• Comme je vous en parlais un peu cet été dans cet article, mon projet annuel 2019-2020 est une correspondance scolaire avec la classe de mon amie @maitressefo7. Le projet a ainsi démarré en septembre et, s'il est déjà riche et motivant, il promet de l'être encore plus à l'avenir, tant pour les élèves que pour les maîtresses ;-). Voici un petit détail de son déroulement (qui sera mis à jour au fur et à mesure de l'année comme ça je suis certaine de ne rien oublier entre temps. ;-))

    Comment correspondre ?

    Dès le départ, quand nous évoquions l'idée de faire correspondre nos classe, ma collègue et moi avions convenu de varier les moyens de communication afin de permettre de travailler non seulement les compétences en lien avec la lecture et l'écriture mais aussi des compétences d'autres domaines d'enseignement tels que QLM, Arts visuels, langage oral, informatique ...

    Deux modes d'échanges principaux se côtoient ainsi, alternativement, durant notre projet :

    - des échanges écrits par envois de lettres (qui mêlent à la fois des temps d'écriture collective et de la production d'écrits individuels)

    - des échanges vidéos par Webcam pour permettre aux enfants de pouvoir se rencontrer et échanger en direct sur des thèmes déterminés.

    Ce deuxième modes d'échanges nous semble aujourd'hui plus qu'indispensables pour donner du sens à ce projet. Nous souhaitions initialement que nos classes se rencontrent sur Paris en mai 2020 pour que les enfants fassent connaissance et passent quelques jours ensemble. Malheureusement, pour des raisons diverses, cela ne sera finalement pas possible. Les échanges vidéos nous permettront alors de pouvoir les faire se rencontrer d'une autre manière. #viveleXXIemesiecle

     Je souhaite vous faire part ici de quelque chose que j'avais déjà pu constater dans le projet Epopia l'an passé :

    la correspondance dope la motivation des élèves !

    Dès que j'évoque les correspondants ou une activité en lien avec ce projet, je sais que je dispose de l'attention pleine et entière de tous (ce qui se fait rare dans les classes au fil des années pourtant) tant ils sont impatients d'écrire, de partager et d'échanger.

    Et, chose plus surprenante encore, avant que je n'évoque la possibilité d'échanger par webcam, je fus surprise car aucun élève n'avait pensé à cette possibilité d'échange AVANT alors même qu'il savent que cela existe, que certains prennent d'ailleurs des nouvelles de leur famille vivant à l'étranger par ce biais qui est pourtant devenu "reflèxe" parfois tellement il est un moyen rapide de communiquer. AUCUN n'y avait pensé alors que quasiment TOUS savent maîtriser un smartphone, une tablette, etc ...

    Leur réaction face à l'annonce d'un échange par webcam m'a également beaucoup plu : "Mais on leur fera encore des lettres après maitresse hein ? - Oui oui, bien sûr ! - Ah Ouf !"

    Je pense donc (j'en suis ravie et continue de l'espèrer aussi fortement !) que, malgré tout ce que l'on peut croire (et redouter aussi comme c'est mon cas) l'écrit n'est pas encore prêt à être détrôner par la technologie. ;-)

    Le démarrage du projet

     

    Début septembre, j'ai proposé à mes élèves d'échanger avec la classe de CP d'une de mes amies qui se trouve à l'autre bout de la France, dans la région de Bordeaux. L'idée leur a tout de suite beaucoup plu et nous avons ainsi très vite écrit (collectivement, lors de séances de production d'écrits) une lettre dans laquelle nous nous présentions et demandions à nos destinataires s'ils seraient d'accord de nous répondre et d'échanger avec nous pour partager notre quotidien de classe, nos traditions locales, etc ...

    Dans cette même lettre, l'idée est venue aux élèves d'envoyer un jeu de type memory avec leurs photos et leurs prénoms constitué des étiquettes d'appel de notre classe. Ainsi les élèves de Maitresse Fo7 pourraient s'amuser à retrouver "Qui est Qui ?" grâce aux cartes recto-verso.

    Chaque élève a donc préparé sa photo et écrit au dos "Bonjour, je m'appelle Truc Machin Chose". (Mais ils ont mis leur vrai prénom en vérité hein ... Pas "Truc Machin Chose" ... Parce que, Dieu merci, personne ne s'appelle comme ça ... J'espère !)

    Une année de correspondance en CP

    La lettre est partie et nous avons patienter deux semaines avant de recevoir réponse.

    Les échanges au fil de l'année

    Dans leur réponse, nos correspondants acceptaient notre demande ! Youpi !! En plus d'y joindre à leur tour un jeu de Memory de leur visage et de leur prénom, ils nous disaient dans une lettre le notre.

    Une année de correspondance en CP

    Ils nous présentaient leur salle de classe et parlaient d'un évènement de classe qu'ils avaient particulièrement apprécié : La semaine du goût. Ils avaient pu découvrir le kaki, les cranberries, le coing, l'abricot palmier, la grenade ...

    Ils avaient joint à leur courrier des petites cartes : certaines présentaient un fruit (goûté lors de la Semaine du goût évidemment), d'autres présentaient un arbre. Nous avons ainsi été mis au défi de réaliser la même activité que nos camarades du Sud-Ouest pour découvrir ces fruits inconnus et retrouver leur arbre.

    Non seulement les élèves ont relevé ce défi avec joie mais, en plus, ils ont réussi à associer chaque fruit à son arbre lors d'une séance de lecture/vocabulaire dédiée.

    Une année de correspondance en CP

    Nous avons ensuite raconté cette aventure de "goûteurs et goûteuses" dans un courrier réponse (à nouveau en travail collectif) et, maintenant que les correspondants connaissaient notre groupe-classe, le nom et le visage de chacun, les élèves ont réalisé, en production d'écrits, un flipbook pour se présenter personnellement et individuellement.

    Une année de correspondance en CP

    Mais cela ne suffisait pas aux enfants car (comme je le disais plus haut) dans leur courrier, nos correspondants parlaient de leur salle de classe et de tous les éléments qui faisaient qu'elle est, pour eux, la plus belle du monde.


    Un élève a alors dit "Ce serait tellement bien de pouvoir leur montrer la nôtre ! Elle est belle aussi !".

    L'idée de ressortir le plan de classe, fruit de la séquence de QLM sur l'espace-classe, est venue aux élèves.

    Certains ont évoqué l'idée de mettre des photos de la salle dans le courrier pour que cela soit plus "visuel" tandis que d'autres ont pensé que des vidéos seraient plus pertinentes pour faire une visite vraiment complète. Cette proposition l'a emporté lors du vote. Nous allions devoir faire des petits films. OK ! Mais comment les leur envoyer dans un courrier ?


    "Ben ... C'est facile ! On pourrait mettre des QR codes comme dans nos fiches de lecture !".

    L'idée a de suite été validée par tous ! Mais le plus dur restait à venir.

    Faire des vidéos, oui ! Mais de quoi ?


    Après discussions, les élèves ont voté pour 9 espaces qu'ils souhaitaient présenter à leurs nouveaux amis.

    Mais il y avait un problème ... Les lieux choisis par les enfants ne se trouvaient pas tous dans la classe et donc pas tous repérables sur le plan réalisé en QLM ! Ils se répartissaient au sein de l'école que nous n'avions transformé en plan.

    "Ben c'est pas grave hein !! On dessine le reste !"

    Alors c'est parti ! HOP ! On a sorti le PC, le vidéoprojecteur et on a ajouté les éléments nécessaires autour du plan de notre classe pour que tous les espaces puissent apparaître dans notre livret "visite guidée de notre classe" !

    Une année de correspondance en CP


    Nous avons également déterminer l'ordre des vidéos, insérer et modifier des pictogrammes pour indiquer les espaces dans les plans, établi des groupes d'élèves pour répartir le tournage des vidéos, ... afin qu'il n'y ait plus qu'à mettre nos idées au clair et filmer ... après les vacances ! Et oui car il nous était impossible de boucler ce "mini-projet dans le grand projet" (quoi que colossal quand même !) avant notre départ.

    Lors de la semaine de reprise, les élèves ont donc préparé une "liste d'informations essentielles" à partager aux correspondants sur les différents lieux avant de se lancer pleinement dans le tournage des capsules.

    Chaque vidéo a ensuite été (par mes soins uniquement et grâce à la formation à distance de ma chère Maitresse Sev <3) associée à un QR code. L'ensemble des ces QR codes a été ajouté aux plans de la classe et de l'école dans le livret que nous avions démarré avant les vacances.

    Un an de correspondance interclasses

     

    Pour avoir un aperçu du rendu final de notre "Visite guidée à distance", cliquez sur l'image ci-dessous. ;-)

    Une année de correspondance en CP

    Une fois ce (gros) travail terminé, il ne nous restait "plus qu'à" terminer notre courrier dans lequel nous proposions à nos camarades de l'Ouest d'échanger avec nous par webcam début décembre, à l'occasion de la Fête de la Saint Nicolas, tradition locale très importante dans notre Nord-Est chéri mais inconnue dans le reste du pays. Une nouvelle occasion d'échanger et d'élargir les horizons et les connaissances de chacun. ;-)

    Les enfants croisent à présent les doigts dans l'attente de prochain courrier ... ou de leur appel vidéo. ;-)

     

    La suite au prochain épisode ;-p


    votre commentaire
  • Cet été, on m'a proposé de participer à un projet de mise en ligne d'un site proposant des activités en lien avec les programmes et basées sur des courts-métrages : la plateforme "Films pour enfants".

    L'association « Films pour enfants », en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, le Réseau Canopé et le CNC, a mis en ligne une plateforme proposant aux enseignants du primaire l'accès par abonnement à des courts-métrages d’animation, tous accompagnés d’activités pédagogiques pour aborder certains points des programmes.

    Les activités proposées sur le site ont ainsi été créées par des enseignants.

    J'ai ainsi eu la possibilité de participer à ce projet en créant 5 fiches d'activités pour les 5 courts-métrages suivants :

    Films pour enfantsFilms pour enfantsFilms pour enfants

    Films pour enfantsFilms pour enfants


    Si vous souhaitez profiter des ressources de cette plateforme, rien de plus simple !

    Rendez-vous sur plateforme.films-pour-enfants.com

    Films pour enfants

     

    Films pour enfants

    Belle découverte et bon visionnage à toutes et tous !


    votre commentaire
  •  

      "Enseigner en classe flexible", du partage version papier   ET  "Enseigner en classe flexible", du partage version papier

    Avec ma collègue Un tour en ULIS, nous lançons cette année nos classes dans un projet commun : Le marché de connaissances.

    Qu'est-ce qu'un marché de connaissances ?

    C'est un projet mis en oeuvre dans la pédagogie Freinet qui fonctionne sur l'idée que

    "Personne ne sait tout, mais tout le monde sait quelque chose".

    Nous avons ainsi tous à apprendre de l'autre. Adultes ET enfants !

    Le marché de connaissances est ainsi un lieu d'échange de savoirs, où chacun est, tour à tour :

    - Vendeur de connaissances présentant sa connaissance, aidant son client, évaluant sa réussite

    - Acheteur de connaissances cherchant parmi les stands proposés pour acquérir une connaissance qu'il aura choisie.

     

    La relation entre les élèves (et même avec l'enseignant d'ailleurs !) change totalement car chacun devient dispenseur d'un apprentissage, en partageant ses connaissances et en aidant les autres à faire de nouvelles découvertes.
     
    Ayant personnellement pu découvrir ce projet dans une école où j'avais mené un remplacement long il y a quelques années, j'ai répondu positivement sans aucune hésitation à ma collègue Un Tour en ULIS quand elle m'a proposé de lancer nos deux classes dans ce projet. ;-)

     

    Le premier marché de connaissances de l'année scolaire se déroulera dans quelques jours maintenant et les élèves volontaires pour passer en premier ont déjà rempli leur "fiche de préparation de stand" avec notre aide et préparé le déroulement de leur atelier.

    Vous trouverez dans l'image ci-dessous tous les documents qui nous ont été utiles pour démarrer notre marché de connaissances.

    Ils sont la synthèse de plusieurs documents vus au cours de nos années d'enseignements, d'autres trouvés sur internet et d'adaptations nécessaires selon nous pour qu'ils puissent être accessibles à nos élèves non-lecteurs et/ou à besoins éducatifs particuliers.

    Le marché de connaissances

    Pour plus de détails sur les étapes de mise en œuvre du marché de connaissances, je vous conseille le site de l'ICEM-Pédagogie Freinet, très complet et dont nous avons suivi les nombreux conseils. ;-)

     logo

    Nous espérons que cela pourra vous aider, vous servir ou vous inspirer. ;-)


    7 commentaires
  • Comme vous avez déjà pu le lire dans cet article, j'ai réalisé cette année un projet d'écritureS principalement basé sur les courriers d'Epopia. Comme vous avez été nombreux et nombreuses à m'écrire pour connaître mon retour spécifique sur cette aventure, je prends le temps de rédiger un article dédié uniquement aux échanges avec Epopia, hors du contexte de projet annuel qui était le mien, en espérant que cela pourra vous permettre d'y voir plus clair.

     

    Si vous vous lancez dans un projet avec Epopia, voici déjà les éléments principaux à connaître.

    Epopia n'impose rien,

    vous pouvez créer l'aventure que vous souhaiter en fonction de votre projet, de votre budget et selon ces propositions :

    Bilan d'une année avec Epopia

    Pour ma part, comme je souhaitais mener un projet sur l'année, j'ai opté pour l'offre avec 6 envois qui était complète sans être exclusive :

    En effet, durant l'année, je n'ai pas fait QUE de l'écriture en lien avec Epopia. Nous avons mené différentes activités et projets de production d'écrits à côté sans pour autant délaisser cette aventure de départ. Je m'organisais simplement pour "bloquer" certains créneaux de travail sur une semaine à l'arrivée de chaque courrier.

    Un point qui me posait question en me lançant dans cette aventure a été :

    "Comment vais-je faire pour anticiper et préparer mes séances de production d'écrits si je découvre les supports de travail en même temps que les élèves ?"

    Mais Epopia a pensé à tout !

    En tant qu'enseignant de la classe, nous disposons d'un accès à espace personnel dans lequel il est possible d'accéder à tous les courriers dès leur envoi. Ainsi, je peux lire les courriers des personnages grâce à internet, quelques jours avant qu'ils n'arrivent dans la boîte aux lettres de l'école. Je peux ainsi anticiper mes séances, préparer les réflexions à mener pour guider mes élèves lors des votes et des débats en EMC tout en préservant la magie de la découverte de l'enveloppe et des courriers. (Je peux ainsi me concentrer sur ma performance théâtrale en travaillant mes expressions de suspense et de surprise pour les prochains Oscars de la pédagogie. ;-p)

    Voici un petit aperçu en images de l'espace réservé à l'enseignant ...

    La correspondance EPOPIA

     

    La correspondance EPOPIA

    De même, il est possible de déposer les courriers sous format numérique dans ce même espace afin de gagner du temps dans l'échange des courriers et de réduire les frais d'envois.

    Avec mes élèves nous avons ainsi réalisé le premier courrier que nous avons déposé à la Poste sous enveloppe cachetée par nos soins. Pour les envois suivants, nous préparions l'enveloppe et je me chargeai de l'envoi : l'enveloppe était mise dans mon sac à main afin d'être conduite à la Poste après la classe mais la réponse des élèves était en fait envoyée aux équipes d'Epopia par voie numérique (oui parce que se rendre à 25 à la Poste pour envoyer une lettre, 6 fois dans l'année, c'est quand même un peu compliqué niveau logistique ...).

    Un point non-négligeable est que chaque envoi contient également une fiche-réponses qui permet de synthétiser les questions auxquelles les enfants vont devoir répondre. Comme ça, si un jour nous étions pris par le temps parce qu'on ne peut pas toujours tout anticiper et tout faire, cette petite fiche-réponse permet de "sauver les meubles" et de rédiger une réponse rapide qui assouvit l'envie des enfants.

    Epopia n'a pas été une activité EN PLUS du programme mais un support qui permettait de les mettre en œuvre.

    J’ai pensé Epopia comme un moyen d’avancer dans le programme du CP de façon ludique. L’aventure a trouvé sa place dans mes programmations annuelles et dans les différentes disciplines en lien avec elle. Cela n’a donc pas été une source de travail supplémentaire qui s’est ajouté à un programme déjà très chargé mais, au contraire, comme une source pertinente d’activités développant de nombreuses compétences des programmes et du socle. Epopia s’est donc totalement intégré à ma pratique de classe et aux attendus de fin de CP et du socle commun.

     

    Bilan d'une année avec Epopia

    Le CP est un niveau de classe faisant partie du cycle 2 aussi connu sous le nom de "cycle des apprentissages fondamentaux". Le premier de ces apprentissages (et enjeux !) est la lecture. Lire est une activité complexe qui se compose de nombreuses compétences différentes allant du décodage à la fluence en passant par la compréhension.

    Avec l’aventure Epopia, les élèves ont été plongés dans la nécessité de la lecture-compréhension. Si l’automatisation ne fait pas partie du projet de départ, elle peut y être rattaché en prenant les mots ou phrases des lettres comme support d’apprentissages. En lisant les lettres, les élèves sont amenés à analyser le texte pour comprendre la situation et argumenter pour trouver comment se sortir de la situation.

     C’est une fois la lettre lue que le deuxième enjeu du cycle 2 peut se développer de façon active : le respect d’autrui. En effet, la lettre ne s’adresse pas à un seul élève mais à une classe. L’EMC est donc une discipline qui a une place essentielle dans l’aventure Epopia : débat, discussion, confrontation des points de vue, vote … sont autant d’activités à pratiquer en classe et qui résonne dans la tête et le cœur des élèves qui font rapidement le parallèle avec la « vie d’adulte ». La classe devient donc plus que jamais un microcosme de la société qui attend les élèves à la fin de leur parcours scolaire.

     

    Le projet Epopia a été facile à mettre en place, même (surtout !) en CP alors que les méthodes de lecture occupent une grande partie de l’emploi du temps.

    Pour le mener il suffit de prévoir les différents temps d’exploitation dans son emploi du temps :   

    - penser le projet comme une lecture suivie permet d’inscrire Epopia sur le créneau de littérature/compréhension

    J’ai également choisi d’aller plus loin que la simple correspondance avec le projet Epopia. Mes élèves ont ainsi dû passer des lettres à la narration en écrivant le livre des aventures de leur Royaume. En parallèle des courriers, les élèves sont ainsi devenus des conseillers royaux auteurs et illustrateurs. Leur livre a été crée en version papier grâce à Mon Livre Calamagui et en version numérique grâce à Pit&Pit. Cette dernière version a permis de développer, au-delà des compétences du langage écrit, celle du langage animé. Les illustrations figées du livre sont devenues des animations entièrement pensées par les élèves et permettant d’offrir un autre moyen de compréhension.

    -          Pour les réponses aux lettres, je coupais les séances sur deux disciplines distinctes :

    o   EMC : pour débattre et déterminer les réponses à envoyer

    o   Production d’écrits : pour rédiger le courrier (collectivement ou en groupes au CP puis de plus en plus individuellement pour les grandes classes avant une mise en commun par l’enseignant par exemple)

    Epopia a permis à mes élèves d’avoir envie de lire mais aussi et surtout de « créer du lien ». La lecture et l’écriture sont deux éléments indissociables. L’un ne peut pas aller sans l’autre et c’est ce que les élèves doivent saisir le plus vite possible pour entrer dans les apprentissages avec intérêt. Lors des temps de lecture-phonologie et d’étude de sons, les élèves proposaient ainsi des mots de vocabulaire lus dans les lettres. En production d’écrits, ils n’avaient plus peur de laisser aller leur imagination en proposant des sorts ou des formules magiques inventées.

    Epopia ne remplace pas une progression d’apprentissage de la lecture mais met en place les conditions nécessaires pour lier le lire et l’écrire. L’intérêt de ses activités est, a été et restera toujours la communication. Même à l’ère du numérique et des vidéos ou l’image a une valeur forte, l’écrit ne perd pas de son utilité. Il est indispensable de savoir lire et écrire aujourd’hui et Epopia permet de le mettre en avant.

    Mais Epopia a aussi des "effets secondaires" incroyables !

    Ce que j'ai déjà pu apprécier depuis le début de cette correspondance c'est l'effet fédérateur qu'elle a sur les élèves. Si, au départ, il a été difficile pour eux de réfléchir ENSEMBLE et décider ENSEMBLE des décisions à prendre ils se sont rendus compte que leurs choix avaient des conséquences, qu'on ne peut pas prendre de décisions "à la légère", juste parce que cela nous chante. Chacun d'eux est conseiller royal à part entière ce qui implique que chacun d'eux a son mot à dire. Ainsi, il a été nécessaire de mettre en place un système de vote pour prendre les décisions, le choix de la majorité devant être respecté.

    Et oui ! Avec Epopia, les élèves deviennent de vrais petits citoyens en herbe !

    De plus, les élèves ont pu constater que le fait d'être plusieurs à gouverner et à prendre des décisions, cela permet de discuter, de confronter les idées et les points de vue, de découvrir des éléments auxquels nous n'aurions pas pensé personnellement. Cette expérience permet à mes élèves d'être plus à l'écoute de leurs camarades ce qui, dans des contextes de classe un peu difficile, où les relations entre élèves peuvent parfois être tendues pour diverses raisons, l'aventure Epopia peut offrir un solution de "repli" permettant aux élèves d'entrer dans la résolution de conflits, dans l'empathie ... de manière détournée, en centrant la réflexion sur des problèmes extérieurs à la classe mais qui pourront servir de base pour une transposition future au quotidien des élèves.

    Alors, oui, à me lire vous devez vous dire que je n'ai rien à reprocher à Epopia. Et pourtant ! ;-p

    Ils ne sont pas nombreux mais j'ai pu repérer quelques petites ombres au tableau :

    Tout d'abord, la longueur du texte : en CP et même en CE1, il est impossible pour les élèves de découvrir les lettres en autonomie. La lecture a donc très souvent été faite collectivement parce que la taille du texte faisait peur aux élèves.

    Un autre point qui est à la fois positif et négatif, c'est le fait que chaque envoi contienne trois lettres de trois personnages différents. Cela permettait aux élèves de voir trois types d'écritures différents car chaque personnage a son "petit caractère" spécifiques et sa propre manière de parler ce qui permet également de mener une première approche des différents registres de langage et d'ouvrir leurs horizons. Là où il s'est avéré parfois problématique c'est que chaque personnage donnait des informations différentes sur un même évènement : l'un parlait du début, l'autre de la fin, etc ... Il fallait donc recouper les informations pour bien saisir le sens de ce qui était raconté, tout remettre ensemble pour avoir la trame complète de l'événement avant de pouvoir en discuter.

    Les courriers contenaient aussi des exercices d'arts visuels proposés par le chevalier Mordau. Ces activités étaient toutes toutes géniales car elles permettaient de construire pour chaque enfant, au fil des courrier, une armure ! Mais voilà, une armure entière par élève à l'échelle d'une classe c'était juste ingérable et je 'ai personnellement pas réussi à mener toutes les activités proposées avec les élèves.

     Mais, tous ces points un peu sombres ne seront bientôt plus d'actualité ... ;-)

    J'ai pu leur soumettre mes remarques il y a quelques semaines et je peux vous dire que l'équipe d'Epopia est réellement à l'écoute de l'avis des enseignants ! En effet, quelques jours plus tard, j'ai reçu un mail avec des propositions d'idées prenant en compte les remarques dont je leur avait fait part afin de tenter d'adapter encore plus les aventures Epopia au milieu scolaire et à la différenciation au sein des classe.

    Et ces idées sont justes TO-PIS-SI-MES !!!!

    Bref, je ne peux vous en dire plus sans risquer de SPOILER les belles nouvelles qu'à Epopia vous prépare donc je vais m'arrêter là et vous laisser en suspens ... lol

    Pour ma part, si je devais résumer Epopia en seul mot ce serait "Motivation". Ce projet en a suscité énormément dans ma classe et cela dès la première lettre ! Le fait de devoir débattre, réfléchir ensemble, voter pour prendre des décisions ... tout cela a permis de créer une réelle cohésion de groupe et c'est ce qui a donné de la force et de la motivation aux plus réservés et aux moins enjoués.

    Le meilleur témoignage de la motivation qu'à engendré Epopia a été l'effet de la dernière lettre du Royaume sur les élèves. Quand j'ai eu fini de lire cette dernière lettre aux enfants, qu'ils ont compris que c'était la fin de l'aventure et qu'ils ne recevraient donc plus de courrier de Bellegadar, Grougui et Mordau, la moitié de la classe est partie en sanglots. C'était un réel drame pour eux ! Ils se consolaient les uns les autres, me demandaient si c'était vraiment sûr et certain qu'ils ne pouvaient recevoir de nouvelles d'Uniona, etc ...

    C'est quand tout est fini qu'on comprend à quel point cela a compté.

    Pour mes élèves, c'est pareil ! Ils avaient réellement adoré ce projet, peut-être même sans s'en rendre compte. Mis à la fin, ils ont compris l’importance qu'il avait pour eux. Et cela se voyait ! (si bien que maitresse y est allée de sa larmichette ... mais ça reste entre nous hein ?!)

     

    Donc si un jour vous avez la possibilité de vous lancer dans l'aventure Epopia, je n'aurais qu'un seule conseil à vous donner :

    FONCEZ !!

     


    9 commentaires
  • J'ai choisi de regrouper dans un seul article trèèès long tous ceux liés au projet annuel 2018-2019 "Ecrire un livre dont nous sommes les héros", des prémices à l'issue finale que fut l'impression du livre. Courage à ceux qui se lance d'un coup dans cet article qui, je l'espère, vous permettra d'y voir plus clair dans ce projet colossal qui fut le nôtre cette année et, pourquoi pas, vous donnera l'envie de vous lancer dans un projet similaire ! ;-)

     

    Notre projet d'écritureS au CP

     Un gros indice sur l'ampleur de ce projet dans le titre.

    Le S majuscule n'est pas là par hasard. Il permet de mettre un point d'honneur à tous les travaux d'écriture qui ont permis la réalisation de ce projet :

    - l'écriture de courriers-réponses

    - le résumé des aventures vécues au travers des courriers

    - le passage de l'ensemble en texte narratif ...

    Autant d'activités d'écriture diverses, variées et intenses qui ont permis de confronter mes élèves à toutes les fonctions de l'écrit.

    Entrons maintenant, étape par étape dans le vif du sujet : le déroulement du projet au fil de l'année.

     

     

    1. La correspondance Epopia

    Comme je vous l'avez peut-être déjà lu dans cet article, le projet annuel de ma classe repose sur une correspondance entre mes élèves et les habitants du royaume (imaginaire) qu'ils gouvernent.

    Cette année, j'ai lancé ma classe dans un gros projet ayant pour finalité de faire écrire à mes élèves un livre dont ils seraient les héros. Ce projet se base sur les aventures qu'ils vivront au travers d'une correspondance menée grâce à l'équipe d'Epopia.

     

    EPOPIA qu'est-ce c'est ?

    Epopia c'est une équipe d'auteurs et d'illustrateurs qui mettent tout en œuvre pour faire vivre aux enfants une expérience unique ! C'est encore eux qui vous en parleront le mieux juste ici ...

    Si l'idée de départ était de faire une correspondance individuelle, Epopia a également élaboré depuis 2 ans des kits "école" qui permettent de tenter l'aventure avec une classe entière.

    Ainsi, un jour, mes élèves ont découvert dans la classe un courrier tout particulier envoyé par les habitants d'un royaume lointain : UNIONA.

    Ils ont alors été investi d'un rôle central et sont devenus rois et reines de ce Royaume. Les personnages qui y vivent requièrent leur aide.

    Les trois personnages avec qui ma classe échange sont :

    La correspondance EPOPIA

    Dans leurs courriers, ils décrivent les événements qui se passent dans le royaume, les problèmes rencontrés, posent des questions aux souverains qui doivent alors prendre des décisions, réaliser des activités, résoudre des énigmes ... auxquelles il faut répondre par écrit, après consultation de tous, pour faire part des décisions.

    La suite de l’aventure dépend donc uniquement de ce que les élèves décident de faire et choisissent d'écrire !

    Bref, avec Epopia, on lit, on se concerte, on réfléchit, on décide, on écrit et on vit une même aventure, TOUS ENSEMBLE !

     

    Afin de vous permettre de mieux vous rendre compte de ce que nous vivons à travers l'aventure Epopia "Notre royaume", voici un petit exemple du contenu des courriers :

     

    Envoi n°1 :

    3 lettres (Grougui, Bellegadar, Mordau)

    La carte du royaume à compléter

    4 étiquettes pour la carte du royaume

    Une fiche-réponse

    Un cadeau par enfant : une couronne

    La correspondance EPOPIA

     

     

    Envoi n°2 :

    3 lettres (Grougui, Bellegadar, Mordau)

    1 étiquette pour la carte du royaume

    Une fiche-réponse

    Un cadeau par enfant : un bracelet à grelot

    La correspondance EPOPIA

    A chaque courrier, les élèves se réunissaient pour décider des réponses à envoyer au Royaume : en EMC, on votait les décisions, on répartissait les rôles (tel groupe répond à untel, tel groupe à untelle ...) puis en production d'écrits (collective en début d'année puis de plus en plus individuelle avec mise en commun) les élèves rédigaient les réponses.

    Voici la première lettre réalisée par la classe en collectif.

    La correspondance EPOPIA

    Au fil de l'année, j'ai décidé de conserver dans un dossier spécifique, sur mon ordinateur personnel, tous les courriers reçus et envoyés par ma classe (que je pouvais télécharger sur mon compte Epopia) afin de les transmettre, en fin d'année, à chacun de mes élèves sur clé USB.

    Ils ont ainsi tous garder chacun l'ensemble des échanges menés au cours de cette aventure épistolaire et pourront les partager avec leur famille et les relire quand ils le voudront !

    Mais répondre à des courriers ce n'est pas suffisant pour écrire un livre. Il faut d'abord passer de la lettre au récit narratif pour parvenir à produire un texte adapté au format "livre". C'est la deuxième étape du projet ...

     Rendez-vous sur le blog d'Epopia pour découvrir mon interview ainsi que celle des partenaires de ce projet colossal sans qui rien n'aurait été possible ...

    Notre projet d'écritureS au CP

     

     

    2. Le livre numérique interactif par Pit&Pit

    Tout comme l'écrit, le numérique a une place importante dans le projet annuel mené cette année avec ma classe. Je vous parlais déjà de ce projet ici et, dans ce nouvel article, je vais prendre le temps de détailler un peu plus l'organisation qui a été mise en place en classe pour transformer l'aventure épistolaire de la classe en un livre numérique et interactif rempli de l'imagination des enfants et du talent de Pit&Pit !

    Comme expliqué plus haut, la classe reçoit des lettres venues tout droit du royaume d'Uniona, gouverné par mes élèves. Dans ces lettres, des aventures ont lieu. Mais pas n'importe lesquelles !

    Des aventures qui découlent des décisions des élèves.

    Le contenu de ces lettres est donc entièrement décidé par les élèves !

    Et ce sont ces aventures qui composeront le livre numérique de la classe !

    Mais voilà ! Créer un livre numérique et interactif ce n'est pas une mince affaire ! Cela demande un long travail préalable avant de pouvoir passer du papier à l'écran ! D'autant que nos partenaires Pit&Pit qui aident ma classe dans ce projet, ne vivent pas en Moselle mais à Paris ! Il faut donc que le travail soit bien préparé en amont par la classe et aussi clair que possible afin d'éviter de perdre du temps dans les échanges d'informations.

    Ainsi, pour réaliser chacune des pages du livre numérique, plusieurs étapes préalables sont nécessaires et indispensables.

    Chacune d'elles nécessite une réelle collaboration et coopération entre les élèves ce qui, bien au-delà des compétences en QLM, Arts visuels, etc ..., permet de mettre en avant un travail de réflexion et d'analyse de compétences d'EMC et de valeurs citoyennes qui ont pour effet de créer un réel esprit de classe qui motive tous les élèves !

    Après avoir pris connaissance des nouvelles du royaume, la classe se lance dans un travail de mise en scène des situations racontées afin de permettre aux élèves de vivre l'intrigue pour bien la comprendre. En effet, si les enfants ne comprennent pas les évènements, comment pourraient-ils les raconter ?

    Des lettres au livre numérique

    Pour des raisons pratiques et logistiques, chaque lettre Epopia peut donner naissance à 4 pages numériques et interactives maximum. Ainsi, lorsque l'intrigue est bien connue et comprise, la classe se concerte pour :

    - passer de la lettre au texte narratif

    - déterminer le contenu de chacune des 4 pages en réalisant un storyboard détaillé qui était ensuite envoyé à Pit&Pit par mail.

    Des lettres au livre numérique

    Comme vous pouvez le voir sur l'image ci-dessus, le storyboard contient :

    - le numéro des pages concernées

    - le texte à présenter sur la page

    - les illustrations à faire figurer

    - les animations souhaitées par les élèves.

     

    Une fois que tout est clairement spécifié sur le storyboard (et donc dans la tête des élèves et de la maîtresse ;-)), l'heure de la répartition des tâches sonne ! Les élèves sont répartis en petits groupes qui travaillent à la création d'une ou plusieurs illustrations de l'ouvrage (sur le temps d'Arts visuels) et/ou du texte sur ordinateur.

    Quand toutes les illustrations sont réalisées, l'ensemble des documents est alors envoyé à Pit&Pit.

    Un petit peu de scan par ci, un peu de saisie par là et, après plein d'autres manipulations informatiques bien longues et compliquées, Pit&Pit passe toutes les créations des enfants du papier à l'écran, du dessin figé au dessin animé !

    Tout prend vie tel que les enfants l'ont imaginé ! Et, croyez-moi, c'est plus que des étoiles qu'ils ont dans les yeux quand ils découvrent tout cela bouger devant eux !

    Des lettres au livre numérique

    Des lettres au livre numérique

    Des lettres au livre numérique

     (Pour avoir un aperçu des animations, rendez-vous dans ma story permanente "Epopia" sur Instagram)

     

    sinon cliquez sur cette image ... ;-)

    Un an pour créer un livre

     

    Un an pour créer un livre

     

     

     

    3. Le livre imprimé par Calamagui

     

    Une fois le livre des aventures terminé en version numérique, il a été très facile d'en faire un véritable ouvrage papier grâce au talent de Sarah et de Mon livre Calamagui.

    Un an pour créer un livre

    Qu'est-ce que "Mon livre Calamagui" ?

    C'est un site qui permet à chaque enfant de devenir auteur et illustrateur. L'enfant invente son histoire et créé ses illustrations en laissant son imaginaire le guider. Puis, après avoir tout envoyé à Sarah, l'histoire se transforme comme par magie en un véritable livre à conserver et à partager sans modération avec son entourage.

    Un an pour créer un livre

     

    Ainsi, une fois notre histoire terminée, j'ai tout envoyé à Mon livre Calamagui (images, textes, version numérique ...) pour que l'équipe puisse voir ce que les élèves avaient déjà fait et ce qu'ils attendaient comme rendu et, quelques jours plus tard, j'avais dans ma boite mail une version PDF du livre papier à vérifier avant impression.

    Comme tout était parfaitement correct et exactement comme les enfants l'avait demandé, nous avons donné notre "bon à tirer" et, quelques jours plus tard, dans la boite aux lettres de l'école cette fois, nous avons découvert notre livre, en plusieurs exemplaires (un par élève + les exemplaires supplémentaires commandés par les familles + un pour la bibliothèque de classe).

    Notre projet d'écritureS au CP

    Cette partie du projet a été la plus coûteuse non pas en terme de temps mais en terme d'argent. Pour financer les livres, j'ai choisi d'opter pour une petite participation à la fois de l'école et des familles mais il est possible de le financer uniquement par l'un ou l'autre selon vos possibilités. ;-)

    Voici quelques images du rendu final de l'ouvrage.

     

    Notre projet d'écritureS au CP

    Chaque élève est donc reparti en fin d'année avec une clé USB et un ouvrage papier du livre créé par la classe et à partager avec sa famille.

    Ce projet a été long et chronométré afin que tout puisse être terminé dans les temps (les livres sont arrivés une semaine avant les grandes vacances).

    C'était beaucoup de stress et d'organisation pour la maîtresse (surtout en fin d'année quand il fallait tout boucler) mais cela en valait la peine ! ;-)


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique