• Dans l'espace M.M.A. que je vous décrivez dans un précédent article du blog, j'ai évoqué la présence du S.O.S. Maîtresse. Voilà donc un article à son sujet qui, je l'espère, répondra à toutes vos questions.

    Qu'est-ce que le "S.O.S Maîtresse" ?

    C'est une affiche plastifiée sur laquelle figure ce même titre. Elle est affichée au tableau, sur la Mémoire Murale des Apprentissages à destination des élèves.

    S.O.S. Maîtresse

    A quoi sert le "S.O.S. Maîtresse" ?

    Comme vous l'avez compris, je travaille en demi-classe. Il y a donc, au moins durant les temps de travail en mathématiques et en français, une douzaine d'élèves qui travaillent en autonomie, seul ou à deux. Lorsque les élèves sont dans cette situation de travail, ils doivent respecter 2 règles indiscutables :

    - chuchoter pour ne pas déranger leurs camarades

    - réfléchir pour ne pas déranger la maîtresse

    Ils ne doivent en aucun cas venir à la table en U pour m'interrompre et doivent, en cas d'éventuelle question, suivre ce que nous avons appelé le "protocole d'autonomie" :

    1) Je réfléchis seul

    2) Si je n'y arrive pas, je demande de l'aide à mon binôme

    3) Si nous n'y arrivons pas, je vais demander de l'aide auprès des autres camarades de mon groupe

    4) Si personne ne sait comment m'aider, je me dirige vers le S.O.S. Maîtresse.

    Comme vous pouvez le voir sur la photo, un paquet de feuilles autocollantes et repositionnables de type Post-it et mis à disposition à côté de l'affiche. Les élèves peuvent s'en servir pour y écrire soit leur prénom (en début d'année), soit directement leur question ou leur problème.

    Je regarde régulièrement vers cette zone du tableau afin de voir si des élèves ont besoin de mon aide dans l'autre groupe. Quand je vois un message et que j'ai le temps d'y répondre, je prend la feuille affichée pour prendre connaissance de la difficulté rencontrée avant d'aller à la rencontre de l'élève qui l'a posé pour lui répondre et l'orienter.

    Ainsi, je peux me consacrer totalement à mon groupe de travail dirigé sans être dérangée, tout en restant disponible pour tous mes élèves.

    Les élèves ont très rapidement saisi le principe et l'importance du S.O.S. Maîtresse : bien sûr, en début d'année, les élèves viennent m'interrompre car ils n'y pensent pas directement Ils en prennent cependant très rapidement l'habitude pour, finalement, ne plus l'utiliser car ils parviennent à trouver des réponses seul ou avec l'aide des autres.


    7 commentaires
  • Avant de développer dans de prochains articles les différents centres d'autonomie disponibles dans ma classe, je vous publie dès à présent le plan "fait maison" de l'aménagement de ma classe.

    Votre 3Dfun appréciera sûrement de pouvoir dès à présent visualiser l'espace-classe et vous comprendrez ainsi plus facilement ce qui suivra très prochainement.

    Le plan de ma classe

    Mise à jour du 27/02/2018 : un plan plus récent réalisé sur PPT

    Le plan de ma classe


    2 commentaires
  • Si j'ai voulu changer ma manière d'enseigner c'était avant tout, étant donné le profil hétérogène de classe que j'avais, pour pourvoir être au plus près des élèves et de leurs difficultés.

    Après de nombreuses discussions avec mes collègues, nous avons finalement décidé de couper notre classe en 2 groupes hétérogènes : un groupe travaillant avec moi, l’autre travaillant en autonomie.

    Mes groupes sont hétérogènes dans toutes les disciplines par choix personnel car cela correspond aux besoins que j'ai avec ma classe. Il est possible de faire des groupes plus homogènes, de niveaux, en lecture par exemple. Pour plus d'infos sur le sujet, n'hésitez pas à aller jeter un œil sur le blog de ma collègue La maîtresse Sev, juste ici !

    Il a donc fallu repenser tout l’espace-classe pour qu’il convienne à cette nouvelle pédagogie.

    J’ai testé plusieurs dispositions de tables différentes (que vous trouverez expliquées en détail ici) avant d'utiliser 7, 6 puis finalement 5 tables doubles pour former un U devant le tableau.

    Cette formation que j'avais déjà utilisé il y a quelques années en CE2 et en SEGPA (mais plus en mode "classe entière" du coup ;-)) a retrouvé tout son intérêt lorsque je l'ai redécouvert sur internet, notamment à travers le compte Instagram Mais que fait la maîtresse. Cette disposition s'est avérée être la disposition la plus efficace pour répondre à mes besoins du moment.

    Ainsi, les élèves du groupe travaillant avec moi peuvent s’installer pour suivre la découverte des nouvelles notions. L’autre demi-classe travaille en binômes aux différents centres d’autonomie répartis dans le reste de l’espace-classe (articles à venir).

    "Mais pourquoi un positionnement en U ?"

    Le centre de travail collectif : La table en U

    Tout simplement parce que c’est ce qui s’est avéré être, à mes yeux le plus pertinent pour plusieurs raisons :

    • Grâce à la table en U, les élèves sont tous assis au plus près du tableau lorsque celui-ci est utilisé : fini le casse-tête des changements de place où il faut penser à mettre Y loin de Z et de X mais sans oublier que Y et X attendent un rendez-vous chez l’ophtalmologue car ils ont des problèmes de vue et doivent donc être tous les deux placés près du tableau. Dorénavant, tout le monde est près du tableau. C’est un gain de temps et d’énergie considérable pour une maîtresse !
    • Grâce à la table en U, les élèves apprennent à partager : cette nouvelle disposition a occasionné un premier « deuil » : l’attribution des places. L’espace de travail avec l’enseignant n’offrant que 13 places au maximum, les élèves ne pouvaient plus avoir leur propre pupitre. Les places de la table en U sont donc toujours attribuées à deux élèves, un de chaque groupe.
    • Grâce à la table en U, je suis plus proche des élèves : beaucoup d’élèves n’osent pas lever la main et se manifester quand ils ne comprennent pas car ils craignent le regard des autres. Aussi, quand on a 25, 27, 30 élèves (et même plus parfois malheureusement), ce n’est que lors de la correction (et donc quand l’élève n’est plus avec nous !) que nous constatons qu’il n’a pas compris. La table en U permet un travail en groupe restreint où les élèves se dévoilent plus facilement. Et puis, la maîtresse est juste là, plus disponible car elle n’a que 13 élèves à gérer. L’élève a moins peur de « déranger ». Depuis que je travaille ainsi, j’ai pu remarquer que la relation élève-enseignant s’est modifiée de manière positive : il y a moins de craintes et plus de confiance.
    • Grâce à la table en U, je suis littéralement « au-dessus des difficultés de ses élèLe centre de travail collectif : La table en Uves » : Lorsque je travaille à la table en U avec les élèves, je m’assois sur un tabouret à roulettes (comme j’avais lors de mes années en maternelle) qui me permet de circuler à l’intérieur du U et d’aller très facilement d’un élève à un autre pour les aider. Quand je travaille avec un élève du U, je suis toujours à moins de 50 cm de lui, les yeux au-dessus de sa table et, donc, de son travail. Il m’est alors plus facile de voir les difficultés, de les comprendre et d’y répondre efficacement.
    • Grâce à la table en U, les élèves apprennent l’entraide : j’ai attribué les places de la table en U de manière à placer un élève ayant des difficultés à côté d’un élève ayant plus de facilités tout comme j'ai associé les élèves timides aux plus extravertis. Ils peuvent ainsi s'aider mutuellement. Un enseignant pour 13 élèves c’est toujours mieux qu’un enseignant pour 25 mais cela reste loin du cours particulier alors si les élèves peuvent s’aider entre eux, les apprentissages sont encore plus accessibles à tous. On a tous à apprendre des autres, pas seulement des maîtresses !
    • Grâce à la table en U, je dispose d'un espace de regroupement directement à l'entrée de la classe. Cet espace est délimité par un tapis (trouvé chez Ikea) suffisamment grand pour accueillir les élèves du groupe qui travaillera ensuite en autonomie. Les élèves s'assoient donc par terre en face du tableau. Cet espace permet de réunir les élèves pour établir avec eux le déroulement de la journée et/ou de la semaine, sans qu'ils soient distraits par des trousses, des sacs ou autres.

    Voilà donc le détail de ce centre de travail collectif qu’est ma table en U.

    Mais rassurez-vous, je n’ai pas choisi ce nouveau mode de fonctionnement uniquement pour elle et pour toutes les valeurs qu’elle véhicule. Les centres développent tout autant de valeurs positives dont une principale et indispensable dans cette nouvelle pédagogie : l’autonomie !

    Le centre de travail collectif : La table en U


    10 commentaires
  • Vous êtes nombreux à me suivre sur Instagram et vous avez donc déjà pu remarquer les nombreux changements qui ont marqué ma classe depuis le début de l’année civile. Il serait trop long et ennuyeux de tout décrire en un seul article.

    Voilà pourquoi, je vous présenterai tout ce qui s’est passé dans ma tête et dans ma salle au fur et à mesure.

     « Les C.P., il faut les mettre directement dans le bain de l’élémentaire pour qu’ils trouvent leur place d’élèves et comprendre leur rôle d’élèves»

    Voilà une phrase que la titulaire dont je reprenais le poste m’avait dite la toute première fois que j’ai eu des CP.

    Je me suis dit que c'est ce qu'il fallait faire pour bien démarrer tant dans ma carrière qu'avec des CP alors j'ai appliqué. Et j'ai appliqué ainsi plusieurs rentrées et démarré l’année scolaire 2016 comme les précédentes, sans savoir qu’elle allait être une année de remise en question si importante !

    "Et si on changeait tout ?"

    Mes élèves ont donc trouvé à leur arrivée ce que tout petit CP attend de la classe d’une « grande école » : une organisation de classe classique avec des tables doubles en rang d’oignons face au tableau et réparties en 3 rangées. Mais cela n’allait pas pouvoir durer …

    Pour pouvoir comprendre ce qui a motivé cette volonté de changement, il faut commencer par resituer ma classe dans son contexte socio-culturel. L’école dans laquelle j’enseigne se trouve dans un quartier qualifié de « difficile » et était anciennement classée REP.

    Si la zone prioritaire n’est plus d’actualité dans l’établissement depuis peu suite à une modification de la carte scolaire de notre collège de secteur, le public, lui, n’a pas changé et est très hétérogène.

    J’ai donc accueilli cette année des élèves francophones ET non-francophones dont le niveau scolaire allait du début de MS pour certains jusqu’à début de CE1 pour d’autres. Je me suis alors très rapidement rendue compte que je travaillais toujours avec les mêmes élèves, laissant ainsi les plus avancés baigner dans des notions qu’ils maitrisaient déjà parfaitement sans pouvoir nager plus loin, malgré leur envie considérable, pour atteindre les plus grandes profondeurs du savoir.

    Il me fallait trouver un moyen de gérer tous ces niveaux différents de manière à faire progresser X qui n’arrivait pas encore écrire son prénom en cursive tout en permettant à Y de s’entraîner à lire en mettant le ton.

    Puis, un matin, des collègues sont arrivées à l’école dans le même état de déprime pédagogique que moi :

    « Je n’aime plus ma classe ! L’organisation ne me convient pas ! Il y a trop de niveaux à gérer ! »

    Nous avons donc mis en commun nos réflexions sur ce même sujet et je leur ai confié que j’envisageais de passer à un système de travail en ateliers, comme en maternelle. C’est alors que la maîtresse Sev nous a fait part d’un article qu’elle avait trouvé sur le blog de Maisquefaitlamaitresse qui développait la mise en place d’un système de travail en demi-classe.

    Cela a fait énormément sens pour nous et nous nous sommes dit :

    « Et si on changeait tout ?! »

    Nous nous sommes directement jetés sur les livres de Debbie Diller en lien avec le sujet pour nous documenter (voir bibliographie indicative). Au départ nous pensions réfléchir pour l’année scolaire suivante mais la tentation de tester ce nouveau système immédiatement fut trop grande et nous avons finalement TOUT changé, TOUT de suite !

    Et quelle révélation cela a été ! ...

    "Et si on changeait tout ?"


    7 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique