement ... Que celui ou celle qui n'a jamais dit à son enfant "Allez viens là, je te fais tes lacets. On est déjà en retard, faut qu'on se dépêche ! Je te montrerai ça une autre fois." me jette la première pierre. ;-) (Spoiler alerte : Je ne peux pas vous la jeter ! lol)

    Mais rassurez-vous, de mon côté j'ai depuis pris le temps de le montrer à mon fils. ;-)

    Et de mon côté encore j'ai fais des recherches sur la motricité fine et j'ai découvert que les lacets, et bien ce n'est pas si facile que ça !! Ni à faire, ni à enseigner !!

    La technique que je connaissais, que j'utilise personnellement et qui est la plus répandue apparemment n'est pas accessible aux enfants en terme de gestuelle avant l'âge de 8-9 ans (soit le CE2-CM1). En effet, faire ses lacets demande une dextérité assez importante et impressionnante ainsi qu'une suite de mouvements très précis, longue à retenir pour des jeunes enfants.

    Donc, en résumé, si les parents ne le font pas, c'est aussi sans doute en grande partie parce que les enfants ne peuvent pas le faire ou encore parce qu'ils ne savent pas comment s'y prendre pour le leur apprendre. Et apprendre une chose à un enfant qui n'est pas en capacité de la réaliser quand, en plus, on n'a pas de notion pédagogique sur la dite chose, autant partir escalader l'Everest en tongs, au moins on verra du pays ! ;-)

    Toujours est-il, qu'un jour j'en ai eu personnellement RAS LE BOL de faire les lacets. Mon dos n'en pouvait plus ! Je perdais un temps considérable à le faire alors que j'avais des choses bien plus urgentes à réaliser pour ma classe, cela m'énervait et jouait sur mon état d'esprit en classe ... Il fallait que je trouve une solution !

    Alors, d'abord, j'ai tenté ce que j'appelle la méthode "pieuse". C'est une méthode dont les effets sont plutôt aléatoires, rarement rapides et souvent invisibles. Ma grand-mère y avait souvent recours quand j'étais jeune alors bon ... Je me suis dit "pourquoi pas !". Elle consiste à prier très fort, tous les dieux et saints existants de toutes les religions possibles et imaginables en demandant que, dans leur immense bonté, ils fassent en sorte que tous les élèves viennent en classe avec des fermetures éclairs ou des scratchs à leurs chaussures. En vain ! Les lacets étaient toujours présents ! Mamie avait plus le feeling que moi. Dommage !

    Je restais donc seule face à ma dizaine d'élèves (minimum !) à qui je devais faire les lacets ... 4 fois par jour ... et ils ont deux pieds chacun (si, si ! Véridique ! Incroyable mais vrai ! ;-)). Après calculs, cela me faisait environ 80 lacets à faire sur une seule et unique journée de classe. (Du coup j'avais ensuite envisagé la méthode "Pinata" qui consiste à se fabriquer une corde avec les lacets des chaussures pour tenter d'abréger ses souffrances ! Malheureusement, je n'avais pas de prise adéquate pour accrocher la corde. Pas de bol ! Retour à la case départ ! ;-p).

    Mais bon ! Je ne suis pas du genre à me laisser abattre et encore moins du genre à renoncer aux avantages des chaussons dans la classe !

    J'ai donc décidé d'apprendre à mes élèves à faire leurs lacets !

    Oui car en effet, il existe plusieurs techniques pour faire les lacets. Je souhaitais enseigner à mes élèves une technique qui soit non seulement rapide mais aussi efficace : hors de question d'opter pour une technique où les lacets pouvaient se défaire au premier match de foot !

    Ainsi, après maintes recherches sur internet et d'innombrables vidéos Youtube visionnées sur le sujet, j'ai découvert une technique facile et résistante qui a un atout considérable : c'est la technique de laçage la plus rapide au monde !  (Une fois qu'on la maitrise super bien évidemment ! Mais ça je me cache de le préciser aux élèves. Faut bien mettre un peu de challenge non ?! ;-)).

    Elle était présentée dans une vidéo faite par un ergothérapeute. C'était il y a un moment de cela et impossible de remettre la main sur cette vidéo aujourd'hui (je dois avouer que j'étais tellement ravie de cette découverte que j'ai vite éteint mon PC pour la montrer à toute ma famille ! ;-p).

    J'espère pouvoir retrouver la source exacte. En attendant, je vous la montre en vidéo ci-dessous pour que vous puissiez vous rendre compte de cette technique qui a déjà séduit mes élèves et même mon fils !

     

    Comment s'y prendre pour apprendre aux élèves à faire leurs lacets ?

    Même si l'autonomie c'est super, je ne souhaitais pas vraiment que les enfants sachent faire leurs lacets dans leur intérêt propre. J'avais, en toute honnêteté, à ce moment-là, une volonté première qui était extrêmement égoïste : je souhaitais qu'ils sachent faire leurs lacets dans une seul but : faciliter MON quotidien ! C'est peut être méchant mais tant pis. C'est comme ça et je l'assume encore aujourd'hui ! (Rappel : 80 lacets par jour !!!!).

    Pour tenter de résoudre mon problème, j'ai simplement "bloqué" une séance d'EMC (Pourquoi de l'EMC ? parce que faire ses lacets = être autonome = programme d'EMC !) en disant aux élèves que j'allais leur apprendre à faire leurs lacets. Je leur ai expliqué pourquoi en détaillant les mêmes arguments que je viens de vous énoncer (mal de dos, patience, temps ...) et les élèves ont été ravis de cette décision ! Ils étaient enchantés et, à la fin, fiers d'eux !

    Après avoir montré la technique à tous (j'ai projeté la manipulation sur le mur de la classe grâce à la caméra HUE), pour que chacun puisse s'entrainer, les élèves ayant des chaussures à lacets dans le couloir sont allés les chercher et les ont distribuées à leurs camarades. (Si jamais vous ne souhaitez pas que les élèves utilisent les chaussures des autres, un bout de cordelette ou de ficelle autour du pied peut tout à fait faire l'affaire ! ;-)). Pendant une heure, les élèves ont pu observer, s'observer, s'entraîner, se conseiller et, l'enjeu et la fierté aidant, rien n'a altéré leur motivation et ils ont recommencé encore et encore. Les élèves qui savaient déjà les faire ont pu découvrir une nouvelle technique et partager la leur avec les autres. C'était un véritable moment d'entraide et d'apprentissage par les pairs.

    Les élèves ayant été très motivés par cette séance, j'ai laissé à leur disposition au centre de motricité fine une chaussure d'apprentissage comme celle-ci (Merci à ma super collègue pour la découverte ! ;-)).

    Faire ses lacets au CP

    Ils ont pu l'utiliser durant deux semaines, sur leurs temps d'autonomie, pour s'entrainer non seulement à faire les lacets mais aussi à gagner en rapidité (Ben oui ! N'oublions pas que c'est la technique le plus rapide du monde ! ;-)).

    Bien sûr, cet apprentissage n'a pas donné lieu à une évaluation ou à une vérification quelconque de ma part.

    Certains élèves utilisent cette méthode.

    D'autres utilisent celle que leur famille leur a appris.

    D'autres encore n'y arrivent toujours pas.

    Mais, au bout du compte, après une heure d'EMC et des entraînement réguliers en autonomie, j'ai largement plus de la moitié de la classe qui parvient à faire ses lacets aujourd'hui. De plus, j'ai largement plus de la moitié de la classe qui est fière de ce grand pas en avant dans leur autonomie personnelle et quotidienne. Enfin, j'ai largement plus de la moitié de la classe qui peut venir en aide aux autres.

    Mon dos est soulagé ! Mon temps est sauvé ! Ma patience est préservée ! Tout le monde y a gagné ! ;-)


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  • J'ai découvert durant mes vacances un outil de correction positive qui devrait vous plaire ! :-)

    La correction a encore trop souvent une connotation négative pour une raison très simple :

    sanctionner les fautes étant plus facile et rapide à réaliser que de mettre en avant les réussites, la correction reste pour beaucoup de gens le moment où "on barre tout ce qui ne va pas" !

    Mais comme il n'y a pas de problème, seulement des solutions, en voilà une qui devrait en motiver plus d'un à tenter l'expérience (si ce n'est déjà fait bien sûr ! ;-)).

    J'ai découvert via Ulule, la campagne lancée par deux collègues enseignants ayant mis au point des compteurs de réussite pour évaluer positivement les dictées. Leur campagne a déjà atteint l'objectif fixé mais si vous souhaitez encore y participer, c'est possible ! ;-).

     

    Les compteurs de la réussite, qu'est ce que c'est ?

    Ce sont des cercles à l'image des compteurs kilométriques présents sur les tableaux de bord de nos voitures.

    Chaque compteur peut monter jusqu'à un nombre de mots maximum (qui est celui de la dictée effectuée). L'enseignante (ou l'élève !) marque sur le compteur le nombre de mots justes et il suffit alors de lire le pourcentage de réussite.

    Les compteurs de la réussite

     

    Mais c'est encore Ingrid et Mohammad, leurs créateurs, qui vous en parleront le mieux et avec tous les détails nécessaires !

    (cliquez sur l'image pour accéder à la présentation des Compteurs de la réussite.)

    Les compteurs de la réussite

    Pour beaucoup d'entre vous, ce principe ne sera sans doute pas "révolutionnaire" car il consiste à attribuer à chaque dictée, non plus un nombre d'erreurs faites mais un pourcentage de réussite !

     

    Beaucoup le font certainement déjà depuis longtemps cependant, chacun sera aussi et sûrement d'accord pour dire

    que cela nécessite du temps ... beaucoup de temps ... trop de temps !

    Quand arrive l'heure de la correction, il faut sortir la calculatrice et recherche le pourcentage de réussite de chaque dictée, pour chaque élève !!

     

    Tous ces calculs n'étant pas réalisables par les élèves eux-mêmes, l'enseignant doit donc s'armer de patience pour corriger toutes ces dictées positivement. Cela explique aussi pourquoi beaucoup d'enseignants sont parfois découragés par la charge de travail que la correction positive demande et privilégie donc la correction "par nombre d'erreurs" !

     

    Et c'est justement pour éviter ce découragement que les compteurs de la réussite ont été créés :

    - ils permettent de corriger très rapidement toutes les dictées de 5 à 130 mots (ce qui correspond à l'épreuve de dictée du brevet des collèges), simplement à l'aide d'un compteur, d'un crayon et d'une règle !

    - ils donnent à l'élève la possibilité de se corriger lui-même, simplement en comptant les mots justes de sa dictée !

    - ils offrent un résultat plus visuel de la performance de l'élève et à l'élève !

     

    La volonté des compteurs de la réussite est donc de rendre vraiment l'élève acteur de sa correction, de réaliser une rétro-action sur sa performance mais aussi de mieux percevoir sa performance.

     

    Si cet outil a été pensé prioritairement pour la correction des dictées, les compteurs sont tout à fait transposables dans d'autres disciplines, d'autres exercices ...

    Il suffit de connaître le nombre de résultats attendus et le nombre de résultats corrects ! On tire le trait sur le compteur et on lit le pourcentage de réussite !

    Les compteurs seront, après publication, sur support numérique imprimable afin de pouvoir être collés dans les cahiers des élèves et permettre l'auto-évaluation. Il en existera plusieurs modèles correspondants aux nombres de mots contenus das les dictées qui pourront être faites par les élèves.

    Les compteurs de la réussiteLes compteurs de la réussiteLes compteurs de la réussiteLes compteurs de la réussiteLes compteurs de la réussite

     

    Petite réflexion perso ...

    Je vous avoue que je redoute un peu la phase "coloriage - collage" pour mes petits CP car elle leur demande beaucoup de temps et de concentration, surtout en début d'année, ce qui ne serait peut-être pas un gain de temps suffisamment grand pour moi (au départ en tous cas).

    L'idéal (mais cela n'engage que moi bien sûr) serait un principe de "compteur-tampon" : on tamponne le compteur directement sur le cahier ou la feuille de l'élève, au bas de l'exercice, on trace le trait et on lit le pourcentage. De cette façon on éviterait aussi de coller du papier sur du papier ;-)

    Cela n'est qu'une réflexion de ma part et reste pour l'instant à l'état d'idée (dans ma tête en chantier permanent) mais comme on dit :

    "l'espoir fait vivre" !

    (Ce qui fait de moi une immortelle ! mouahaha !).

     

    L'idée a été soumise. Il reste à la creuser ! ;-)


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  • Suite à mon article sur mes programmations 2018-2019, j'ai pu discuter avec plusieurs collègues d'instagram et plus particulièrement avec Priscilla.pmfg (rendez-vous sur son blog pour mieux la connaître) sur les différences entres les termes "programmations" et "progressions".

    Visiblement, d'une académie à l'autre, d'une circonscription à l'autre, d'un ESPE à l'autre et même d'une école à l'autre, ces deux termes ne signifient pas les mêmes choses.

    Voilà donc un petit récapitulatif de ce que j'ai pu apprendre à l'IUFM ("je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître" ;-p) sur le sujet, que j'applique donc encore aujourd'hui et qui explique pourquoi j'ai appelé ces documents des "programmations".

    "Pour retenir les termes, rien de plus logique. On programme des notions. On fait progresser des élèves. L'inverse n'est pas possible."

    C'est là la phrase qui m'avait particulièrement parlée. Cette phrase (et celles qui suivent) n'est pas de moi mais d'une PEMF dont j'avais pu observer la classe plusieurs fois durant mon cursus et qui intervenait également à l'IUFM. (Elle a fait partie des personnes motivées et passionnées que j'ai pu rencontrer dans mon parcours et qui m'ont permis de ne jamais baisser les bras. MERCI à elle et à tous les autres aussi d'ailleurs !)

    Sur ces mots, elle nous avait présenté ses programmations et ses progressions en nous les définissant ainsi :

    -Une programmation, c'est "programmer" les différentes notions sur l'année dans chaque discipline. (Ex : Pour la grammaire : étudier la phrase en période 1, le nom en période 2 ...)

    - Une progression, c'est l'organisation précise des étapes d'apprentissage dans le but de faire "progresser" les élèves. Celle-ci s'articule donc autour d'une période ou même d'une séquence.

    "Les faire progresser, c'est là la demande de notre hiérarchie et même l'obligation inhérente à notre fonction. C'est ce que nous devons faire au quotidien."

    Je sais que ces définitions ne correspondront peut-être pas à ce que vous avez vous mêmes appris, avec des explications différentes mais certainement tout aussi valables, mais rassurez-vous, vous n'avez pas "faux" !

    Déjà parce que quand on a la motivation et l'envie d'exercer notre métier, de se questionner autant sur la signification des termes, on peut être amener à commettre des erreurs, oui, mais jamais des fautes !

    D'autre part, parce que ces explications ne se veulent pas être des vérités "vraies", seules et uniques, ni même des définitions justes et immuables.

    C'est simplement ce que j'ai appris ... jadis ... naguère ... autrefois ! ;-p

    Peut-être est-ce faux d'ailleurs et dans ce cas, je l'excuse sincèrement de vous avoir fait perdre autant de temps à lire un article inutile ! ;-)

    Pour ma part, je dois malgré tout avouer que j'apprécie vraiment cette version d'explication parce que sa philosophie me parle, surtout pour le terme "progression" qui recentre tout ces documents professionnels sur le seul élément qui mérite vraiment de retenir toute notre attention : l'élève.

     


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  • L'an prochain marquera un gros changement dans mon école : le retour à la semaine de 4 jours. Une révision et un réaménagement de l'emploi du temps s'imposait !

    Afin de pouvoir me préparer au mieux à cette nouvelle rentrée et aux gros changements qui se profilent dans ma pratique pédagogique personnelle (MHM en maths, Ateliers dirigés en production d'écrits, Pédagogie du lire-écrire inspirée de Freinet ...), il m'a fallu mettre tout d'abord à jour l'outil essentiel de base de tout professeur et fonctionnaire consciencieux : l'emploi du temps !

    J'ai donc créé ma nouvelle classe sur Edumoov afin de pouvoir mettre en page ce nouvel emploi du temps qui s'organisera à partir de septembre, non plus sur 4 jours et demi comme l'an passé, mais sur 4 journées de classe uniquement.

    Et faire rentrer dans cet emploi du temps toutes les disciplines, sur 4 jours, en respectant les quotas horaires annuels des programmes, en incluant centres d'autonomie, ateliers dirigés, décloisonnements, culture religieuse (Alsace-Moselle oblige), etc ... et bien ça n'a pas été évident !

    J'ai finalement réussi à mettre en œuvre un emploi du temps qui prend en compte un maximum de données chrono-biologiques (concentration et attention accrue le matin à partir de 9h et l'après-midi à parti de 15h sauf le vendredi) et qui me convient bien.

    Je vous le glisse ci-dessous en espérant qu'il puisse vous être utile pour construire le vôtre. ;-)

    Emploi du temps 2018-2019

     

    Et voici pour les intéressé(e)s, une version WORD modifiable de ce même emploi du temps.

    Emploi du temps : semaine de 4 jours

     


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