• J'ai récemment découvert grâce aux supers insta-collègues Maitresse de la forêt et Les Maitresses en baskets, qu'il était possible de créer des planner numériques sur mesure en fonction de ce dont on a besoin, de ce qu'on veut ... Grâce à leurs conseils et leurs encouragements, j'ai osé tenter de créer mon propre Digital Planner "Tout-en-1".

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

     

    Les maitresses en baskets ont publié il y a quelques semaines leur super Cahier de la maitresse (et du maître !) sur leur blog :

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

    Maitresse de la forêt, après avoir présenté son iPad et son stylet il y a quelques mois, s'est également concocté le super Digital Planner 2020-2021 que voici :

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

    Sur leurs blogs et sur Instagram, elles expliquent parfaitement comment créer ce genre de planner et l'utiliser sur iPad (grâce à l'application  payant GoodNotes). Je ne détaillerai donc pas cela ici et vous renvoie directement vers leurs stories dédiées claires et concises ICI et LA.

    Très motivée pour m'en confectionner un qui me convienne mais pas suffisamment à l'aise avec les supports Apple que je découvre à peine, je suis allée les déranger (un peu ... beaucoup ... BON OK ! Enoooooormément !) et elles ont très gentiment accepté d'expliquer à "mamie Aurel'" tous leurs "trucs et astuces" ce qui m'a permis de mettre au point un support qui me plait beaucoup : un digital planer "Tout-en-1" !

     

    Mille MERCIS à elles pour le temps et la patience qu'elles m'ont accordées !

     

     

    Pourquoi "Tout-en-1" ?

    J'avais pensé au départ me faire "simplement" un carnet de suivi des élèves uniquement. (Que j'ai fait finalement en fait ... Cela m'a permis de découvrir le fonctionnement de tout le toutim. Et au final, j'ai tellement bien compris que je suis partie dans la réalisation du planner "Tout-en-1" et ce carnet de suivi ne me servira jamais ... Bref... Je vous le glisse quand même ici au cas où cela pourrait servir à quelqu'un d'autre ...).

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

    Au final, j'ai décidé de me créer un support qui regroupe l'ensemble des cahiers et planners que j'utilise actuellement :

    - Un agenda pro et perso permettant d'accueillir Cahier-journal (mais laissant apparaitre également le week-end car on a toujours des bricoles à faire pour l'école qui nous attendent de temps en temps sur ces jours là ...)

    - Des calendriers (annuels et mensuels) pour gérer plutôt ma vie perso, les rendez-vous de mes enfants, etc ...

    - Les informations concernant la classe, l'école, la circonscription ...

    - L'ensemble des fiches de suivi des élèves (tant en termes de scolarité que d'infos importantes en cas d'urgence)

    - Les 108h

    - Et plein d'autres ...

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

    Pourquoi partir sur un support totalement numérique ?

    Jusque là, j'ai souvent pensé opter pour une organisation entièrement numérique avec comme motivation principale l'économie de papier que cela engendrerait et qui stopperait ma (trop grande) participation à la déforestation mondiale.

    J'adore avoir des outils bien structurés et organisés mais au final, en fin d'année, c'est une quantité conséquente de papier qui part au tri sélectif. Et à chaque fois, ça me vrille le ventre car je sais que c'est de "ma faute", parce que j'ai trop eu besoin de tout ce papier pour être plus "zen" au quotidien en classe, plus organisée, etc.

    Je n'avais jamais osé sauter le pas de l'organisation numérique car le fait de ne pas pouvoir écrire de ma main me bloquait.

    Je sais que je retiens bien mieux les choses quand j'écris. Que je les oublie moins aussi (mais j'en oublie quand même hein ... ;-p).

    La découverte des planners des collègues citées plus haut et de la possibilité d'écrire sur la tablette m'a totalement plu.

    Aussi, quand j'ai reçu il y a quelques semaines, un iPad en cadeau d'anniversaire, j'étais ultra contente ! (Non, ça en fait c'est pas vrai ! D'abord j'ai râlé ! Beaucoup ! Et fort ! Parce que c'était cher ! Parce que c'était Apple ! Parce que je ne maitrisais pas ! Puis mon mari, qui n'a que des produits Apple contrairement à moi, m'a expliqué, montré, appris ... et maintenant ça va mieux. Je suis plus à l'aise avec la "bête" et je suis rassurée de voir que ce que j'ai fait sur mon PC peut facilement s'ouvrir et se gérer sur iPad. Autrement, laisse tomber l'investissement inutile que cela aurait été ! :-o).

    J'ai donc pris mon temps (je ne saurais pas quantifier exactement ce travail en terme d'heures mais ça m'a pris plusieurs loooongues soirées !) pour créer le support qui me plaise et qui soit le plus complet possible.

    Grâce à PowerPoint (que je maitrise bien et avec lequel je suis à l'aise, même si, au goût de certains ce n'est pas le plus simple, le mieux ou quoi. Peu m'importe ! ;-p) j'ai créé la totalité des pages que je voulais voir figurer dans mon planner et insérer les liens dans les intercalaires virtuels afin de permettre au planner d'être interactif.

    Pour vous rendre compte du résultat final, voici une vidéo de présentation du digital planner et de son fonctionnement :

     

     

    Pour l'utiliser, comment vous y prendre ?

    Comme vous avez été très nombreux et nombreuses à me poser gentiment la question sur Instagram, j'ai décidé de mettre ce Digital Planner "Tout-en-1" à la disposition de tous sur le blog.

    Si vous souhaitez l'utiliser, il vous faudra tout d'abord, comme dit plus haut, disposer d'une tablette équipée d’une application de prises de notes  et d'un stylet. (Des applications existent aussi pour Android mais je ne saurais pas vous en dire plus malheureusement, je ne suis pas au point du tout sur ce sujet).

    Une fois le matériel prêt, il vous suffit de télécharger le Digital Planner "Tout-en-1" sur votre tablette et de l’ouvrir dans l'application de prise de notes dont vous disposez.

     

    NB : Je ne mets à disposition ici QUE le format PDF du Digital Planner "Tout-en-1" et ne compte pas diffuser le PowerPoint modifiable pour des raisons qui me sont propres et que, je pense, vous saurez comprendre.

     

    Finalement, et contraitement à ce que je disais il y a quelques jours en enregistrant la vidéo, j'ai finalement pris le temps de créer d'autres versions adaptées à chacune des zones ainsi qu'au régime Alsace-Moselle.  (#teamvendredisaintferie)

    NB : Tous les calendriers proposent des semaines sans le mercredi grisé afin que le planner puisser convenir aux écoles travaillant ce jour-là aussi. ;-)

    Mon Digital Planner "Tout en 1" Mon Digital Planner "Tout en 1" Mon Digital Planner "Tout en 1"

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

     

    Ajout du 16/06/2020 : Voici le Digital Planner Tout-en-1 en accord avec le calendrier scolaire pour la Réunion, la Guadeloupe/St Martin et la Guyane. ;-)

    En espérant ne pas avoir commis d'erreur. :-/

    Mon Digital Planner "Tout en 1"    Mon Digital Planner "Tout en 1"

    Mon Digital Planner "Tout en 1"

     

    Bien sûr, ce planner n'est pas parfait et mérite très certainement des améliorations. N'hésitez pas à m'en faire part si certaines vous viennent à l'esprit. #ensembleonvaplusloin

    J'espère de tout cœur que cet outil pourra vous être utile autant qu'à moi et que vous saurez l'apprécier à la hauteur des heures de travail qu'il aura nécessité. 

    Bonne découverte et/ou bonne utilisation à vous ! ;-)


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  • Je me permets de poser dans cet article quelques éléments qui me semblaient essentiels à saisir pour bien comprendre tout ce qu'a été la continuité pédagogique "côté enseignant". Loin d'être un article de reproches envers qui que ce soit (enseignant, hiérarchie, parents ou autre), je pense surtout que ce petit "état des lieux" est utile, d'une part pour informer chacun de l'organisation inédite que cela a nécessité (qu'on n'imagine pas quand on n'est pas concerné et c'est bien normal) et d'autre part pour passer à des collègues ayant été très affectés par cette situation (financièrement, physiquement et/ou moralement) un message essentiel : Vous avez fait ce que vous pouviez avec ce que vous aviez, c'est déjà énorme alors ne doutez jamais de vous !

     

    "Ben la maîtresse de ma fille, elle a fait que d'envoyer des mails. C'est pas normal quand même ..."

    "Le prof il a pas fait une seule visio, tu te rends compte ?!".

    "Loulou, il a eu que des exercices écrits et des vidéos Youtube pour avancer !"

    "Le confinement c'est cool pour toi : ça te fera 6 mois consécutifs de vacances cette année ! Ahahaha !"

    (Y a un doigt qui m'a démangé plus que les autres sur ce coup là. Je vous laisse deviner lequel O:-D)

    Alors bon, en tant que prof, j'avoue avoir l'habitude d'en entendre des vertes et des pas mûres sur mon boulot et ma "vie de rêve" : travail, vacances, salaire ...

    Moi, ça me passe souvent au-dessus parce que je me dis que c'est comme tout : quand on n'y est pas confronté, on ne sait pas de quoi on parle et la critique est facile. Je préfère laisser parler les gens. 

    Malgré tout je sais que cela affecte de plus en plus de collègues (encore plus en cette période si particulière) et le souci de ces dernières discussions, c'est qu'on attendait de moi de rebondir sur ces propos pour "critiquer" les façons de procéder qu'ont eu des collègues (qu'en plus je connais pas ni de près ni de loin !) pour s'adapter à la situation inédite des derniers mois.

    Je ne l'ai évidemment pas fait et ne me permettrais jamais de le faire. En revanche, cela m'a fait comprendre que "côté parents" et "non-enseignants", il n'a pas toujours été facile de se rendre compte de la réalité de ce qu'a été (et est encore !) l'enseignement à distance.

    Avant de parler un peu de ce qu'il a été, je souhaite en premier lieu m'attarder sur ce qu'il n'a PAS été ...

    Il n'a pas été des "vacances supplémentaires" !

    (Bien au contraire même et, clairement, je prie pour ne plus jamais vivre ce genre de "vacances" ...)

    Il n'a pas été et ne sera JAMAIS et EN AUCUN CAS une preuve des compétences ou de l'investissement des enseignants pour la simple est bonne raison que chacun d'eux a fait ce qu'il pouvait avec ce qu'il avait.

    Alors que chaque enseignant s'est retourné le cerveau afin de mettre en place, du jour au lendemain, un enseignement à distance qui puisse être accessible à tous ses élèves, peu importe leur équipement pédagogique (je ne m'attarderais pas trop sur ce point car entre ceux qui avaient un équipement complet (parfois acheté exprès pour le confinement) à ceux qui n'avaient qu'un smartphone pour communiquer en passant par les familles qui n'avaient pas de réseau, il y aurait de quoi faire plusieurs articles rien que sur ce sujet. Une chose est sûre, nous avons tous redoublé d'ingéniosité pour faire "classe à distance" ;-)), est-ce que quelqu'un s'est seulement posé la question de comment les profs allaient procéder pour enseigner durant cette période ? Quel matériel allaient-ils utiliser ?

    Personne. (En tous cas pas à ma connaissance)

    L'enseignement devait avoir lieu.

    A distance.

    Il devait être accessible à chaque élève.

    Qu'importe son équipement.

    Point.

    Le reste,les profs se sont "débrouillés avec".

    Voilà donc un constat tout simple, en photo, car c'est plus explicite :

    Continuité péda et équipement professionnel

     

    La continuité pédagogique, dans mon cas mais aussi dans beaucoup d'autres (pour ne pas dire tous !), n'a été possible QUE parce que j'avais un bon équipement personnel.

    Alors, certes, nous ne sommes pas LA seule profession dans ce cas là, bien sûr, mais je ne vais évoquer ici que cette situation précise car je la connais mieux que les autres, parce que je l'ai vécu. Loin de moi l'idée de faire ici des généralités car, comme dans toutes règles, il y a des exceptions pour la confirmer. ;-) Je ne souhaite que rapporter ce qui a été vu et vécu autour de moi (ou chez moi ;-)). Aussi, veuillez m'excuser si j'oublie de mentionner des cas de figures particulier ici. Je ne les connais malheureusement pas tous et je vous laisse le soin de les porter à ma connaissance en commentaires. Je me ferai un plaisir de les découvrir. ;-)

    Quand le confinement a été décrété, que le télétravail a été imposé à une majorité de personnes, que s'est-il passé dans les faits ? (là encore, ce n'est qu'un exemple et pas une généralité ...).

    Et bien mon entourage qui travaille dans des bureaux en très grande majorité ou dans des cas que l'ont m'a rapporté, les salariés sont rentrés chez eux avec tout le nécessaire pour travailler à distance (PC, souris, tablette...), le tout fourni par leur employeur. Certains mêmes avec une imprimante. D'autres avec l'ordre de conserver les factures de téléphone et d'internet pour que l'employeur puisse participer aux frais. Soit !

    Et bien aucun enseignant n'a bénéficié de ça !

    (Où en tous cas une très grande majorité).


    Quand les écoles ont fermé, nous sommes tous retourné chez nous avec la même question qui nous trottait en tête quand nous étions arrêtés au feu rouge du coin de la rue :

    "Mais comment on va faire ?".

    Certes des outils ont été mis à disposition (la classe virtuelle du CNED par exemple) pour permettre aux enseignants d'être prêts (autant que les serveurs en tous cas ... ;-p #blaguedeprofconfiné) sauf que pour exploiter ces outils, il faut du matériel. Du coup, pour travailler, nous avons en grande majorité sorti NOTRE matériel.

    Pour ma part je dispose d'un ordinateur, d'une souris, d'une imprimante (achetée en urgence au début du confinement car l'ancienne m'a dit adieu #RIP), d'une caméra HD, d'un smartphone et d'une tablette (reçue durant le confinement quand l'ancienne m'a quittée #RIPbis) que j'ai :

    - soit acheté personnellement au cours des dernières années,

    - soit reçu en cadeau par ma famille (SCOOP : Oui, les profs, à Noël ou à leur anniversaire, ils commandent des trucs pour leur faciliter le quotidien de classe ! Quel foufouserie ! Y a pas à dire, on sait faire la fête dans le métier ... lol).

     

    C'est donc grâce à mon matériel mais aussi grâce au réseau internet de bonne qualité que j'ai dans mon village (ce qui, là encore, n'est pas le cas de tous car je sais par exemple que certains collègues ont changé leur forfait de téléphone pour pouvoir faire plus de partage de réseau pour travailler plus facilement) que j'ai pu réaliser toutes les activités d'enseignement à distance comme :

    - mener des classes virtuelles en groupe ou individuellement et participer aux réunions d'équipes,

    Continuité péda et équipement professionnel

    - créer des supports de travail et les partager aux familles

    Continuité péda et équipement professionnel

     

     

    - réaliser mes corrections grâce à des applications que j'ai acheté exprès pour cela,

    Continuité péda et équipement professionnel

    - réaliser des vidéos explicatives pour faciliter l'accès à l'enseignement (car tous les élèves ne pouvaient pas se connecter aux classes virtuelles ...)

    Continuité péda et équipement professionnel

    - imprimer des documents à transmettre aux familles (et pour certains collègues, les poster à leurs frais !)

     

    - Contacter les familles, par mail mais aussi par téléphone, afin de prendre des nouvelles, expliquer des choses pour individualiser et personnaliser les apprentissages, le tout depuis chez moi.

    - et j'en passe ...

     

    Tout cela a été fait depuis ma table de salle à manger où la chambre de ma fille (je n'ai pas de bureau, ni à l'école, ni chez moi mdr) le soir, la nuit ou en journée quand j'avais du temps (et du calme !!!!) entre la "classe à la maison" de mes enfants, les impératifs de télétravail de mon mari, les rendez-vous audio ou visio, etc ...

    Tout cela a aussi été possible car je ne suis pas complètement novice en informatique. Il faut savoir que tous les profs n'ont pas reçu de formation en lien avec l'informatique, que pendant cette période de confinement, grâce à cet équipement et à mes connaissances d'autodidacte, je me suis sentie personnellement privilégiée d'avoir pu en disposer pour préparer un enseignement à peu près correct (on peut difficilement trouver un meilleur terme dans ce contexte je pense).

    Quand de nombreux collègues ont passé des heures sur internet à regarder des tutos pour se former dans l'urgence, les connaissances dont je disposais déjà m'ont permis de mener un enseignement à distance sans trop de difficultés ou de perte de temps me laissant ainsi du temps pour faire classe à mes enfants (oui, parce que dans l'équation, il faut aussi prendre en compte que les profs aussi ont eu à gérer cela ... Et, même si c'est notre métier, faire classe à ses propres enfants, à la maison, ben c'est un autre délire !! Si vous voulez tout savoir, comme maitresse à l'école, pour mes élèves, je suis "trop cool" et comme maitresse à la maison, pour mes enfants, je "crains" ... MDR).

    Je sais que ce point peut surprendre (en tous cas, quand je dis que tous les profs ne sont pas formés aux usages numériques autour de moi, ça surprend beaucoup !) mais c'est une réalité. Nous avons des formations en maths, en français, etc ... mais à l'usage précis des outils numériques, très peu ! Alors sur leur utilisation dans un contexte d'enseignement à distance ... Oulaaaah ! Cela changera sûrement dans l'avenir qui sait mais j'en doute personnellement beaucoup car cela demanderait un coût considérable en terme d'équipements.

    Restons tout de même lucides deux secondes : Certes nous avons été nombreux à utiliser notre matériel perso pour travailler. Certes ce n'a pas été le cas dans beaucoup de secteurs privés. Mais honnêtement, est-ce réellement possible d'équiper CHAQUE PROF avec tout cela ? Peut-être ... mais comment ? Aucune école, aucune commune, aucune circonscription, aucune académie ne peut équiper les enseignants ne serait-ce que d'un ordinateur convenable.

    Certains me diront que c'est au ministère de le faire car c'est notre employeur.

    Peut-être.

    Mais on est combien à dépendre du ministère ?

    Un nombre avec beaucoup trop de chiffres !

    Personne n'a les reins suffisamment solides pour faire face à une telle dépense pour autant de personnes. Pas même le ministère, soyons réalistes.Y a plein d'autres frais à couvrir, plus urgents, avant de se pencher là-dessus.

    Alors comment faire ?

    Ben honnêtement, je ne sais pas !

    Des solutions potentielles doivent exister si on y pense bien, ensemble.

    Mais là, comme ça , tout de suite ... Je ne vois pas !

    Pour le moment, je ne me base que sur des faits. Le fait que les enseignants utilisent pour beaucoup leur matériel perso pour travailler et le fait que, par conséquent, tous les enseignants n'ont pas tous le même équipement.

    Pourquoi ? Peut-être simplement parce qu'ils préfèrent (contrairement à moi qui est sans doute bien bête ... ou même folle ... ou pas ... je ne sais plus quoi penser au final ...) utiliser leur paye pour eux, leurs enfants, leur famille, leur vacances,  ... Et certainement pas pour leur boulot.

    Qui oserait honnêtement leur/nous en vouloir pour ça ?

    Peu de gens je pense (où en tous cas uniquement les râleurs invétérés avec qui il est impossible d'échanger parce qu'ils resteront éternellement sûrs que les profs ne pensent qu'à eux.) car TOUT LE MONDE travaille dans ces mêmes buts !

    Aussi, et comme je l'évoquais en début d'article, je tiens à adresser un mot à mes collègues :

    ces collègues qui se sont sentis sombrer car ils ne maîtrisaient pas suffisamment les outils numériques si essentielles ces derniers mois,

    ces collègues qui ont essayé de se plonger dedans, corps et âme, pour ne pas laisser tomber leurs élèves et dans l'espoir de ne pas creuser (encore plus) les inégalités engendrées par la situation,

    ces collègues qui se sont épuisés en se formant seul(e)s sur le net

    ces collègues qui ont découvert sur la toile et les réseaux sociaux des tonnes de supports et d'applications qu'ils ne connaissaient pas et qui leur ont laissé croire qu'ils étaient de "moins bons enseignants" parce qu'ils ne les utilisaient pas

    A tous ces collègues,

    NON ! Vous n'êtes pas en faute !

    NON ! Vous n'avez pas "mal fait", ni aujourd'hui, ni hier et vous ne ferez pas mal demain non plus !

    NON ! Vous n'avez pas à accepter les reproches qu'on pourra vous faire ni à croire qu'ils sont vrais

    car

    OUI ! Vous avez fait de votre mieux.

    OUI ! Vous avez fait avec ce que vous aviez tant en terme d'équipement que de connaissances ou de temps.

    OUI ! Vous avez essayé, appris, découvert, ...

    OUI ! Vous avez fait face à l'inédit, à l'imprévu !

    OUI !

    Vous êtes un bon enseignant

    parce que, comme tout enseignant, vous faites chaque jour, pour vos élèves, énormément avec très peu.


    Aussi, chers "non-enseignants" (que vous soyez parents-d'élèves ou juste spectateurs des chaînes d'infos en continu) comme pour VOUS, dans VOTRE métier, quel qu'il soit, c'est en se questionnant qu'on apprend et en échangeant qu'on comprend.

    Un MERCI conviendra toujours mieux et fera à jamais plus de bien que des reproches qui risquent de causer beaucoup de dégâts et cela, peu importe le métier qu'on exerce.

     


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  • Enseigner à distance

    Suite à l'annonce du Président jeudi dernier, nous sommes tous entrés dans une période qui restera (je pense) gravée dans les annales de l'Histoire de l'Education Nationale. Nous devons désormais faire classe à distance, chose inédite pour moi comme pour beaucoup d'entre vous (si ce n'est la totalité des enseignants de France ...). Voici un article rapide pour vous décrire comment j'ai procédé suite à cette annonce atomique et comment je ferai dans un avenir proche pour tenter d'enseigner à distance (et à la maison). Il sera mis à jour régulièrement.

     

    Donc, en gros, jeudi soir il y a eu ça ...

    Enseigner à distance

    Et tous les profs de France étaient comme ça ...

    Enseigner à distance

    Enseigner à distance

    Résultat : Jeudi soir, à 21h, PLAN D'URGENCE !!

    Enseigner à distance

    Après le choc de l'annonce que personne n'avait pu anticiper et à laquelle personne n'était réellement préparé psychologiquement et matériellement, j'ai donc allumé mon PC en urgence pour rédiger :

    - une lettre d'explication de la situation aux parents (bien qu'ils savaient déjà ce qui les attendait évidemment) avec les informations dont je disposais (autrement dit celles des JT ...)

    - un tableau récapitulatif des activités à faire à la maison et directement en lien avec le travail mené en classe (fiches d'écriture, entraînement à la lecture à voix haute, révisions de grammaire, ...)

    - un tableau avec des applications numériques pédagogiques gratuites utilisables depuis la maison et connues des élèves pour offrir aux familles un petit panel de possibilités d'activités numériques éducatives (ce qui me permettais également d'être un peu plus sereine pour m'accorder un petit laps de temps pour prendre connaissance des recommandations institutionnelles en détails, découvrir à mon rythme les modalités de l'enseignement à distance, etc ...).

    Enseigner à distance

    Pour en savoir plus sur les applications pédagogiques utilisables à la maison, vous pouvez vous rendre sur :

    - sur le blog de La Maitresse Sev qui a réalisé un diaporama explicatif à destination des parents :

    Enseigner à distance

    - à l'article d'Audymaikresse sur l'enseignement à distance qui présente de nombreuses applications que j'ai également proposées aux familles de mes élèves :

    Enseigner à distance

     

    Vendredi matin, j'ai donc filé à l'école pour 6h30 (merci à mon mari d'avoir pu réorganiser son planning pour que je puisse disposer de ce temps de préparation considérable !) afin d'imprimer les documents réalisés la nuit même (qui fut quasi blanche du coup ... Mais c'est bien connu qu'on est des fainéants pas motivés dans le métier à part ça ... bref !) et constituer pour chacun de mes élèves une pochette avec l'ensemble des documents, des consignes, des consignes, des codes de connexions, des liens ... (et pour certains même (parce que je n'ai pas eu le temps de le faire pour tous !) du travail personnalisé).

    Enseigner à distance

     

    Après le tumulte des premières heures (les 24h les plus "speed" de toute ma vie je pense !), j'ai pris le temps d'envisager la suite de cette période inédite et d'établir par quels moyens j'allais pouvoir faire classe à distance.

    J'ai ainsi opté pour différents outils ...

    Enseigner à distance

    Le ministre de l'Education Nationale a annoncé, suite à la fermeture des écoles, lors d'une conférence de presse que le CNED mettait à disposition de tous les élèves de France l'accès à la plateforme "Ma classe à la maison".

    Enseigner à distance

     Je me suis donc rendue sur le site pour y créer mon compte et obtenir un lien de connexion à transmettre aux familles.  

    Pour ce qui est des exercices proposés par le site, j'ai réalisé un petit diaporama synthétisant l'essentiel des informations pour présenter rapidement le site aux familles. S'il vous intéresse, vous pouvez le découvrir dans l'image ci-dessous.

    Enseigner à distance

    Grâce à ce site, je peux donner des rendez-vous vidéos aux élèves et à leurs familles pour expliquer des notions mal comprises, les aider ou même simplement prendre des nouvelles de chacun (et voir les petites boubouilles mes petits loulous qui me manquent trop !!!).

    Le site est assez simple d'utilisation et de prise en main pour l'enseignant. Du côté des familles, un simple "clic" sur le lien envoyé suffit à se connecter, depuis un PC, une tablette ou un smartphone. Pas besoin d'avoir de grandes connaissances en informatique pour pouvoir utiliser la plateforme.

     

    Enseigner à distance

    Comme le confinement risque de durer plus longtemps qu'annoncé au départ, faire des séances de révisions ne pourra clairement pas être suffisant. Si donner des exercices de révisions ou du travail à finir dans l'urgence a été utile les premiers temps pour me permettre d'y voir plus clair et donner une base de travail connue des élèves et donc réalisable sans trop en demander à leurs parents (qui, ne l'oublions pas, ont également leurs propres impératifs professionnels !). Mais il faut bien se mettre en tête que la continuité pédagogique ce n'est pas donner des exercices à n'en plus pouvoir.

    Elle implique la poursuite de l'enseignement et des apprentissages ... mais à distance !

    Pour pouvoir poursuivre le programme, au travers l'espace et le temps, j'ai finalement opté pour des séances d'apprentissage en vidéo différée.

    Pourquoi pas en direct ?

    1) parce que les familles de mes élèves n'ont pas tous les mêmes possibilités de connexion de par les différences d'équipement matériel, le nombre d'enfants devant faire "classe à la maison" et ayant donc besoin de l'ordinateur, etc ... Je voulais un moyen de "faire classe" que chacun pourrait utiliser quand il le pourrait et selon ses possibilités. Par ce système de vidéo lisible même sur smartphone, tous mes élèves peuvent y accéder sans trop de souci.

    2) faire des directs avec mes élèves implique de les faire en journée et donc quand j'ai moi-même à faire "classe à la maison" à mes propres enfants, que mon mari est en télétravail et visio-conférence, qu'il y a donc du bruit autour de moi, etc ... Faire classe dans ces conditions ce n'est pas top du tout, ni pour les élèves, ni pour moi car personne n'est pleinement disponible. Du coup, en enregistrant les vidéos le soir (la nuit en vérité ... malgré la fatigue de la cueillette des fraises ... ;-P) j'ai du calme et du temps pour expliquer, manipuler, proposer des techniques utilisables à la maison, etc ...

    Je réserve donc le direct à des rendez-vous individuels fixés avec les élèves et leur famille pour individualiser et personnaliser les parcours, selon les besoins.

    Et bonne nouvelle, pas besoin de beaucoup de matériel ou de connaissances en informatique pour faire ce genre de petite vidéo. J'utilise personnellement :

    - la caméra et le micro de mon ordinateur pour enregistrer les vidéos et les bandes-son

    - le logiciel Powerpoint pour mettre en page les vidéos, les enregistrement sonores, les images ...

    Une fois que tout est mis en forme comme je le souhaite, j'enregistre l'ensemble au format MP4 pour que le fichier soit lisible en vidéo, partout et pour tous.

    Pour en faciliter l'accès et le stockage, je mets les vidéos sur mon Canoprof Cloud et en envoie le lien aux parents. Les élèves n'ont qu'à cliquer dessus pour accéder à la séance et me voir (quand ils veulent, où ils veulent ... Ils ont pas juste trop de chance non ?! MDR)

    C'est loin d'être aussi bien qu'une séance en classe et en situation évidemment, mais c'est une solution qui a le mérite d'exister et qui permet de faciliter un peu les choses dans cette période de confinement.

     

    Enseigner à distance

    Au-delà de tous ces supports purement numériques, je tenais à éviter de tomber dans le travers du "Tout numérique" pour des tas de raisons.

    Déjà, toutes les familles n'ont pas les mêmes possibilités et équipements numériques. La situation que nous vivons est déjà suffisamment inégalitaire en l'état ...

    De plus, les bugs conséquents des applications, ENT et autres les premiers jours de confinement ont bien montré les limites de ce principe car, si "l'Education Nationale était prête pour l'enseignement à distance", ce n'était clairement pas le cas des serveurs. Si je pouvais me connecter et accéder à certains supports, les familles ne le pouvaient pas, etc ... Bref, c'était la galère et je me suis retrouvée bien contente de mon petit "plan d'urgence" accessible sans réseau. (Bravo à toutes les équipes qui ont travaillé (et travaillent encore) nuit et jour pour permettre à tous de travailler dans les meilleures conditions possibles !)

    Enfin, le numérique augmente considérablement le temps d'écran des élèves. C'est une chose relativement "facile" à gérer en classe car nous, enseignants, savons sur quels types de supports nos élèves travaillent et quel est leur intérêt pédagogique. Nous savons aussi qu'ils ne passent pas des heures dessus car l'équipement fait que le partage est nécessaire. A la maison c'est bien plus difficile pour les familles d'avoir à gérer les écrans. Déjà en temps normal le sujet peut être une source de tension entre les parents et les enfants, alors en ce moment ... c'est sûrement pire encore !

    Pour réduire cela au maximum, ma classe est ainsi repartie de l'école le 13 mars avec une petite liste de supports numériques et des codes d'accès à des applications connues des enfants et dont les objectifs d'apprentissages ne sont plus à expliciter.

    Chaque semaine, j'envoie aux familles (par Klassroom et mail pour faciliter l'impression à tous) un PDF avec un planning d'activités pour chaque discipline à mener, selon le temps et les possibilités de chacun.

    J'avais au départ pensé donner un planning au jour le jour mais, étant donné que des parents travaillent encore, pas facile pour eux de suivre un fonctionnement trop figé. Le planning à la semaine leur permet d'avoir plus de libertés pour organiser la classe à la maison en fonction de leur propre emploi du temps, du rythme de leur enfant ...

    Je veille également à proposer des activités facilement réalisables sur les cahiers des enfants dans le cas où les familles ne pourraient pas imprimer les documents envoyés.

    Ce n'est pas toujours hyper évident à gérer, anticiper, préparer ... pour moi mais je me dis que si je me casse la tête, cela évitera à 25 familles de se la casser aussi et de se retrouver dans l'embarras.

    L'angoisse due à la situation, le stress de cette coupure dans la scolarité de leur(s) enfant(s), la peur de ne pas "faire bien" sont déjà des éléments suffisamment lourds à porter pour les familles. Pas besoin en plus d'en remettre une couche avec la nécessité de disposer d'un équipement technique conséquent.

    Voilà ce qu'il en est à ce jour pour moi ... Ce fonctionnement n'est pas un modèle à suivre. Loin de là. Il a ses avantages et ses limites. Je reste comme toujours ouverte à toute critique constructive qui permettra de faire évoluer l'enseignement à distance vers le mieux (mais dans l'espoir toujours qu'il se termine au plus vite ! ;-p).

     

    Cet article sera mis à jour au fur et à mesure des jours et semaines à venir 

     


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  • Voici un article est un peu différent de ceux que j’ai l’habitude d'écrire ici. Un article très personnel surtout. Pas de partage cette fois. Pas de conseils non plus. Si j'ai choisi d'écrire ces mots, c’est uniquement car j’ai ressenti le besoin de mettre par écrit, mon témoignage (et, à travers lui, celui de nombreux autres collègues que j’ai pu rencontrer sur mon parcours). Loin de vouloir me plaindre, pousser un coup de gueule ou autre, je souhaite juste porter à la connaissance de tous de simples faits qui, comme me l'ont prouvé les derniers échanges que j'ai pu avoir sur le sujet avec des gens de tous horizons, semblent connus, acceptés et compris du plus grand nombre. De simples faits qui, en soi ne m’ont jamais dérangé jusqu'à il y a peu, mais qui sont la cause de doutes ou des freins pour de nombreux collègues ce qui engendrent chez eux non pas des regrets mais, pire encore, des remords. Petit retour en arrière personnelle sur un sujet (trop) commun à l'Ecole.

     

    Ne sachant pas vraiment par où commencer, je vais démarrer par le moment où l’idée de cet article m’est venue. Alors que j’étais présente au salon Educatech-Tice pour co-animer un atelier sur l’aménagement des espaces scolaires, j’ai pu découvrir beaucoup de matériel et de mobilier flexible qui faisait bien rêver.

    J’ai pu échanger avec des fabricants, des concepteurs mais aussi avec de nombreux collègues adeptes de la classe flexible. Inévitablement, face à ce magnifique matériel, un sujet ne pouvait être évité : celui du prix de revient du mobilier en question.

    Loin de moi l’idée de vouloir critiquer ici les tarifs pratiqués et cela pour plusieurs raisons ! D’une part, parce que je ne m’y connais absolument pas pour pouvoir émettre un avis d'expert sur le sujet et, d’autre part, parce que (étant moi-même fille d’artisan) je sais que derrière chaque objet fabriqué se cachent des visages qui redoublent d’idées, de travail et de sueur pour aboutir à ce résultat ce qui peut, personnellement en tous cas, me suffire à justifier les prix de production. Tout travail mérite salaire. Je ne m'attarderais donc pas sur ce sujet précis.

    Mais, comme chacun le sait bien, le nerf de la guerre a toujours été, est, et restera (certainement à jamais) l’argent ! Malheureusement, cela ne se trouve pas sous le sabot d’une vache (dommage d’ailleurs, j’en ai tellement autour de chez moi que je pourrais être milliardaire en quelques secondes !)

    Ainsi au cours de ma visite, j’ai pu rencontrer des nombreux collègues s'étant lancé dans l'aventure flexible ou hésitant à sauter le pas, qui m’ont posé la même question

    « Mais comment tu as fais pour financer tout cela ? »

    Et bien la réponse est aussi simple qu’hallucinante : j'ai travaillé !

    En effet, je ne l’ai jamais caché ici, ni ailleurs, depuis que je me suis lancée dans le flexible avec mes collègues, j’ai (nous avons !) fait le choix de financer en grande partie notre aménagement sur mes propres deniers.

    "Mais pourquoi ?"

    A cette question j'hésite entre deux réponses : "Je n'avais pas le choix." et "C'était mon choix".

    Quand nous nous sommes lancées avec mes collègues, rien ne nous permettait de dire si ce que nous tentions serait "viable", efficace ou pertinent. Quand on parle aujourd'hui de notre pratique comme d'une "innovation pédagogique", nous n'avions pas du tout ces mots en tête lors de nos réunions informelles du week-end et des vacances. Pour nous, c'était de l'adaptation, des tentatives face à un besoin ressenti. Cela l'est d'ailleurs toujours car rien n'est jamais vraiment terminé et abouti dans ce métier je crois tant les choses bougent et changent à un rythme fou. A aucun moment nous n'avons eu (et nous n'avons toujours pas d'ailleurs) l'idée de faire quelque chose de "révolutionnaire", d'"innovant" ou autre chose de ce genre. C'était vraiment de l'expérimentation personnelle pour tenter de répondre à des problématiques qui étaient les nôtres.

    En même temps, nous n'avons pas eu le choix car, cela nécessitait un investissement financier de départ (principalement pour toute la partie "aménagement des espaces" que nous avons choisi d'approfondir une fois que la partie "pédagogie et gestion de classe" avait été mûrement pensée et mise en œuvre concrètement) pour lequel nous n'avions pas de budget dédié (en dehors de notre budget "classe" que je souhaitais et souhaite encore personnellement réserver autant que possible à l'achat de l'équipement des élèves qui sont les miens sur une année donnée.). Pour pouvoir répondre aux besoins ressentis dans nos classes, nous souhaitions mettre en fonctionnement nos idées et nos envies rapidement c'est-à-dire tant que nos élèves  étaient encore "nos" élèves. Ils étaient d'ailleurs notre seule variable connue et un minimum maîtrisée. Et pour agir vite, dans le métier, on n'est jamais mieux servi que par soi-même (malheureusement ... ou pas d'ailleurs ! ;-p). Donc, on a sorti le porte-monnaie.

    Mais, d'un autre côté, cela nous permettait d'être les "seules maitresses à bord". En choisissant de financer tout cela à nos propres frais, nous avions aussi notre "conscience pour nous" disons. Autrement dit, si jamais nos essais (tentatives, expériences, improvisations ou tout autre terme qui vous conviendra mieux) n'aboutissaient pas à une réussite (là encore tout est relatif évidemment), nous aurions pu assumer les conséquences de cet échec seules, sans entrainer personne avec nous (collègues, école, mairie ...) car, le premier gros doute auquel nous avons fait face a été : "Et si on se plantait totalement ?".

    Après tout, nous n'avions pas vu fonctionner l'organisation à laquelle nous pensions. Lire des livres pour se documenter c'est bien mais cela ne vaut pas une vision claire et nette des éléments en action. D'autant qu'il nous fallait transposer la pédagogie américaine à une mise en oeuvre dans notre contexte d'enseignants français ce qui nécessitait déjà pas mal d'ajustements et, du coup, un saut dans l'inconnu complet. Aussi, il nous était impensable d'utiliser le budget de l'école ni même celui de la mairie pour mener notre "petite expérience pédagogique personnelle". Le risque de se prendre un mur et de gâcher par la même occasion de l'argent qui aurait pu servir à bien d'autres choses peut-être plus "essentielles" était trop grand. Nous avons donc commencé simplement, avec ce que nous avions sous la main : les supports pédagogiques dont nous disposions déjà (cahiers, fichiers, jeux de l'école ...), le mobilier présent dans l'école (en l'adaptant, en le détournant ...) cela dans le but d'économiser au maximum.

    Dans un deuxième temps nous avons choisi d'acheter à nos frais des assises supplémentaires (d'occasion ou neuves mais à prix raisonnables). L'idée était de pouvoir disposer de matériel que nous pourrions prendre avec nous en cas de changements d'établissement ou autre. Ainsi nous ne re-partirions pas zéro ailleurs mais avec des meubles "à nous".

    Il est important pour moi de préciser que cette étape n'aurait j'amais été possible sans l'accord et le soutien de nos familles respectives car l'investissement, au fil des mois, fut conséquent. Merci à mon mari pour sa compréhension, son soutien, les solutions "système D" qu'il trouvait avec mon papa pour donner à mes idées parfois étranges ... Sans lui,  jamais je n'aurais pu mener ce projet fou aussi bien ni autant m'épanouir dans ma classe comme c'est le cas actuellement.

    Nous avons donc dépensé beaucoup pour nos classes mais, malgré tout, depuis les premiers changements, nous avons eu 2 grandes chances :

    - Avoir une équipe au top ! Nous avons pu, mes collègues et moi, bénéficier du soutien entier de nos autres collègues, non-tentés par le flexible, mais malgré tout pas opposants à nos idées pour autant. Parmi eux, il y avait (et il y a toujours <3) notre directrice en or massif. Elle nous a soutenu, aidé et nous encourage encore aujourd'hui. En plus de son oreille attentive, de son épaule pour pleurer, elle nous a donné beaucoup de temps et d'idées, elle a monté des dossiers et fait des demandes de budget pour nous essayer de nous aider à changer le mobilier.. Elle a été un vrai rocher pour nous et je pense que jamais nous n'aurions pu faire le tiers de ce qui a été tenté sans son soutien. Jamais nous ne pourrons la remercier suffisamment car c'est elle qui a fait les démarches nécessaires pour que nous puissions ...

    - bénéficier d'un budget exceptionnel il y a deux ans de cela maintenant. Grâce à ce budget offert par notre mairie, nous avons pu acquérir des Ztools et des Tabourets Culbuto en plus de meubles de rangement. Ce matériel au prix conséquent (mais, pour le coup, non plus "détourné" mais bien adapté à une pratique de classe flexible), jamais nous n'aurions pu nous l'offrir à nos frais. (Où alors en mettant le compte bancaire à découvert ... à nouveau ! #oups). Mais, il n'y a pas à dire, quel bonheur ce fut de pouvoir offrir ce type d’assises aux élèves qui en avaient besoin ! Le gain de place et l'efficacité étaient également au rendez-vous. Honnêtement, cela m'a fait du bien d'installer dans ma classe du mobilier que je n'avais pas eu à payer de ma poche.

    Se lancer dans une classe flexible sans financement c’est possible, oui.

    Nous l'avons fait ... au départ. Mais cela relève finalement plus du « bricolage », de la « dépanne » … que du durable. Au bout d'un moment, quand on voit que ce qu'on fait tient la route, fait ses preuves, etc ... il faut bien l'avouer, on se lasse du "système D", on a aspire à autre chose et, même, on peut en avoir a marre de toujours sortir la CB. D'autant qu'il est de la responsabilité de chacun et chacune de veiller à choisir du matériel (acheté ou de récupération) qui soit en accord avec les besoins physiologiques des enfants (ce qui n'est pas évident quand on se lance en tous cas).

    Afin de miser sur du long terme, la nécessité d’un financement est indéniable et celui-ci ne pourra pas jamais se faire uniquement sur les budgets des écoles et encore moins sur le budget d’une classe. Il est devenu, à mon sens, indispensable de disposer de la coopération des mairies, des collectivités locales et de toutes les autres structures à même de pouvoir financer ce type de projet.

    Et c'est là que se pose le plus gros souci je pense. Car quand il s'agit d'argent et d'investissement, les chiffres comptent plus que le reste.

    La classe flexible n'a pas été à ce jour (et à ma connaissance en tous cas) soumise à une réelle expérimentation. Ainsi, les effets de ce type de fonctionnement sur les apprentissages et sur les élèves restent encore "inconnus", soumis à critique et à de nombreux doutes car ils ne sont pas "chiffrés". Confiance, bien-être, écoute, etc ... ne font malheureusement pas le poids face à la puissance des nombres. C'est encore Saint-Exupéry qui l'explique le mieux ...

    "Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ? Elles vous demandent : Quel âge a-t-il ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ? Alors seulement elles croient le connaître."

    Le Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry

    Actuellement, quand on ose enfin (oui parce qu'il y a beaucoup de craintes de la part de nombreux collègues d'oser faire le premier pas de peur de sa voir qualifier de "fou de service", de "maitresse chelou", d'enseignant "illuminé" aussi ai-je déjà pu entendre dans certains témoignages ...) se rendre dans les sphères décisionnelles pour parler équipement, mobilier, budget ... la classe flexible devient "l'ami" évoqué par le Petit Prince plus haut.

    Pas de chiffres à proposer . Pas d'argent à donner.

    Le chemin sera encore long très certainement. D'autant que, la classe flexible n'est pas une méthode unique et miracle. Je parle ici de ce fonctionnement en particulier car c'est finalement celui dans lequel je m'épanouis personnellement et celui que je maitrise le mieux aussi. Je sais qu'il existe beaucoup d'autres fonctionnements, pratiques, pédagogies possibles et parfois même associables entre elles. Tant d'autres collègues mènent, que ce soit ouvertement ou dans le secret des murs de leur classe, des adaptations, des tentatives, des "p'tites choses" qui font leurs preuves ! Mais, là encore, très souvent (trop !) à leurs propres frais pour, comme ce fut notre cas, ne pas prendre trop de risques, agir vite ... Bref, simplement croire en leurs idées. (Et c'est peut-être là, le cœur du réel problème qui se joue à l'école : Croire en les enseignants ... simplement. Mais c'est là un autre sujet et un autre débat aussi sur lequel je ne m'aventurerai pas plus loin. ;-)).

    Après plusieurs années à faire ma classe de cette manière, en comptant en grande partie sur mes propres revenus, je dois reconnaître que je mets désormais, tout doucement, un frein à tout cela. Si cela m’a bien suffi jusque-là, j’aspire à présent à un équipement plus solide, résistant, adapté, normé et qui ne serait pas à mes frais personnels comme ce fut le cas auparavant (Oui, car mine de rien, il ne s'agit pas là de quelques euros mais bien de plusieurs centaines qui sont passées directement de mon travail à ... mon travail !).

    Cela devient un peu usant de travailler chaque jour en classe pour finalement pouvoir "juste mieux travailler"

    ... et je comprends ainsi très bien que de nombreux collègues ne désirent pas passer par le même parcours que celui décrit plus haut. Avec le recul, je ne peux que reconnaître que cette évolution m'a demandé un investissement personnel important et aurait pu causer des "dommages collatéraux" auprès des miens. Je ne souhaite pas que mes enfants puissent un jour me reprocher d'avoir pensé plus à mon travail qu'à eux. Ce métier, cette vocation, cette passion, peut, à la longue, avoir des effets néfastes sur nos vies persos si on ne se pose pas soi-même des barrières.

    Aussi, même si j'aime mon métier, ma vie de ma famille comptera toujours plus dans la balance.

    Je voulais donc par cet article, mettre un tout peu en lumière la vérité sur ce que j'appelle en famille et entre amis "la face cachée des salles de classes". Mais attention, il n'y a pas besoin de vouloir mettre en place une classe flexible intégrale pour mettre à jour cette face cachée. Elle se camoufle très souvent dans bien moins que ça : la plaquette de pâte à fix acheté au courses, des punaises prises au détour d'un rayon, un album de littérature de jeunesse lors d'une sortie en famille chez le libraire, un paquet de feuilles à plastifier commandé sur le Drive ... autant de "petites bricoles" que tout enseignant peut acheter, chaque mois (pour ne pas dire chaque semaine parfois ...) pour "faire tourner leur classe". Et cela fini par chiffrer (de quoi ravir les "grandes personnes" ;-p).

    Rares sont les métiers où les employés financent eux-mêmes leur poste de travail.

    C'est pourtant le cas d'une grande majorité d'enseignants.

    J'encaisse sans broncher toutes les critiques et même tous les clichés en lien avec mon métier.

    Aucun souci.

    Je ne râlerai pas et ne dirai rien car il n'y a rien de plus épuisant finalement que de tenter de convaincre des personnes qui ne souhaitent pas l'être. (De toute façon comme dit mon mari : "C'est pas quand elle parle qu'il faut s'inquiéter. C'est plutôt quand elle se tait. Là il faut trembler et fuir." ;-p).

    En revanche, vraiment, je tiens à mettre un point d'honneur sur ce sujet car, j'aime mon métier, c'est pour cette raison d'ailleurs que cela me tient à cœur de mettre les choses au clair : Oui, ma classe, c'est moi qui l'ai payé !

    A tort ou à raison, peu m'importe.

    Chacun aura son avis sur la question. Aussi, si je "dois mon salaire à la société" comme certains aiment à le penser et à le répéter régulièrement, rassurez-vous !

    Les millions que je gagne chaque mois ne finissent pas entièrement dans l'entretien de ma somptueuse villa au bord de l'océan ni dans mes merveilleuses vacances au bout du monde durant mes loooongues semaines de farniente offertes par le contribuable. (#seconddegre #ironie)

    Pas du tout !

    Ils retournent très souvent dans ma classe pour être utiles à mes élèves.

    Tout ce que je fais dans mon travail, au quotidien, comme la majorité de mes collègues (et contrairement à tout ce que l'on peut entendre autour de la table aux repas de famille ou dans les médias aussi parfois), c'est pour mes élèves.

    Non seulement j'aime mon métier mais, SURTOUT, j'aime mes élèves.

    Bien sûr pas autant que je n'aime mes propres enfants (comme n'importe quelle maman bien sûr. ;-) Et puis mon périnée l'accepterait difficilement ;-p LOL) mais, mes "petits loups" comme je les appelle, même s'ils sont tous très différents, qu'ils s'en sortent sans peine dans les apprentissages ou qu'ils galèrent comme pas possible, qu'ils soient bavards ou qu'ils soient discrets, qu'ils soient "sages" ou plus remuants, qu'ils parlent français ou qu'ils viennent d'ailleurs, tous autant qu'ils sont, même s'il y a des hauts et des bas, TOUS, je les aime, pour la simple et bonne raison que la passion, le temps et l'argent que je mets dans ma classe, ils me les rendent en centuple par leur sourire chaque jour que j'ai la chance de passer auprès d'eux.

    La vie est courte. Les élèves nombreux. Parce qu'ils seront bientôt remplacés par d'autres et que demain sera vite hier, s'il faut vraiment donner des chiffres pour avoir du poids et être entendu des "grandes personnes", alors je choisis pour ma part de compter et savourer les si courtes et si fuyantes minutes que j'ai la chance de pouvoir passer auprès de chacun d'eux.

     

    Merci à celles et ceux qui auront eu le courage de me lire jusque là. Bon courage à chacun et chacune de vous dans vos projets. Croyez en vous. Personne d'autre ne saura le faire mieux. ;-)

     


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  • Il y a quelques semaines, j'ai découvert le site internet de Léa et Noé, spécialisé dans la confection d'objets personnalisés. Parmi les nombreux produits disponibles à la création, un très particulier a capté toute mon attention : le tablier de maitresse !

     

    Mes enfants ont récemment reçu des petits sacs (comme ceux ci-dessous) et personnalisés avec leur prénom.

    Le tablier de maitresse

    Ils les ont de suite adoré ! Et maman aussi car ils sont très pratiques ! 

    Étant une grande fan des objets personnalisés, je me suis rapidement emparée de la carte de visite trouvée dans les petits sacs et je suis allée faire un petit tour sur le site internet indiqué.

    Parmi les produits disponibles à la commande, j'ai pu retrouver les petits sacs à dos reçus par mes enfants ainsi que plusieurs autres dont l'un d'eux m'a directement interpellé et intéressé :

    Le tablier de maitresse !

    Le tablier de maitresse

    J'avais déjà pu en voir, sur Instagram notamment, car certaines collègues, visiblement douées en couture (j'aimerais tant apprendre !), s'en étaient confectionnées elles-mêmes.

    Cela me semblait être une idée pertinente et pratique pour les enseignantes qui n'ont par exemple plus de bureau et/ou posent toujours toutes leurs affaires un peu partout dans la classe et prennent ensuite mille ans pour les retrouver en comptant secrètement sur l'efficacité et la serviabilité de leurs petits élèves pour pallier à leur mémoire défaillante (genre comme moi quoi ! O:-D).

    Malheureusement, en ce qui me concerne : je ne sais absolument pas coudre et je ne pouvais donc absolument pas envisager de m'en confectionner un seule (Laisse tomber Aurel, ce serait un véritable carnage !). J'ai bien dans mon entourage des couturières très douées mais je ne souhaitais pas non plus demander (encore !) de l'aide pour quelque chose qui devait me servir à l'école (mon papa, ma maman et mon mari ont déjà tous donné de leur personne pour m'aider à équiper ma classe à moindre frais histoire de faciliter le quotidien de classe de mes élèves et le mien, si je peux éviter d'étendre la "contamination" aux tatas, tontons et autres, ce serait plutôt pas mal je pense !)

    J'ai ainsi étudié le produit de plus près et, ce qui m'a directement sauté aux yeux, c'est son côté pratique. Avec toutes ses petites poches de tailles différentes (pour y loger feutres, stylos, télécommande du poste radio, téléphone, etc ...), il me semblait vraiment bien pensé pour les enseignantes et pour cause !

    Il se trouve que la créatrices de ces jolis produits est une ancienne enseignante ! Autant dire qu'elle sait parfaitement ce dont nous avons besoin. :-D

    J'ai ainsi contacté la créatrice des produits pour commander un tablier de maitresse que j'ai pu personnaliser, du tissu au texte.

    Le tablier de maitresse

    Voici donc mon nouveau petit compagnon de classe :

     

    Le tablier de maitresse

    Grâce à lui, je ne perds plus de temps à chercher mon petit matériel partout. J'ai organisé les pochettes de manière à avoir toujours l'essentiel autour de la taille ! ;-)

    Et quand je ne le porte pas, il m'est très facile de l'accrocher à mon bureau grâce à la petite boucle prévue à cet effet. ;)

    Le tablier de maitresse

    Le tablier de maitresse

     

     

     

     

     

    Le tablier de maitresse

    Merci à Marielle, créatrice de "Léna & Noé", pour ses talents, son professionnalisme, son écoute et sa patience ! Pour découvrir son travail, rendez-vous sur son site internet  ...

     


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