• La méthode syllabique est celle qui, depuis bien longtemps, est préconisée pour l'apprentissage de la lecture pour des raisons diverses que je ne détaillerai pas ici. Il est néanmoins indispensable de proposer aux élèves des éléments "lus" par méthode globale afin de leur permettre de pouvoir lire et écrire rapidement des phrases. 

    Les mots-outils sont des éléments de lecture qui relèvent de la méthode globale.

    Les élèves les découvrent et apprennent à les reconnaître pour pouvoir les lire et les écrire.

    Pour ma part, je donne un ou deux mots-outils par fiche de son travaillé et essaye en général de faire en sorte qu'ils aient un lien avec le phonème/graphème étudié (ex : mais avec le son [m], comme avec le son [o] ...). Ce n'est pas toujours évident ou possible mais cela permet tout de même de créer du lien et du sens pour les élèves.

    Cette année, je me suis séparée des méthodes de lectures pour mettre en place un apprentissage de lecture inspiré de la pédagogie Freinet et suivant le rythme des élèves.

    J'ai donc proposé les mots-outils (que l'on nomme "mots pop-corn" [appellation vue sur IG et qui m'a beaucoup plu] avec mes élèves car, quand on le voit, on le reconnaît et du coup dans notre tête ça explose comme un pop-corn parce que notre cerveau est content de réussir à les lire !) au fil des apprentissages en faisant en sorte de les mettre en lien avec les sons mais aussi avec la vie de classe (ex : le "est" a été introduit le jour où un élève manquait = "Noa est absent." ...).

    Il y a quelques années, j'avais découvert sur le blog Dans ma trousse ... une carte mentale regroupant les mots-outils non pas par ordre alphabétique mais par catégorisation. Ils sont ainsi rangés en fonction de ce que l'on entend et voit dans le mot.

    Le flip-book des mots-outils

    Je trouve cette logique tout simplement géniale, parlante et efficace,notamment pour les élèves DYS !

    J'ai donc adopté cette carte mentale depuis pour présenter les mots-outils aux élèves et je dois dire qu'elle a fait son effet !

    Mais cette année, j'ai dû faire face à une réaction différente de mes élèves ... 

    J'ai ressorti cette même carte mentale, complétée au fur et à mesure des découvertes de mots-outils, et, malgré l'avancée progressive, de nombreux élèves ne parvenaient pas à s'en servir et à s'y repérer.

    Raisons invoquées : "Il y a trop de mots dessus.", "Je me sens perdu(e).", "J'ai peur !".

    Une fois le constat établi, je devais faire le nécessaire pour tenter d'aider mes élèves à s'en sortir et à pouvoir disposer d'une aide qui leur soit moins anxiogène. J'ai donc cherché un moyen de répondre à l'appel au secours de mes élèves

    Mon cahier des charges étaient considérable ! Je devais trouver un outil qui :

    - réduise la quantité de mots visibles durant la recherche sans pour autant réduire la quantité de mots présents

    - permettent de voir les catégories de mots séparément sans pour autant les séparer afin de nos pas "éparpiller" les référents

    - soit ludique car les élèves qui en auraient le plus besoin ne parviennent à mémoriser qu'en passant par la manipulation.

     

    Bref, un bon gros chantier de maitresse ! ;-p

     

    J'ai alors eu l'idée de faire un flip-book avec plusieurs intercalaires qui permettraient de ne faire apparaître qu'une catégorie à la fois, celle que l'on désire observer.

    Je vous explique et vous montre tout cela en vidéo ...

     

    Voici donc, pour les intéressé(e)s, le flip-book de la vidéo prêt à être imprimé, reprenant les couleurs de la carte mentale de "Dans ma trousse ..."

    NB : ne découpez QUE sur les traits en pointillés, pas plus loin ! (Oui, ça sent le vécu ! ;-p)

    Le flip-book des mots-outils

    Et comme je sais que nous n'avons pas tous les mêmes méthodes de lecture et donc pas tous les mêmes mots-outils, je vous laisse ICI la trame modifiable qui vous permettra de l'adapter selon vos besoins et votre propre code-couleurs. ;-)

    Et si l'envie vous dit ensuite de partager les créations réalisées avec cette trame, n'hésitez pas à me le dire : je me ferai une plaisir de les rajouter à cet article pour encore plus de partage et d'entraide.

    #ensembleonvaplusloin

     

    Merci à MaitresseFo7 qui partage avec nous le flip-book qu'elle a fait pour sa classe aux couleurs de l'arc-en-ciel des sons de École du bord du monde qu'elle utilise avec sa classe.

    Merci à elle pour ce partage !

    Le flip-book des mots-outils

     

    Chloé propose également sa version de flip-book des mots-outils avec des lettres évidées à colorier avec les élèves au fil des découvertes.

    Merci à elle pour ce partage ! 

    Le flip-book des mots-outils

     

     

     

     


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  • Une des raisons pour lesquelles j'ai voulu me séparer des méthodes de lecture c'est que je n'appréciais pas l'approche de certains phonèmes/graphèmes dont celle de la lettre U, trop souvent mystérieuse pour les élèves car passée sous silence.

    Pour comprendre pourquoi j'écris un article sur ce sujet, il vous suffira de prendre dans vos mains quelques méthodes de lecture.

    Ouvrez le manuel à la page du son [k] et, dans la majorité des cas, vous verrez écrit en haut de la page "C K QU". Pour allez plus loin encore, allez maintenant à la page du son [g]. Vous y verrez noté "G GU".
     
    "Mais pourquoi on met U ?"
    Cette question m'a été posée par des élèves, plusieurs fois au cours de mes années d'enseignement en CP.
    "Ben ... parce que c'est comme ça qu'on fait le bon son !"

    Voilà ce que j'ai répondu durant de nombreuses années. Par manque de motivation à aller plus loin, par manque de temps et aussi par manque de connaissances suffisantes pour partager les secrets de la langue avec mes élèves.

    J'avais appris moi-même comme ça étant petite, c'était une raison suffisante pour qu'ils fassent de même non ? ;-)
    Mais cette question m'a trotté dans la tête ...
    "Pour faire le bon son ? ... Ce n'est pas une raison valable puisque que le Q fait [k] et que le G fait [g], même seul ! Alors pourquoi se sentir obligé de coller le U au Q et au G en haut de page. Chacun peut vivre sans l'autre ! Il a une existence propre ce U vu qu'on le voit en début d'année. Il fait [u] ! Mais pas là ! Il est là mais, sous prétexte qu'il y a le Q ou le G, on ne l'entend pas. Et d'ailleurs ! Pourquoi on met un U et pas un A ... ou un O ... ou même un H tiens, après tout il ne fait pas de bruit celui-là, il ferait bien l'affaire du coup ! Y a pas à dire : la langue française c'est quand même super compliqué et hyper mystérieux. Après on s'étonne que les élèves ont des difficultés et mémorisent mal ... En même temps, y a de quoi se taper la tête au mur avec des histoires pareilles !"

    Vous voyez la plante verte dans la salle d'attente du docteur ? Elle est là, tout le monde la voit mais personne ne lui prête attention. Elle est là c'est tout. Qu'elle soit là pour décorer, pour mettre un peu d'oxygène dans cette pièce pleine de microbes accueillant des gens rarement en forme ou juste pour camoufler la tâche d'humidité datant du dégât des eaux de 2007, on ne s'en inquiète pas ... ou plus ! On est habitué à elle et plus personne ne se demande à quoi elle sert.

    Et bien le U est comme la plante verte ! Il est là, collé aux consonnes en tête de page mais on ne s'inquiète même plus de savoir pourquoi. Nulle part on explique aux enfants pourquoi on met CETTE lettre bien précise à CET endroit en particulier. Et pourtant, il y a de quoi dire sur le sujet.

    C'est ainsi un des nombreux avantages que je trouve à avoir abandonné toute méthode de lecture. Je peux vraiment adapter les approches, les explications et les explicitations que je propose à mes élèves en terme de phonologie de manière à leur donner du sens. Je ne suis ni bridée par le temps ni par un plan de progression défini.
    J'ai décidé de ne plus aborder le QU et le GU mais d'étudier simplement les lettres Q et G.
    Le U devenant alors une sorte de médiateur de sons complexes, un super-héros qui permet à chacun de s'entendre avec les autres. Rapide, efficace et discret, il intervient quand la situation l'oblige et agit sans se faire entendre.

     
    Un vrai super-héros quoi ! ;-)
    Je vous en dis plus par ici en vidéo et espère qu'elle pourra vous être utile en l'état ou vous inspirer pour mieux expliquer et expliciter les petits secrets de la phonologie à vos élèves.

     


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  • Quand ils arrivent au CP, les élèves découvrent une nouvelle école, une nouvelle façon de fonctionner, de nouvelles disciplines mais aussi et surtout du nouveau matériel. Les cahiers en font partie.

    Un cahier ! Rien de bien extraordinaire. C'est même un objet plutôt banal pour la majorité des gens. Mais pour un enfant de CP qui n'en a jamais utilisé, cet objet est à la fois surprenant et effrayant !

    Ils en reçoivent plusieurs en l'espace de quelques jours ou même parfois quelques heures ! Chacun d'eux a sa propre utilité : écriture, mathématiques, sciences ... Chaque discipline a son cahier !

    Mais si le contenu des cahiers change selon la matière associée, le contenant, lui, sera toujours le même :

    plusieurs feuilles agrafées ensemble et décorée avec une jolie page de garde qui donne envie d'aller voir dedans.

    Les élèves sont ravis ! Autant de cahiers neufs c'est un peu Noël ! Ce sont les preuves qu'ils sont devenus grands !

    Et puis, un jour, ce cahier, ils l'ouvrent !

    Et là, malgré l'excitation d'avoir entre leurs mains un nouvel outil de travail, les élèves découvrent une autre sensation bien étrange : l'angoisse !

    Oui oui ! L'angoisse ! Parce que, si nous, enseignants et adultes, nous plaisons à leur dire qu'ils ont "de la chance" car ils disposent d'un cahier tout "neuf" et "vide", il nous faut admettre une chose bien difficile :

    NOUS LEUR MENTONS !

    (Je sens déjà que certains ne comprennent pas à quel moment ils ont menti. C'est normal car ce mensonge est involontaire)

    Ce cahier n'est pas vide !

    Si vous ne me croyez pas, ouvrez un cahier d'écolier et regardez bien !

    Chaque page est déjà couverte d'encre ! Plein d'encre ! Des couleurs ! Il y en a partout !

    Et qu'est-ce qui y est tracé ?

    DES TRAITS !

    Des traits, des traits, encore des traits, toujours des traits !

    Voilà ce que les enfants voient en ouvrant un cahier pour la toute première fois !

    Un peu comme les barreaux d'un prison : ils sont là, mis en tous sens, rapprochés, espacés, rouges, bleus, verts ... QUe faire avec ? Pourquoi ? Comment s'en dépatouiller ?

    Il y a de quoi regretter d'être devenu grand en même pas 10 secondes !

    (Au moins ça leur donne un avant-goût de leur première facture, leur premier PV ou leur première fiche d'imposition. Il regretteront vite leur premier cahier après ça ! ;-p)

    Avant de passer au travail sur cahier avec mes CP, j'ai pris cette année du temps pour les familiariser avec ce nouvel outil.

    Attention, cela ne veut pas dire qu'avant je ne le faisais pas ! La différence est que cette année, j'ai bloqué dans mon emploi du temps deux séances entières pour donner le temps à mes élèves d'observer leur cahier, de chercher à le comprendre et de poser les questions qui leur venait à son sujet.

    En un mot, nous avons EXPLICITER le cahier dans les moindres détails !

    Mise en garde : N'attendez pas du descriptif qui va suivre une recette miracle qui rendra vos élèves hyper soignés avec une capacité à se repérer dans l'espace-feuille hors du commun. Cette façon de procéder a "seulement" permis à mes élèves de mieux comprendre cet outil. Avec le recul maintenant, je trouve que cela les aide aussi à prendre du recul dans leur gestion de "l'erreur de présentation". Certains sont parfois démoralisés à la vue de leur cahier où tout est écrit comme sur des vagues, avec des espaces immenses entre deux lignes d'écriture et d'autres réduit à une peau de chagrin. Ce n'est presque plus le cas aujourd'hui car les élèves savent qu'un cahier, c'est difficile à lire, à comprendre et à maîtriser. C'est un défi en soi !

    Jusque là, j'utilisais une version très imagée (avec des rues, des maisons, des étages ... plus d'infos par ici) pour que les élèves se repèrent dans leur cahier et cela fonctionnait bien ainsi.

    Mais cette année, j'ai eu face à moi des élèves ayant beaucoup de mal à se gérer (tant dans le travail que dans le comportement). Il m'a fallu du temps pour comprendre pourquoi ils se comportaient difficilement durant des séances qui avaient fait leurs preuves les années précédentes.

    Et puis un jour l'un d'eux m'a dit "Ouais, ça va ! J'suis pas un bébé !".

    Eurêka ! C'était donc ça !

    Le côté "imagé" ne leur parlait pas. Ils avaient l'impression que je les prenais pour des bébés, eux qui avaient déjà beaucoup de maturité en eux.

    J'ai donc revu totalement mon approche pour mettre en oeuvre une démarche de découverte du cahier plus directe :

    Partir de ce que l'on voit et l'expliquer sans détour.

    Tout ce qui va suivre semblera donc sans doute pour beaucoup complètement inutile car ce sont des choses évidentes ! Mais n'oublions pas que pour un enfant, rien n'est évident.

    _____________

    Je pense donc qu'il est nécessaire de faire ce travail de "verbalisation d'évidences" pour offrir aux élèves la possibilité de mieux percevoir et saisir le monde qui les entoure. Certaines choses seront évidentes pour un plombier mais ces mêmes choses ne le seront pas pour un avocat. L'inverse est également vérifiable ! L'évidence dépend du point de vue et des connaissances de chacun dans son domaine. Cette "verbalisation d'évidences" est aussi un moyen de mettre les élèves en confiance avec eux-même et avec les autres. "Si la maîtresse demande ça, c'est que ce n'est peut être pas si facile à deviner, pourtant j'ai trouvé la réponse. Je sais donc des choses. Je devrais y arriver !"

    C'est en fait un simple principe d'engrenages : Quand la roue de la confiance se met à tourner dans la tête et dans le cœur de nos élèves, elle entraîne dans sa rotation la roue de la motivation. Et plus la roue de la confiance sera grande, plus celle de la motivation ira vite. (Ce n'est pas moi qui le dit, c'est la physique ! ;-)).

    __________________

    Voici un PDF qui reprend les explications qui ont été découvertes, devinées ou apportées aux questions des élèves au cours de l'observation des pages de leur cahier.

    Première découverte du cahier

     

     


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  • Le manque d'attention est un mal sociétal de plus en plus répandu et de plus en plus fréquent dans les salles de classe. Et si on pouvait changer le cours des choses ? Alors plutôt que de me plaindre dans mon coin ou de râler à tout va du manque d'attention de mes élèves, j'ai décidé de prendre le problème à bras le corps et de me lancer dans l'enseignement de l'attention grâce au programme ATOLE.

    ATOLE signifie ATtentif à l'écOLE

    C'est un programme qui a été développé par Jean-Philippe Lachaux, neurologue spécialiste des mécanismes de l’attention et de la concentration et auteur de plusieurs livres sur le cerveau et l'attention dont "Les petites bulles de l'attention" que j'ai pu lire et qui m'a donné envie d'approfondir le sujet, non seulement pour moi-même mais également (et surtout même ;-)) pour mes élèves.

    Le programme ATOLE

    Pourquoi vouloir me pencher sur l'attention en classe et dans ce programme en particulier ?

    Comme une image vaut mille mots, en voici une, présenté au début du document de présentation du programme ATOLE, qui suffit à résumer mon ressenti quotidien et ma motivation.

    Le programme ATOLE

    Pour l'anecdote, sur 24 élèves cette année, j'en ai un bon tiers dont la carrière professionnelle envisagées est Youtubeur. Adieu, pompiers, maîtresses d'école et autres astronautes ... Pour avoir un tel projet de vie, les enfants en question doivent passer un temps considérable devant l'écran. Ceci n'est pas sans conséquence ... Et je rappelle que je n'ai "que" des élèves de CP, soit 6-7 ans maximum ... Je n'ose même pas imaginer le ressenti des collègues c'est des classes de niveaux supérieurs face à cette marée d'écrans.

    Mais l'attention c'est quoi ?

    L'attention, peu de gens parviennent à la définir clairement mais tout les enseignants s'accordent pour dire que c'est un problème.

    Pour comprendre un peu mieux ce sujet, avec mes collègues nous sommes allées assister à la conférence de France Inter suivante (retransmise dans les cinémas le 5 février dernier).

    Le programme ATOLE

    Voici le synopsis de cette conférence :

    Dans un monde hyper connecté, où nous sommes soumis en permanence à un nombre incalculable de sollicitations et d’informations, notre attention et notre concentration sont mises à mal.  Peut-on apprendre à les contrôler ?
    Que nous révèlent les sciences du cerveau sur le fonctionnement de ces deux facultés essentielles à l’apprentissage ?
    Découvrir les mécanismes de l’attention et de la concentration dans notre cerveau permet de mieux se protéger contre tout ce qui vient parasiter le système. Des clés pour apprendre à se concentrer dans un monde de distractions.

    Je n'ai pas retrouvé de replay de cette émission très enrichissante et ne peux donc pas vous mettre de lien pour la revoir. :-(

    Pour vous mettre en appétit en attendant de pouvoir vous la partager dans un futur hypothétique, je vous glisse ci-dessous un lien vers un podcast de l'émission de France Inter "La tête au carré" parlant également de l'attention et dont l'invité n'est autre que Jean-Philippe Lachaux.

    Le programme ATOLE

     

    Donc, revenons à nos moutons ! Aux miens en tous cas ! ;-p

    Pour me lancer dans le sujet je me suis d'abord demandé personnellement ce qu'était l'attention.

    (Ouais ... j'ai fait ça ... Et mon côté "maman" n'avait pas le même avis que mon côté "prof" ! Je me suis pris la tête avec moi-même c'est dire !!)

    Après un analyse personnelle un samedi après-midi (ça vaut ce que ça vaut !) être attentif pour "moi "maman" était plutôt synonyme de "faire attention", en cas de danger.

    "Attention mon chéri, le fer à repasser est branché. Lève tes pieds où tu vas marcher sur le fil. Tu risques de te brûler." (Avec un grand sourire du moi "maman" en prime ... le première fois qu'on le dit en tous cas O:-D... A la dixième ... c'est les sourcils qui sourient !)

    "Attention, assied-toi correctement tu vas tomber de la chaise"  (SMILE !!)

    Attention ! ... Attention ! ... ATTENTION !

    Ben oui quand même ! Il pourrait faire un effort ! J'ai aussi sa sœur à gérer, le repas sur le feu, le sèche-linge qui termine, la factrice qui sonne à la porte ... et ... et ........ Oulah ! PAUSE !!

    Donc en fait, si je résume, le petit doit faire attention pour m'aider, et moi ? Est-ce que je suis vraiment attentive ? Parce que gérer mille trucs en même temps c'est quand même dur dur quoi ! (Mon mari dirait, "surtout pour toi" ... Je ne peux même pas lui en vouloir tellement j'ai conscience que c'est vrai ! LOL)

    Le moi "maitresse" a aussi tenté d'y voir plus clair sur la définition de "être attentif à l'école". Cela n'a pas été évident non plus. J'avais tellement d'éléments différents qui rentraient en compte dans ma réflexion que je me suis sentie perdue :

    SPOILER ALERT : les extraits qui suivent sentent le vécu à plein nez !

    - la nécessité d'avoir une attitude calme (Mais Ludo, par pitié : arrête de faire grincer ta chaise !!! Mets les deux pieds au sol s'il te plait ... Et les fesses sur la chaise. Excuse-moi j'avais oublié de préciser !)

    - une ambiance générale de classe apaisée (Maitresseuuuuuhhhh ! Y a Lina qui a dépassé sur son coloriage ! / Mais tais-toi toi t'as même pas mis ton prénom !!! ...)

    - faire preuve d'écoute (parce que répéter les choses mille fois ... voilà !)

    - rendre un travail complet et soigné (Maël ... il est où l'exercice 3 ? ... Et le 2, tu l'as fait avec un pinceau ? ...)

    - être motivé (Euh ... Pauline ... Souffle avec moins de vigueur s'il te plait. Tu as fais s'envoler la feuille de ton voisin ! ... Et fais un sourire ... Allez, pour me faire plaisir ! :-D)

    - être autonome (Maitreeeessse !!! On doit le faire au stylo ou au crayon de papieeeeeerrrr ? Et elle est où la feuille bleue ????)

     

    Donc en gros, l'attention c'est un sujet très très vaste aux attentes multiples selon les points de vue.

    Et donc, si nous, adultes, nous ne sommes déjà pas capables de définir clairement ce qu'est l'attention, comment exiger d'enfants d'en faire preuve dans un monde distractions permanentes !

     

    Ainsi, après plusieurs lectures et recherches, j'ai découvert ce programme ...

    Cliquez sur l'image ci-dessus pour obtenir toutes les informations, détails et documents concernant le programme ATOLE.

    Le programme ATOLE

     

    Qu'est-ce qu'ATOLE ?

    C'est un programme qui se base sur un principe simple : il est tout à fait envisageable d’entraîner l'attention des élèves pour les amener doucement à améliorer leur maitrise de celle-ci.

    Les piliers de ce programme sont :

    - L'acquisition d'une culture métacognitive pour permettre aux enfants d'identifier et reconnaître dans leur vie quotidienne l'action des grands systèmes qui orientent leur attention

    - L'apprentissage d'une méthode de découpage des tâches complexes en une suite de tâches simples et courtes ayant un objectif simple et clair

    - Le développement de la capacité à détecter les signes précoces de la distraction pour les compenser au plus vite

    - La capacité à programmer son attention pour une tâche donnée

    Ce programme est libre et accessible à tous gratuitement. En suivant le lien proposé plus haut, vous pourrez accéder au site du programme ainsi qu'au Drive Google associé contenant :

    - tous les documents informatifs en lien avec l'attention, le cerveau, leur fonctionnement, ...

    - des documents synthétiques présentant le programme afin de vous permettre de vous en faire une idée plus précise avant de, peut-être, vous lancer

    - un programme séquencé "clé en main" avec les fiches de préparation (toujours en lien avec les programmes de l'EN et le socle commun), les documents destinés aux élèves et aux parents, les fiches de suivi pour l'enseignant, les supports à utiliser en classe (affiches à imprimer, vidéos à diffuser ...)

    Ce programme est vraiment accessible à tous et surtout à ceux qui n'y connaissent RIEN de RIEN en sciences comme moi ! #bacLetlicenced'histoire

     Mais c'est encore Jean-Philippe Lachaux qui vous parlera le mieux de l'intérêt de l'éducation à l'attention  ... ;-)

    Voici une autre vidéo (découverte grâce à une collègue qui se reconnaîtra ... ;-) mille mercis !) tournée par le réseau CANOPE au Forum de l'innovation organisé par la CARDIE de Bordeaux. Vous pourrez y découvrir non seulement la conférence de Jean Philippe Lachaux sur ATOLE mais également des enseignants qui travaillent avec lui, utilisent ATOLE et font un retour sur cette expérience de classe.

    Ce que j'attends d'ATOLE en tant qu'enseignante ...

     Je n'en attends pas une recette miracle bien sûr. (J'ai bien lu les conseils du programme, c'est dit dedans et puis en plus j'ai déjà allumé 1 000 cierges, prier tous les dieux que je connais et sacrifier 3 chèvres, rien n'y à fait ... ;-p). Je cherche surtout en ATOLE une aide me permettrait de mieux comprendre mes élèves. Grande adepte de l'enseignement explicite, je cherche en ATOLE une démarche qui me permettra d'expliciter autant que possible à mes élèves le fonctionnement de leur attention pour les aider à la maîtriser du mieux possible (et en ayant pris déjà connaissance en profondeur par toutes les lectures qu'il propose je sais que je vais certainement le trouver !).

    Comme dit dans les documents de la méthode :

    "Expliciter, c'est dédouaner l'enfant de sa responsabilité."

    C'est exactement ce que je souhaite faire avec mes loulous cette année. Beaucoup ne sont pas attentifs. Quasiment autant s'en veulent et sont pris par des crises de larmes à cause de ça, en classe et/ou à la maison.

    Ce n'est plus possible de les laisser ainsi !

    Le monde d'hier n'est plus celui d'aujourd'hui. Il faut les aider en conséquence. Et vite !

    Je sais qu'ATOLE ne remplacera certainement pas les aides dont certains mériteraient de disposer (à l'école ou au dehors pour des raisons diverses et variées), mais qui ne tente n'a rien !

    "Essaye Aurel', tu verras bien !"

    J'ai tout bien imprimé, lu et rangé dans un classeur dédié à ATOLE. J'ai créé les supports proposés par le programme et j'en ai créé d'autres pour m'aider au quotidien en classe. J'ai enregistré les vidéos à diffuser. Tout est prêt !

    Voici un petit tour du programme ATOLE en vidéo et de l'organisation qui sera la mienne pour le mettre en œuvre.

    Le programme ATOLE

    Je mets donc tout cela en œuvre en classe dès la rentrée de février et je reviendrai vers vous en fin d'année pour faire le point sur mon avancée et celle de mes élèves dans ce programme. ;-)

     

    GRANDE NOUVELLE

    Un MOOC d' initiation à la maîtrise de l'attention et de la concentration est organisé par le réseau Canopé. Il s'adresse à toutes les personnes qui se posent des questions sur l'attention et la concentration, et qui sont à la recherche de pistes pour retrouver un peu de maîtrise dans ces domaines, que ce soit pour eux-mêmes ou pour d'autres (par exemple les plus jeunes).

    5 semaines de formation à distance gratuite pour y voir plus clair et être capable d'éduquer à l'attention, ça vous tente ?

    Moi, oui ! Je suis déjà inscrite.

    Pour plus d'informations, rendez-vous ici !


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  • Avec mes élèves nous avons poursuivi notre travail sur l'empathie cette période en mettant en place un arbre très particulier sur la porte de notre classe ...

    Dans l'ouvrage "Aidez votre enfant à développer son empathie" que je vous citais déjà dans cet article, plusieurs activités sont proposées et réalisables en classe.

    L'arbre Ho'oponopono

    En classe, nous pratiquons déjà des activités de méditation ainsi que le message clair pour résoudre les conflits et amener les élèves à faire le point sur leurs propres émotions.

    J'ai proposé cette période à mes élèves de tester le rituel Ho'oponopono cité dans l'ouvrage (en l'adaptant afin qu'il convienne à une organisation de classe).

    Ho'oponopono, qu'est-ce que c'est ?

    C'est un mot hawaïen qui signifie "corriger ce qui est erroné". C'est une tradition hawaïenne qui invite au "lâcher-prise" pour nettoyer sa mémoire de tout ce qui la pollue. C'est un moyen pour chacun de se recentrer sur lui-même et sur ses actes pour s'apaiser et rétablir sa paix intérieure.

    Tout cela est très symbolique j'en convient. Comme expliqué dans l'ouvrage : Derrière chaque évènement de notre vie se cache une mémoire. Nous pensons prendre les décisions seuls, mais en réalité ce sont souvent des mémoires très anciennes qui nous guident. C'est ainsi que nous construisons notre réalité : en répétant constamment des schémas du passé.

    Pour les élèves ayant des difficultés à gérer leur comportement, je trouve que ce passage est révélateur. Beaucoup d'entre eux sont "bloqués" dans un schéma de réactions en chaînes violentes car c'est ce qui les caractérise depuis toujours ou presque. Le monde dans lequel nous vivons ne donne que très rarement une deuxième chance malheureusement et l'erreur (comportementale en tous cas) reste encore trop souvent stigmatisante et emprisonnante.

    "On ne nait pas homme/femme, on le devient." nous dit le proverbe.

    Sur le même principe, je pense qu'on ne nait pas violent. Mais on peut le devenir. Volontairement ou non. Consciemment ou pas. Je pense qu'aucun enfant ne nait "mauvais" mais que, malheureusement, beaucoup d'enfants au comportement "inadapté" reproduisent en fait simplement un schéma d'action qu'ils maîtrisent parce que c'est la seule manière d'agir qu'ils connaissent. Les causes et raisons peuvent être multiples et variées mais l'issue mérite être la même pour tous : parvenir à sortir de ce cercle vicieux qui risque, à long terme, de leur causer du tort.

    Pour se faire, je pense (comme toujours) que la verbalisation, la mise en mots et l'explicitation sont des clés qui permettront aux enfants de se délier de tout ce qui les emprisonne.

    C'est pourquoi cette philosophie du Ho'oponopono m'a beaucoup plu. J'ai décidé de l'adapter pour lui donner vie en classe, en EMC, sous la forme d'un arbre.

     

    La mise en place concrète en classe

    Cette tradition, comme dit plus haut, invite chacun à "nettoyer sa mémoire" pour ainsi faire table rase du passé et aller de l'avant vers des horizons nouveaux et plus "glorieux".

    J'ai donc présenté à mes élèves ce terme qui les a fait rire dans un premier temps mais qui, une fois explicité leur a beaucoup plu :

    - d'une part parce que c'est un mot hawaïen, donc un mot inconnu qui vient d'une région lointaine du monde. Ils ont été ravi d'apprendre un mot étranger !

    - d'autre part parce que la philosophie de ce mot a eu un écho en eux.

    Plusieurs de mes élèves cette année se sentent (je cite) "perdus parce [qu'ils] ne parviennent plus à agir correctement." Parfois ils "font des choses [qu'ils savent] mauvaises, [ils] se voient les faire, se disent que c'est mal mais n'arrivent pas à s'en empêcher". Ils font alors du mal aux autres "sans le vouloir vraiment mais sans pouvoir s'en empêcher".

    Une fois le mot expliqué, les langues se sont déliées et certains élèves ont fait un lien avec le message clair.

    "En fait, le message clair c'est quand celui qui est dérangé prévient pour aider l'autre à mieux se gérer. Ho'oponopono c'est l'inverse. C'est celui qui a dérangé qui le fait, quand il n'a pas reçu de message clair et qu'il se rend compte qu'il a fait du mal trop longtemps. Ho'oponopono permet de lui soulager le coeur parce que, comme dit ma mamie, mieux vaut tard que jamais."

    Ces mots ne sont pas de moi mais d'un de mes élèves. Je ne peux vous dire lequel bien sûr. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'en ayant entendu CET élève me dire CELA, m'a fait vraiment chaud au coeur. Le chemin pour en arriver là a été long et tordu. La route a faire encore est toute aussi longue mais les progrès sont là. Ne baissons jamais les bras !

    Pour poursuivre cette tradition au sein de la classe, j'ai présenté aux élèves les 4 mots à connaître pour procéder au "nettoyage de sa mémoire" :

    Désolé

    Parole : "Je suis désolé(e)"

    Signification : je prends la responsabilité de ce qui se passe

     

    Pardon

    Parole : "Pardonne-moi pour ce que j'ai en moi et qui a attiré cela dans ma vie"

    Signification : je demande que toutes mes mémoires soient corrigées

     

    Merci

    Parole : "Je te remercie"

    Signification : Je remercie mes mémoires de se nettoyer pour m'aider à avancer

     

    Je t'aime

    Parole : "Je t'aime"

    Signification : Aimer ses mémoires pour leur permettre de se dissoudre un peu.

     

    Toute cette "symbolique" n'est pas vraiment accessible pour des enfants de CP. J'ai donc adapté le principe générale des 4 mots à ma classe.

    J'ai demandé à mes élèves de s'installer en cercle et demandé à chacun de réfléchir à un acte qu'il a fait, qui a pu blesser quelqu'un de la classe et qui y repense encore souvent à cela aujourd'hui.

    Je pensais que les élèves ne verraient pas trop où je voulais en venir avec cette demande mais les volontaires se sont très vite fait connaître et chacun à pu prendre le temps d'aller s'adresser à un camarade pour lui transmettre ses 4 mots qui ont été acceptés par une poignée de main.

    On pourrait se dire que c'est facile de faire répéter des mots aux enfants "juste comme ça" mais pas du tout ! Cela n'a pas été facile pour tous de les dire ! Rien qu'à "Désolé", beaucoup ont eu un blocage. Le principe de ces 4 mots est de permettre aux enfants de prendre consciemment la responsabilité de leurs actes ce qui n'est visiblement pas évident pour tous. ;-)

    Malgré cela, après plusieurs "cérémonies" au sein de la classe, certains élèves ont demandé à renouveler l'exercice auprès d'autres camarades. (Les mêmes dont je citais les propos plus haut ... Cela m'en dit plus long sur eux que leur comportement finalement ...)

    La symbolique de l'arbre

    De ces échanges, un problème a été soulevé par certains élèves.

    Comment faire pour demander Ho'oponopono a quelqu'un qui n'est pas dans la classe ?

    Certains élèves ont rapidement mis en lumière leur difficulté à réaliser l'activité car les personnes à qui ils souhaitaient vraiment s'adresser n'étaient pas présentes (frères, soeurs, copains d'une autre classe, parents ...).

    C'est alors que m'est venue l'idée (rapide et sur le vif) de faire un arbre à mettre sur la porte de la classe.


    Chaque élève a écrit sur un bout de papier le prénom de la personne qu'il a blessé et a, symboliquement, dit les 4 mots à sa feuille. Les bouts de papier étaient mis à disposition de tous et chacun était libre d'en remplir plusieurs, selon ses besoins.

    Les feuilles ont ensuite été collées sur l'arbre (fait rapidement par la maitresse et, du coup, très moche ! :-() qui a été affiché sur la porte de la classe.

    L'arbre Ho'oponopono

    Pourquoi sur la porte ?

    Parce que comme ça les petits soucis passés restent sur le pas de la porte. Ils n'entrent pas en classe et ne peuvent donc pas perturber nos apprentissages.

    Pourquoi un arbre et de feuilles ?

    Les feuilles sont la marque de la prise de conscience et du pardon demandé. Reconnaître ses erreurs permet d'avancer et de repartir sur des bases plus saines.

    Et puis, comme chacun sait, un arbre finit toujours par perdre ses feuilles. Elles seront très vite emportées par le vent, nos erreurs avec elles, bien loin de nous.

     


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