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    Remontée d'un article d'août 2018

    Comme je vous l'ai dit il y a peu de temps, Être prof a lancé une campagne de soutien aux jeunes collègues prenant la forme de kits de survie.

    J'ai eu la chance et le plaisir d'être contactée par leur équipe de rédaction pour rédiger un témoignage relatant les débuts dans la profession.

    Étant donné que j'ai pu découvrir de nombreuses facettes de notre magnifique "profe-pa-ssion", cet article est très long (mais il aurait pu l'être plus encore ! ;-)).

    Je souhaite donc bon courage à celles et ceux qui auront le courage de lire jusqu'au bout et espère qu'ils pourront grâce à lui se faire une idée plus précise des postes qu'ils pourront avoir en début de carrière.

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    Quand on est enfant et qu’on imagine sa vie d’adulte, tout est toujours rose et merveilleux. Pour ma part, depuis le plus jeune âge j’ai fait part à mes parents que je voulais devenir maitresse d’école. Je pensais alors que la route serait facile et que j’aurais très vite ma propre salle de classe avec des élèves, mes élèves, sages, gentilles et sans difficulté. Mais le principe même d’un rêve est d’échapper au réel et, une fois le CRPE en poche, il faut savoir faire face à cette réalité à laquelle nos désirs n’avaient jamais songés !

    J’ai changé de poste chaque rentrée durant 7 ans avant de pouvoir « enfin » poser mon cartable dans une école, une classe, un niveau. Ainsi, avant d’atteindre le but que je m’étais fixée étant enfant, j’ai d’abord pu goûter durant mes premières années d’enseignement à la réalité du terrain, à des postes divers et variés qui m’ont certes fait peur mais qui ont toujours su m’apprendre énormément.

     

    PES, la différence entre « être » (enseignant) et « avoir » (sa classe)

     

    Lorsque j’ai eu mon concours, je pensais que les portes de l’Education Nationale m’ouvriraient grand les portes d’une école pour pouvoir enfin faire ce que je voulais : enseigner. Mon cursus a déjà quelques années et le système a déjà changé depuis que l’année de PES s’organisait ainsi. J’occupais cette année-là deux postes : deux jours en élémentaire dans une classe de CE2 et un jour dans l’école maternelle voisine en MS-GS. Le vendredi était une journée réservée à de la formation continue. Evidemment, la charge de travail de cette année en particulier mais également des suivantes s’annonçait conséquente. C’est une chose à laquelle il faut très vite se préparer et c’est normal lorsque l’on débute : il faut prendre ses marques, ses repères, préparer la classe … Tout cela demande du temps, de la patience et du travail. Mais le fait d’avoir 3 niveaux de classes à gérer et à préparer n’était pas vraiment stressant comparé au fait que j’étais stagiaire et que j’allais de ce fait être visitée en classe par des formateurs et des conseillers pédagogiques plusieurs fois dans l’année pour espérer être titularisée. C’est aussi ce qui attend les PES actuellement et je sais combien ce n’est pas facile, surtout en début de carrière, d’accepter d’être observé, analysé, jugé et également souvent critiqué. Il faut se dire que la critique n’est jamais négative.

    "N’oublions pas qu’être PES c’est être encore « en formation »."

    La critique permet donc d’apprendre et est toujours constructive. Il faut alors faire un gros travail sur soi pour l’accepter comme telle. Ainsi j’avais non pas une classe mais deux classes. Cependant, ces classes n’étaient pas les miennes. Elles étaient celles des titulaires, les directrices que je déchargeais. Elles ont été toutes les deux vraiment à l’écoute et m’avaient laissé « carte blanche » pour enseigner les disciplines qu’elles m’avaient confiées dans leur classe. En effet, quand on est en poste seulement quelques jours dans la semaine, il est évidemment impossible de tout enseigner. Dans ces cas-là, le plus souvent, la titulaire de la classe confie à son ou sa binôme des domaines des programmes à gérer de son côté. C’est ce qui a été le cas pour moi. J’étais tellement heureuse d’être maîtresse que je n’ai même pas réfléchi aux disciplines qui seraient les miennes et j’ai accepté tout ce qu’on m’a proposé sans discuter car après tout, si j’avais été l’unique maîtresse de la classe, j’aurais bien dû tout faire ! J’ai alors pris le parti de m’investir à fond dans la mission qui m’était confiée en me disant que cela me resservirait un jour. Même si je n’avais pas ma propre classe et que je ne pouvais pas l’organiser comme je l’entendais, j’ai eu la chance cette année-là d’avoir enfin des élèves. Et quels élèves ! Les premiers ! Ils valent tout l’or du monde.

     

    Les compléments de temps partiels

     

    Si l’année de PES ne permet pas de réaliser pleinement son rêve d’enfant, ce qu’elle fait vivre sur le terrain permet en revanche de former à une autre possibilité de poste possible dans les premières années de titularisation : les décharges de direction et les compléments de temps partiels. J’ai aussi pu goûter à ces postes que l’on n’envisage pas du tout en début de carrière. En tous cas, je ne les envisageais pas personnellement. L’année où je complétais des temps partiels, j’ai pu enseigner à tous les niveaux de classe de la PS au CM1 ! Maintenant, avec le recul, je peux dire que la charge de travail n’était pas plus conséquente que si j’avais eu ma classe à moi sur une année entière. Mais quand on débute, devoir chaque jour changer d’école, de niveaux d’élèves, de disciplines … ça fait très peur ! On se dit qu’on n’y arrivera jamais, qu’on ne retiendra sans doute pas le nom de tous les élèves, qu’on ne tiendra pas le choc. J’ai rencontré de nombreux collègues durant cette année de compléments. Ils m’ont tous gentiment accueillie et aidée. J’ai aussi eu la chance de découvrir des écoles et des fonctionnements différents qui m’ont servi plus tard pour penser mon enseignement et ma classe. Oui ce n’était pas tous les jours facile d’arriver le matin et de découvrir que je ne pouvais pas mener ce que j’avais prévu car il y avait eu la veille des imprévus dont je n’avais pas été informée. Mais ce n’était finalement jamais rien de grave. Dans ces cas-là, je faisais deux choses : je respirais un bon coup, je regardais mon cahier-journal, je modifiais l’ordre des activités de la journée afin de m’offrir du temps pour réorganiser la partie qui demandait des changements. Comme dit la « grenouille calme et attentive » de la méthode de méditation :

    "La respiration, on l’a toujours sur soi et on peut l’utiliser pour faire face à ce qui ne va pas."

    Si cette méthode fonctionne sur des enfants, sur des enseignants débutants, cela devrait aller aussi ! J’ai dû respirer profondément plusieurs fois à mes débuts et surtout à la réception de mes postes.

     

    Nommée le lendemain de la rentrée

     

    A la rentrée de mon année de T1, je n’avais pas obtenu de postes et avait été placée en tant que ZIL en attendant le mouvement du jour de la rentrée et en espérant y obtenir quelque chose. J’étais donc en classe ce jour-là pour décharger une directrice quand mon téléphone a sonné pour me dire que j’avais obtenu un poste : une ouverture de classe en CE2 après comptage par l’IEN le matin même. Je devais alors m’y rendre avant 17h pour rencontrer l’équipe et prendre fonction dès le lendemain en classe. Il était 15h30, l’école terminait à 16h00 et j’avais 40 minutes de route … Je raccroche. Je respire profondément (encore). Je reprends le fil de la classe. La cloche sonne. Je renvoie les élèves. Je pars. On verra le reste plus tard. J’ai ainsi obtenu ma première classe rien qu’à moi. C’était une ouverture de classe et j’ai donc eu pour salle de classe une pièce qui était normalement réservée à l’art plastique. Je ne disposais pas de beaucoup de rangements libres pour mes affaires car un mur entier était occupé par des armoires remplis de peinture, de pinceaux … mais ce n’était rien. J’avais ma classe rien qu’à moi. Les soirées des premières semaines ont été chargées car j’ai passé beaucoup de temps à mettre sur pieds programmations, progressions et autres joyeusetés administratives et professionnelles que l’ont fait en général durant l’été. Sauf que pour le coup, l’été était fini et j’avais classe tous les jours. Je devais assurer un enseignement digne de ce nom, d’autant que je ne voulais pas me planter : j’avais enfin ma classe ! Je ne pouvais décemment pas anéantir mon rêve alors que j’étais si proche du but ! Là encore, j’ai pu compter sur des collègues au top qui m’ont bien épaulée, qui m’ont guidée, qui m’ont donné des supports et des conseils qui me servent encore aujourd’hui. Je les remercie de m’avoir ouvert si grands les bras et de m’avoir proposé leur aide car, comme toute jeune enseignante, je n’ai pas osé aller de moi-même leur demander cette aide qui m’a pourtant été si précieuse. Ce sont eux qui ont fait le premier pas, dès mon arrivée, ce jour de rentrée scolaire, à 16h45. Voilà donc un conseil qui devrait servir à chaque jeune enseignant :

    "N’hésitez pas à demander de l’aide à vos collègues"

    Si vous n’en avez pas comme ce fut le cas pour moi l’année où j’étais chargée d’école maternelle, à votre hiérarchie. Ils ne vous mangeront pas et, contrairement à ce que je pouvais croire à ce moment-là, ils vous comprendront aisément pour la simple et bonne raison que ce que vous vivez, ils l’ont certainement vécu aussi. S’ils sont jeunes et débutants, comme vous, alors ils vous comprendront parce qu’ils vivent la même chose et comme deux têtes valent mieux qu’une, vous pourrez vous aider mutuellement. S’ils sont expérimentés, ils pourront vous partager des informations, vous conseiller, vous guider… certes pas en direct dans la classe, mais en amont, ils pourront être sans aucun doute une épaule d’appui solide. Sans les collègues, il est parfois difficile et même impossible de surmonter certains postes.

     

    La SEGPA : plus formateur qu’une formation

     

    Là où l’importance de partager avec les collègues a pris tout son sens fut durant mon année passée en SEGPA. J’ai obtenu ce poste au 3 ème mouvement, la veille de la rentrée. J’ai téléphoné pour connaître mon affectation et on m’a répondu : « Vous êtes assise ? Non ? Asseyez-vous alors. Vous étiez la dernière de la liste à passer au mouvement. Vous avez obtenu un poste en SEGPA … à environ 1h de route de chez vous. ». Si jusqu’alors j’avais toujours eu la chance de travailler dans des villes étant à une quarantaine de minutes de route de chez moi maximum, cette année-là il a fallu s’adapter à cette nouvelle donnée. Mais ce n’est pas la distance qui m’a le plus effrayée en raccrochant. Je me répétais sans cesse : « en SEGPA ? … en SEGPA !! … Mais c’est au collège ça. Ce n’est pas pour moi. Il y a erreur. ». En effet, à aucun moment de ma formation, l’éventualité de travailler en SEGPA ne m’avait été présentée. Je ne savais à ce moment-là pas du tout que je pouvais m’y retrouver. J’ai alors fouillé sur internet pour comprendre ce qu’était véritablement une SEGPA avant de téléphoner à mon établissement pour prendre mon poste. Je peux l’avouer aujourd’hui : toutes ces étapes de questionnements et de recherches ce sont faites dans les pleurs, les larmes et les sanglots. Je ne savais pas ce qui allait m’attendre. Je savais juste que c’était loin de chez moi et dans un univers scolaire que je ne connaissais absolument pas. J’ai donc finalement téléphoné au collège en question et m’y suis rendue dès le lendemain … toujours en pleurant ! Une fois sur place, j’ai été accueilli par le directeur de la SEGPA et les collègues, tous expérimentés, qui avaient, comme moi, tous hérités à leur début d’un poste en SEGPA sans le vouloir mais qui ne l’avait finalement jamais quitté. Je me suis alors dit « Si autant de personnes restent de leur plein gré, c’est que ce doit être intéressant. ». Et là, ils ont tous vu avec moi pour aménager mon emploi du temps afin de simplifier au maximum mes allers et venues, ils m’ont tous présenté leur façon de travailler, ils m’ont fait un topo sur les 13 élèves que j’allais accueillir… Bref, ils ont tout fait pour rendre cette prise de fonction plus simple que je ne le pensais. Cette rentrée qui s’annonçait cauchemardesque est finalement devenue une des meilleures de toute ma carrière, pleine de partage, d’échanges et de bonne humeur. La SEGPA, personne n’y est formé avant d’y être posté. C’est un fonctionnement très différent de ce que l’on connait à l’élémentaire et c’est devenu, pour moi, la base de tout mon enseignement. L’année que j’ai passé en SEGPA m’a appris mille fois plus que toutes les formations auxquelles j’ai pu assister. C’est la SEGPA qui me sert de base dans toutes mes réflexions pédagogiques. Si vous êtes nommé.e en SEGPA, je peux vous assurer d’une chose : vous pleurerez certainement en y allant, comme moi, mais vous pleurerez aussi en la quittant, comme moi. Car en effet, si aujourd’hui je ne travaille plus en SEGPA, ce n’est pas parce que cette expérience m’a déplu. C’est uniquement à cause de la distance. S’il y avait eu l’année suivante des postes libres en SEGPA, près de chez moi, j’y aurai postulé sans aucun doute. Ce ne fut pas le cas. Mais il m’était nécessaire de me rapprocher de mon domicile afin de me préparer au mieux à devenir maman.

    "Il faut savoir aussi une chose quand on débute : il est nécessaire et vital d’apprendre très vite à se préserver."

    Préserver sa vie personnelle et ne pas en faire trop au risque de perdre complètement pied et de ne vivre plus que le travail. C’est ce qu’il m’a fallu faire également et ce n’était pas chose aisée. Cela ne l’est toujours pas d’ailleurs par moment. Même si rien n’a pas été facile au démarrage, si les postes passaient et en se ressemblaient pas, j’ai à chaque fois trouvé dans les différentes classes un invariable important : les élèves. De la PES à la titularisation, des compléments à la ZIL, de la SEGPA à la direction d’école, j’ai pu exercer sur de nombreux postes différents au cours de mes débuts dans l’enseignement. Si tous ces changements et toutes ces adaptations ont été durs pour moi, cela aurait été encore plus difficile pour les élèves de devoir « subir » une enseignante qui ne voulait pas être là et qui ne faisait pas d’efforts pour accepter la situation. A chaque déception, c’est eux qui me motivaient à rester fidèle au poste et à aller de l’avant : « Ils n’y sont pour rien. Ils ont le droit d’avoir une maîtresse efficace. Alors bouge-toi ! ». Tous ces postes n’étaient pas du tout ceux dont j’avais rêvé petite. Jamais même je ne m’y étais imaginé pour la simple et bonne raison que je n’avais jamais entendu parler de certains d’entre eux. Et pourtant, il a bien fallu faire avec. Accepter est dur. J’en sais quelque chose. Mais c’est un passage inévitable si l’on veut pourvoir tirer bénéfice de chaque instant. Tous ces postes ont été très différents les uns des autres mais chacun a eu un effet sur l’autre. Chacun d’entre eux a pu me donner des clés pour avancer et surmonter les autres. Chaque année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour, chaque heure et chaque seconde nous donnent de l’expérience. Chaque année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour, chaque heure et chaque seconde nous permettent de faire un pas de plus vers l’objectif que chacun de nous se fixe. Et cet objectif je l’ai atteint et vous l’atteindrez aussi. Peut-être pas demain, non. Sans doute pas même. Mais un jour, il sera là, entre vos mains.

    Une école … Votre école.

    Une classe … Votre classe.

    Des élèves … Vos élèves.

    Tous très différents de ce que j’imaginais … de ce que vous imaginiez.

    Des élèves tous très différents les uns des autres également.

    Comme disait Nelson Mandela :

    « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »

    Voilà, selon moi, quelle devrait être la devise de tout jeune enseignant. Certes, les postes qui vous sont ou vous seront attribués ne vous vendront pas toujours du rêve sur le papier. Certes ils vous feront peur et vous feront même pleurer parfois. Malgré tout, chacun d’eux saura vous faire avancer, progresser et devenir un meilleur enseignant et un professeur compétent.

    N’était-ce pas là votre rêve d’enfant finalement ?


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  • Remontée d'un article d'août 2018

     

    Voici un petit pense-bête que j'ai écrit cet été à la demande des équipes d'Etre prof et destiné aux enseignants débutants. Moins long que mon précédent article, celui-ci se veut vous proposer une démarche courte afin de tenter de prendre la rentrée dans la bonne direction et de démarrer l'année (un peu plus) sereinement !

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    Vous venez de recevoir votre avis de nomination ...

    Le poste obtenu est celui désiré ...

    Ou pas ...

    La peur, la tristesse, l'angoisse, la panique et d'autres sentiments peuvent alors s'emparer de vous.

    Mais vous voulez vous ressaisir !

    Il le faut !

    Ce métier c'est VOTRE rêve, VOTRE but, VOTRE projet professionnel !

    C'est même aussi, peut-être, ce qui a demandé beaucoup de sacrifices au sein de votre famille, pour vos parents, pour vous !

    Mais comment faire pour voir la vie en rose quand le rêve semble devenir cauchemar ?

    5 lettres peuvent vous aider à voir au-delà de la situation pour bien démarrer non seulement l'année mais également le métier : A.P.R.E.S. 

     

    A pour analyser

    Quand on reçoit son poste, il faut prendre du recul et trouver tous les points positifs qu’il nous apportera. Tout sert toujours ! Si cela vous est difficile, dites-vous que vous avez déjà une chance de plus que d’autres : vous avez réussi votre concours ! C’est déjà une chance en soi. Saisissez- là.

     

    P pour préparer

    Essayez, autant que possible, d’anticiper et de préparer votre travail sur l’année. Programmations, progressions … sont des documents qui demandent du temps certes, mais qui seront un réel appui pour vous, surtout au début. De plus, à l’ère du numérique et de l’internet, n’hésitez pas à regarder sur les blogs d’enseignants, tous plus inspirants les uns que les autres, qui vous permettront de trouver des documents d’appui, au moins le temps de prendre vos marques.

     

    R pour respirer

    Les premiers postes sont souvent attribués tard et même à la dernière minute. Il faut s’y préparer psychologiquement en amont afin d’être prêt à agir dans la précipitation. Pour cela, respirez ! Oxygénez votre corps et votre cerveau pour les préparer à affronter ces débuts compliqués.

     

    E pour échanger

    ... discuter, communiquer ! N’hésitez pas à aller à la rencontre de vos collègues, à leur demander de l’aide, des conseils. Ils ont été débutants aussi et ont connu les mêmes difficultés. Ils seront des soutiens précieux. Là encore, n’hésitez pas à trouver de l’aide auprès des communautés d’enseignants présentes sur les réseaux sociaux. Les enseignants qui s’y trouvent sont la plupart du temps animés par une envie de partages et d’échanges essentielle dans ce métier.

     

    S pour se faire confiance

    Ne doutez pas de vous ! A aucun moment ! Le chemin parcouru a été si long jusque-là, ne baissez pas les bras si près du but. Vous êtes parvenu jusqu’ici à force d’envie, de travail, de motivation, de vocation ou autre selon votre passé personnel. Poursuivez dans cette voie et ayez confiance en vos capacités !

     

    Ces 5 points vous permettront de faire face plus sereinement à aujourd'hui mais aussi à demain pour envisager l’APRES, qu’il soit proche ou lointain, sous un œil plus positif et serein. ;-)


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    Dernière mise à jour : juillet 2019

    Être MAT c'est accueillir dans sa classe des stagiaires en formation, les aider dans leurs débuts sur le terrain, écouter leurs interrogations et leurs inquiétudes pour y répondre et les aider à réussir au mieux le CRPE. Si je souhaite à tous les étudiants de réussir et d'obtenir leur CRPE, il est tout de même important de les informer que le rêve peut rapidement se transformer en cauchemar ...

    Devenir enseignant n'est pas chose aisée.

    L'être l'est encore moins !

    Surtout au début !

    Si j'adore mon métier-passion, je dois avouer que lors des premières années d'enseignement, il faut être prêt à faire face à certaines déceptions et à la réalité du métier : se voir attribuer un poste non-désiré, devoir travailler loin de chez soi, endosser des responsabilités auxquelles nous n'avions pas songé ...

    Les situations sont multiples et variées et l'aide pour les surmonter n'est pas toujours au rendez-vous selon les contextes.

    Afin de tenter d'aider au mieux les professeurs débutants à préparer leur première rentrée dans les conditions qui sont les leurs, la communauté "Etre Prof" a décidé de sortir un "Kit de survie pour les jeunes enseignants" (de la PES à la T3).

    Le kit de survie d'Etre Prof

    L'objectif de ce kit est de leur permettre de se rassurer et de s'outiller concrètement pour démarrer dans le métier en étant plus serein.

    Le kit permet de recevoir :

    10 ressources pour commencer à préparer sa rentrée. 

    Un mail par jour (à partir de la mi-août) contenant des ressources diverses, des inspirations, des outils, des témoignages ...

    La possibilité d'être tutoré pour avoir une aide individualisée et d'assister à des échanges en direct.

     

    Le kit de survie d'Etre Prof

    L'idée première est donc vraiment d'éviter aux jeunes enseignants de paniquer.

    Si vous êtes jeune enseignant, que vous avez peur de faire face à votre prochaine rentrée, si vous cherchez des idées, des outils, des témoignages ... et que ce kit vous intéresse, n'hésitez pas à vous rendre sur le site d'Etre Prof pour vous inscrire et profiter des ressources qu'ils peuvent mettre à votre disposition.

    Il vous aidera sans aucun doute à préparer votre rentrée et vous permettra surtout de vous détendre, d'avoir l'esprit plus tranquille afin de profiter pleinement des vacances qui débutent. ;-)

     


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  • Comme je vous en parlais déjà dans cet article, je me suis rendue début juillet à la journée des blogueuses des éditions Retz. L’occasion pour moi de retrouver Danièle Adad, rencontrée l'an dernier, qui présentait avec Pascal Bihannic leur ouvrage « Bien dans sa tête, bien dans sa classe ».

     

    Tout d'abord, il est important de préciser à quoi sert cet ouvrage ?

    La réponse est très simple : il permet de se sentir bien !

    Conçu comme un « livre dont je suis le héros », il permet au lecteur (l’enseignant) de prendre du recul sur son expérience professionnelle pour se recentrer sur lui-même grâce à différentes techniques.

    "En s'inspirant des techniques du développement personnel, l'ouvrage Bien dans sa tête, bien dans sa classe, propose un chemin original qui permet de puiser dans ses qualités intérieures et de mettre en œuvre des actions concrètes.

    Ce partage d'expériences s'appuie sur des notions théoriques, des astuces ou des exercices reliés à des situations réelles de classe impliquant les élèves, les collègues, les parents..."

    Petit clic sur l'image pour découvrir des extraits en textes et en images !

    Bien dans sa tête, bien dans sa classe

     

    Vous l’aurez compris, cet ouvrage n’est pas un ouvrage permettant de développer le bien-être auprès des élèves (quoi que ... rien n'est exclusif ;-)) mais en soi car, comme le disait Laure Reynaud dans son propre ouvrage,

    « tout chemin commence par soi » !

     

    En effet, pour que les élèves se sentent bien dans leur classe, il faut que l'enseignant se sente bien lui-même. D’abord dans sa tête, puis dans sa classe.

    Mais voilà ! Même si tonton Jean-Eudes dit le contraire le dimanche midi au repas de famille chez mamie Josette,

    être enseignant n'est pas un métier simple !

    (Si ça l'était, on ne serait n ulle part en pénurie de recrutement o:-))

     

    Peut-être pas physiquement certes, mais bien moralement et émotionnellement sans aucun doute possible !

     

    Pourquoi ?

    Parce qu’être enseignant c’est être chaque jour au contact de l’humain !

    Et l’humain c’est complexe parce que c’est "multiple".

    On fait face quotidiennement à de multiples personnes, personnalités, familles, envies, besoins, différences … Et on peut dire que c’est épuisant de tenter de "satisfaire" tout ce petit monde sans que cela n’influe sur nous.

    De l’extérieur, les gens peuvent se dire que ce ne sont que des "petites choses" et que « les profs ils exagèrent vraiment parce qu’avec toutes les vacances qu’ils ont, ils ont bie le temps de s’en remettre de tout ça. »

    Si c’était une fatigue physique, oui, sans doute aurions nous "suffisamment de temps" pour nous en remettre (et encore cela dépend de la « fatigue » en question ! ») mais le souci c’est que toutes ces "petites choses" ont (consciemment parfois mais le plus souvent inconsciemment) des effets sur nous, pas tant sur l'enseignant que sur l'être humain doté d'un sensibilité que nous sommes toutes et tous.

    Le sommaire suffit à mettre en lumière la démarche à suivre pour être « bien dans sa tête, bien dans sa classe » : faire le point sur soi avant de faire le nécessaire pour se sentir BIEN et pouvoir ensuite faire face aux situations délicates d'un point de vue émotionnel.

     

    Bien dans sa tête, bien dans sa classe

    L’ouvrage propose ainsi donc des tas de petits conseils et d’activités (écrites ou vidéos) permettant de faire un réel  travail sur soi.

    Certes nous sommes des enseignants et, par conséquent, des adultes responsables d'un groupe d’enfants mais nous ne pouvons pas non plus sacrifier notre bien-être personnel pour remplir cette mission.

    Si j’ai placé cet article dans la rubrique « MAT – Stagiaire ESPE - PES » ce n’est pas par erreur. C’est simplement parce que je pense vraiment que cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains et, surtout, entre celles des jeunes enseignants.

    Quand on débute, on arrive souvent dans notre première classe avec des rêves plein la tête, des tonnes d’idées et, aussi et surtout, de l'espoir à revendre. Malheureusement, nombreux sont les débutants qui font rapidement marche arrière face à une réalité bien plus dure qu'imaginée. Et rien n’est facilité quand, durant les premières années d’enseignement, on se retrouve « envoyé » sur des postes « dont personne ne veut » car ils sont dits « difficiles ».

    Dans ces conditions-là, faire face à la fois à la difficulté sociale des familles que l’on côtoie quotidiennement n’est pas sans conséquence sur notre état d'esprit. De la déception à la déprime ou la dépression, la frontière est parfois mince et sensible.

    Tout cela a un impact, qu'on le reconnaisse ou non et qu’on le veuille ou non, sur nous mais aussi sur les enfants dont nous avons la charge.

    Difficile pour un élève de venir en classe et de se lancer avec envie dans les apprentissages auprès d’un enseignant qui va mal car parasité pour trop d'éléments qui entachent son esprit.

     

    Que l'on soit débutant ou déjà expérimenté, n’oublions jamais que nous ne sommes pas seul face aux difficultés du quotidien professionnel. En parler est déjà un premier pas qui parcourt 7 lieues d'un coup. Nous trouverons toujours quelqu’un pour nous tendre une main secourable tout comme nous pouvons tendre notre propre main à d’autres, en d’autres circonstances, quand nous allons bien.

    Et si jamais en parler est vraiment trop difficile, nous pourrons toujours avancer en silence grâce à Danièle Adad et Pascal Bihannic.

    Bien dans sa tête, bien dans sa classe

    Sans avoir à leur en dire trop, ils nous guideront vers un meilleur niveau de bonheur et de bien-être grâce à leur vidéos et nous aiderons au travers de cet ouvrage tout en respectant chacune et chacun d'entre nous dans nos différences. ;-)

     

     

     

     

     

     

     


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  • Lorsque les stagiaires prennent ma classe pour passer de l'étudiant à l'enseignant, de mon côté je me place dans un rôle différent : celui de l'observatrice. Et ce rôle demande beaucoup de vigilance de la part du MAT ...

    Comme je l'expliquais dans ce diaporama, la mise en situation pratique des stagiaires se compose de deux phases distinctes mais néanmoins dépendantes.

    La phase d'analyse qui suit la séance menée par le stagiaire en classe ne peut être menée ni aboutie sans une observation réfléchie du MAT.

    Mais dans une séance de cours, il y a tellement de choses à observer que j'ai toujours peur de rater un élément qui pourrait être pertinent de discuter en analyse en oubliant de porter ma "vigilance" sur quelque chose.

    C'est pourquoi, au fil des stages et des échanges avec les stagiaires que j'ai reçu ces derniers mois, j'ai mis au point une grille d'observation à utiliser lors des temps d'observation. Je l'ai construite en la divisant sur plusieurs thèmes plus ou moins "chronologiques" dans l'observation (simplement pour facilité son utilisation en situation d'observation) :

    - L'accueil et la mise au travail des élèves (Partie très utile surtout quand le stagiaire prend la classe dès la sonnerie)

    - La gestion de classe en général et des élèves en particulier (parce que c'est indispensable au bon déroulement de la situation pratique)

    - La démarche pédagogique (déroulement de la séance, choix pédagogiques ...)

    - La différenciation et l'évaluation (Éléments importants de la formation auxquels les stagiaires doivent être sensibilisés le plus rapidement possible car ils y seront confrontés plus vite encore une fois le concours en poche)

    - La gestion des supports et du matériel (Ce thème est souvent difficile à observer car les stagiaires n'étant en classe que pour quelques jours, ils ne maitrisent pas tout les outils mis à disposition dans ma classe mais leur évocation lors de la phase d'analyse pourra leur permettre d'envisager des pistes d'améliorations ou leur donner des idées pour la suite de leur parcours)

    - L'analyse professionnelle (parce que c'est important, que l'on débute ou non d'ailleurs, de savoir prendre du recul sur sa pratique, de se montrer à l'écoute des conseils ...).

    Oui ! Comme d'habitude, j'y ai mis plein de couleurs. Cela m'aide à me repérer ... et à me comprendre aussi parfois ! ;-p

    Ces différents thèmes sont présentés dans des tableaux et déclinés par des sous-titres proposant une prise de notes ...

    des points d'appuis (les éléments positifs sur lesquels le stagiaires pourra s'appuyer à l'avenir),

    des points à améliorer (éléments qui demanderont au stagiaire une réflexion pour pouvoir évoluer et s'améliorer)

    et des suggestions (que le MAT pourra proposer dans le cas ou le stagiaire ne saurait pas quoi mettre en place à l'avenir pour faire évoluer sa pratique, non pas par manque de volonté mais plutôt par manque d'expérience et de pratique de terrain souvent).

    Je sais que d'autres collègues MAT n'utilisent pas de grille d'observation et prennent des notes au fur et à mesure de l'observation, sur le vif.

    Comme je le dis toujours, chacun est différent et à sa propre façon de fonctionner. ;-)

    Cette grille m'est personnellement devenue indispensable car, ayant toujours mille choses en tête non seulement pour ma classe mais aussi pour ma vie familiale, j'ai souvent peur d'oublier d'évoquer certains éléments avec le stagiaire en phase d'analyse.J'ai ainsi devant moi l'ensemble des points sur lesquels je dois porter mon attention lors des situations pratiques.
    De plus, cette grille m'évite de tomber dans un travers que je redoute : laisser "l'affect" prendre le dessus.Notre métier étant fortement lié à "l'humain" avec nos élèves, il en est de même pour la fonction de MAT.L'enseignant d'accueil doit, comme face à ses élèves, adapter sa posture à celui qu'il reçoit sans pour autant "minimiser" des erreurs qui pourraient pénaliser la suite du parcours de formation de l'étudiant.
    L'IUFM ce n'est pas encore si loin pour moi, le stress causé par les séances observées non plus, les erreurs de débutant encore moins ...  Je me rappelle encore très bien de tout cela et parvient à m'identifier aux stagiaires sans trop de peine. Cela m'aide à comprendre leur logique, leurs difficultés ...Mais pour combien de temps ? Je me questionne énormément sur cet aspect de mon rôle de MAT. Si je parviens à les comprendre aisément, c'est aussi et surtout parce que je suis encore "jeune" dans le métier (10 ans c'est très peu sur une vie d'actif ! Pour moi en tous cas. Y croire me plait en tous cas ... Parce que ça m'arrange ! ;-) ).Qu'en sera-t-il dans 10, 15, ou même juste 5 ans ? Quand la formation aura changé, que je n'aurais pas vécu le même parcours que les stagiaires ... (Ce qui est d'ailleurs déjà un peu le cas aujourd'hui ...)Quand l'écart d'âge sera plus grand et le "fossé générationnel" plus important ...
    Quand, par "trop" d'expérience, j'aurais oublié ce que c'est que de débuter, d'apprendre, de faire des erreurs qui semblent facilement évitables ...

    Comment agirais-je avec les stagiaires ? Est-ce que j'arriverai toujours à analyser avec autant de "compréhension" ?
     
    Je me pose en fait ces mêmes questions sur bien d'autres sujets, dont la classe flexible. Qu'en sera-t-il de ce fonctionnement quand j'aurais pris de l'âge ? Quand mon corps ou ma santé ne suivra plus les minutes assises au sol ou à genoux ? Aurais-je encore la motivation, l'envie et le courage de travailler ainsi ?
    N'oublions pas que, même la personne la plus motivée ne peut résister aux effets du temps sur elle-même. 


    Je me console en me disant que, me poser ces questions dès maintenant, me permettra certainement d'y faire face plus facilement et d'y trouver des réponses les moins radicales possibles dans l'avenir ... L'avenir me le dira.

    Cette grille est donc aussi un moyen d'envisager, avec beaucoup d'anticipation, les "failles" qui seront les
    miennes plus tard. ;-)

     

    J'imprimerai désormais cette grille non plus sur des feuilles A4 comme ces derniers temps mais sur une feuille A3 pour plus de facilité d'utilisation.

    J'aurais ainsi tout sous les yeux au moment de l'observation. Avoir une seule feuille à gérer, c'est gagner du temps. Ce format me permettra aussi de transmettre ensuite à mes stagiaire un petit "dossier" résumant leur pratique. Ils pourront y glisser les documents créés pour la fiche de préparation, les supports des élèves ...

    Ils auront ainsi une vision de l'avant-séance (avec les outils soumis à observation et analyse) et de l'après-séance (avec le compte-rendu des séance et le bilan des améliorations possibles suite à l'échange stagiaire-MAT).

    Voici à quoi ressemble cette grille une fois imprimée sur une feuille A3 ...

    Fiche d'observation de pratiqueFiche d'observation de pratiqueFiche d'observation de pratique

     

    Et voilà la version imprimable de cette "petite" grille (;-p)

     

    Fiche d'observation de pratique

    J'espère qu'elle pourra aider, inspirer ou servir aux collègues qui avaient demandé à y jeter un œil. Elle a déjà beaucoup évolué au cours des stages observés et de mes réflexions sur le sujet. Elle risque de changer encore (Car je continuerai d'apprendre encore moi aussi en observant les étudiants que j'accueillerai ;-) et je mettrai le document à jour pour vous au fur et à mesure des modifications.

    Si vous avez déjà des idées pour m'aider à l'améliorer, n'hésitez pas à me les faire remonter. Si deux têtes valent mieux qu'une, à nous tous on devrait pouvoir faire quelque chose de top non ? ;-)

     

     


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