• Pour permettre à mes élèves de visualiser le temps d'autonomie dont ils disposent sur un créneau d'autonomie donné, j'utilise en classe depuis quelques années un Time Timer.

    Aimanté sur le tableau de la classe, le timer me sert à afficher la durée du temps d'autonomie pour chacun des groupes. Les élèves peuvent donc voir de manière très concrète le temps qui reste pour réaliser leurs centres.

    Jusqu'à présent, j'utilisais celui-ci ...

    Le timer géant à 3 couleurs

    Je l'avais choisi pour deux raisons : c'était le moins cher car il était en promotion, il n'existait pas vraiment d'autre alternative abordable dans mes moyens à ce moment-là (oui, car là encore c'est un achat financé avec mes propres deniers ...).

    Mais, récemment, grâce au compte Instagram Apprends-moi autrement,

    Le timer géant à 3 couleurs

    j'ai découvert des minuteurs très intéressants et j'ai décidé d'investir dans celui-ci.

    Le timer géant à 3 couleurs

    Plus grand, (2 fois la taille du précédent) il sera plus visible des élèves, peu importe où ils se trouvent dans la classe.

    Plus pratique avec 3 systèmes d'accroche possibles, il pourra à la fois servir depuis le tableau pour travailler en demi-classe où depuis une table pour travailler en groupe.

    Plus ergonomique avec sa molette centrale, il sera plus facilement manipulable tant par moi que par mes élèves.

    Bref, c'était pile ce qu'il me fallait pour aider mes élèves à gérer et organiser encore mieux leurs temps d'autonomie !

    Pour vous offrir une vision plus précise de cet outil, voici une petite vidéo de présentation qui sera, je pense, plus intéressante que mille mots. (Et j'avoue, c'est plus rapide à faire pour moi qu'on long article ;-)).


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  • Durant les vacances de Noël, entre les repas de famille et les cadeaux à ouvrir, j’ai pris le temps de lire ! Enfin ! Ma liste de lectures pédagogiques en attente est longue comme deux fois mon bras mais je ne désespère pas : j’arriverai à tout lire ! Parmi mes lectures se trouve un des ouvrages d'une collection qui intéressera certainement les enseignants, notamment les débutants : «100 mots pour l’école » parue aux éditions Nathan.

    La collection "100 mots pour l'école" propose des ouvrages de formation définissant de façon synthétique et claire différents termes professionnels et incontournables permettant de mieux saisir le fonctionnement et les enjeux de l'école d'aujourd'hui.

    La collection 100 mots pour l'écoleLa collection 100 mots pour l'école            La collection 100 mots pour l'école

    Si la collection compte déjà 3 ouvrages et un prochain à paraitre courant 2019, je n’ai personnellement à ce jour pu lire que le Dictionnaire des besoins éducatifs particuliers (ci-après nommés BEP), car c'est celui qui m’intéressait personnellement le plus. ;-)

    La collection 100 mots pour l'école

    L’ouvrage se présente sous la forme de mots, expliqués sur une double page chacun, et permettant de comprendre :

    • le cadre général de l’enseignement ordinaire et spécialisé
    • les dispositifs existants pour scolariser les élèves à BEP
    • les démarches à réaliser pour démarrer un suivi ou une scolarisation dans l’enseignement spécialisé
    • les projets à monter pour suivre les élèves à BEP
    • le rôle des acteurs et des partenaires avec qui travailler dans l’intérêt des élèves
    • les points théoriques à maîtriser pour bien saisir les enjeux de chaque cas et de chaque situation

    La collection 100 mots pour l'école

     

    Voici pour vous donner une idée du contenu général, la liste des termes définis dans le dictionnaire que j'ai pu lire :

    La collection 100 mots pour l'école

     Voilà une petite vidéo de présentation rapide pour vous donner une idée plus précise du fonctionnement du livre et de sa présentation.

    Si j'ai choisi de faire un petit article sur cet ouvrage et plus particulièrement sur cette collection c'est parce qu'elle me semble être un support d'auto-formation intéressant, pour :

    • les étudiants préparant le CRPE : cet ouvrage donne une vision très précise de ce qui est possible de faire pour les élèves ayant des difficultés, qu’elles relèvent du champ du handicap ou non, des apprentissages ou du comportement ce qui permettra de disposer de certaines informations précises et pertinentes pour préparer le concours.
    • les enseignants débutants : les premiers postes dont on hérite en début de carrière sont souvent bien loin de ce qu’on imaginait (j’en parlais ici à travers ma propre expérience) et on doit très souvent se retrouver face à des situations difficiles à comprendre et à gérer quand on n’a pas reçu de formation spécifique sur certains sujets. Cette collection ne remplacera bien évidemment ni les formations ni les années d’expérience, mais elle a le mérite de mettre à la portée de chacun les éléments de base qui permettront de ne pas se sentir seul(e) et perdu(e) face à des démarches et des mots qu’on ne connait pas. Les articles étant classés par ordre alphabétique, il est possible d'accéder rapidement aux informations pour réviser ou pour se documenter très vite sur les textes réglementaires, les avancées de la recherche, des exemples de pratiques pédagogiques et des citations de professionnels.

    Si vous souhaitez en savoir plus, cliquez juste ici pour allez feuilleter l'ouvrage, le commander ou télécharger l'e-book sur le site des éditions Nathan. ;-)

     


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  • Après avoir réalisé plusieurs fois cette animation pédagogique avec Maitresse Sev, nous allons enfin pouvoir retrouver des mercredis libres et nous reposer un peu.

    Mais avant ça, nous vous proposons la version finale qui contient donc une grande partie des remarques et des questions posées par les collègues lors de ces temps de formation. 

    Animation pédagogique : une classe CENTREE sur les apprentissages

    Nous espérons que ce PDF vous aidera à y voir plus clair ... Nous avons reçu de nombreux conseils de la part des collègues venus ce matin pour la dernière animation et nous travaillons dessus afin d'inclure toutes ces idées dans de futurs articles sur les blogs ... 


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  •  Cette année, je dois faire face à un groupe classe qui, s'il gère très bien son travail en autonomie, sait aussi très bien profiter de ce temps pour discuter de tout et de rien. Il m'a donc fallu trouver des solutions pour permettre aux autres de travailler dans le calme et ne pas finir sourde avant la fin de l'année.

    Si mes élèves parviennent sans peine à lire et gérer leur plan de travail, certains ont régulièrement du mal à le terminer pour une raison très simple : ils papotent !

    Du matin au soir, de la récré à la pause méridienne ... Les bavardages sont le mal de mon année 2018-2019 ! ;-p

    Aussi, j'ai d'abord revu la composition des demi-classes puis la formation des binômes, l'aménagement et l'organisation des assises, utiliser des signaux différents pour signaler le trop haut niveau sonore ... Rien n'y a fait ! Cela calme les blablas quelques temps ... puis cela reprend !

    En revanche, j'ai remarqué que tous les élèves qui "parlent à outrance" ont un point commun : ils adorent choisir l'ordre de leurs centres d'autonomie !

    J'ai donc décidé de ne plus leur permettre de le faire (au moins pour un temps) en leur imposant l'ordre des leurs activités d'autonomie.

    Inspirée par le plan de travail collectif de ma collègue Maitresse Sev, j'ai adapté un plan de travail spécifique, planifié et facilement compréhensible de mes CP, indiquant pour chaque jour de la semaine, les centres que les élèves devront réaliser.

    Comment je l'ai présenté en classe ?

    Je ne souhaitais pas que mes élèves prennent ce fonctionnement comme une punition mais comme un moyen de leur permettre d'améliorer leur comportement dans l'intérêt de toute la classe. Aussi, j'ai souhaité discuter de ce plan de travail en classe entière afin que cette solution soit le fruit d'une réflexion collective motivée par les remarques des élèves les plus calmes réclamant plus de calme et moins des bavardages de leurs camarades. 

    Suite à un débat de classe, de nombreux élèves ont soulevé le fait qu'il y avait trop de bruit et de bavardages en classe. Certains élèves se sont sentis concernés et j'en ai donc profité pour leur expliquer que cela ne serait plus possible car leur comportement nuit énormément au bon déroulement de la classe et au calme ambiant. Aussi, tant qu'ils ne feront pas d'efforts pour réduire leurs échanges et le volume sonore et tant que je ne pourrais pas leur faire confiance sur leur comportement lors des temps d'autonomie, je me devais de prendre des dispositions pour permettre à tous les élèves de travailler dans les meilleures conditions possibles.

    Les élèves ont très bien compris et accepté ce nouveau type de plan de travail qui leur impose non seulement l'ordre des leurs activités mais qui les oblige également à travailler seul. (Oui, parce que le but reste quand même de réduire le bruit rapidement et efficacement). Ils disposent de la possibilité de prendre les Z-tools et les dessertes pour venir réaliser leurs activités au coeur du U, au calme, sous mes yeux et, par la même occasion, éloignés du reste du groupe en autonomie. De quoi les isoler un peu sans pour autant les priver du cadre du travail de la classe et des référents dont ils pourraient avoir besoin. Lorsque les élèves se sentiront prêts à maîtriser leurs bavardages et à se séparer du plan de travail planifié, ils pourront revenir à un plan de travail individuel et libre de choix.

    Si les élèves doivent prendre conscience de leurs points forts et leurs point faibles en terme d'apprentissages pour pouvoir progresser, il est à mes yeux important qu'ils soient également au clair avec leur comportement, ses atouts, ses faiblesses et la route qu'il reste à parcourir pour l'améliorer.

    On ne maitrise bien que ce que l'on connait et ce dont on a conscience.

    Pour gagner du temps et économiser du papier, j'ai opté pour un plan de travail planifié et des étiquettes-centres qui seront plastifiés et aimantés au tableau. Je n'aurais qu'à changer les étiquettes chaque semaine pour l'adapter aux nouveaux centres. (J'adore mon métier et ce fonctionnement mais il faut savoir s'économiser aussi ;-)).

    Voici l'affichage créé pour ma classe avec les étiquettes des centres.

    En espérant qu'il puisse vous servir, pour réduire les bavardages ou même aider vos loulous à organiser leur travail en autonomie. ;-)


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  • Cette année je tente de mettre en place en EMC des séances un peu particulières de discussions, étude de cas, débats … afin de mettre en place un réel temps d’éducation à l’empathie.

    L’empathie qu’est-ce que c’est ?

    C’est la capacité à ressentir les émotions de quelqu'un d'autre, à se mettre à la place d'autrui.

    L'empathie a deux formes principales :

    • l’empathie cognitive qui consiste à comprendre les idées d'un autre
    • l'empathie émotionnelle qui consiste à comprendre et à partager les sentiments d’autrui.

     J'ai personnellement décidé de me pencher plus particulièrement sur la deuxième sorte d'empathie avec mes élèves cette année pour plusieurs raisons.

     

    Pourquoi vouloir « enseigner » l’empathie ?

    Si l’empathie est un sujet qui m’intéresse beaucoup depuis un moment (notamment depuis que je suis devenue maman), je ne me suis réellement penchée sur son enseignement à l’école qu’en septembre.

    En effet, je me suis retrouvée face à un groupe classe que l’on pourrait sans peine qualifier de « difficile », avec plusieurs élèves plutôt perturbateurs et ayant de nombreuses difficultés de gestion du comportement.

    Les violences en tous genres (physiques et verbales), l’insolence, les regards défiants et les gestes déplacés envers les adultes de l’établissement étaient des éléments d’expression naturels pour une grande majorité de mes nouveaux élèves.

    Malgré toutes mes lectures autour des comportements et des troubles associés, malgré toutes les choses mises en place dans ma classe pour offrir un cadre serein de maitrise de leur comportement, je me suis vite sentie perdue et démunie face à ces élèves à l’attitude « incroyable pour des CP ».

    Eduquer à l'empathie par les émotions   Eduquer à l'empathie par les émotions        Eduquer à l'empathie par les émotions

    J’ai un temps songé à remettre en place un système de gestion du comportement qui ferait perdre des points ou en gagner, comme j’avais il y a quelques années et qui est bien connu dans les classes en général, mais je n’ai pas pu m’y résoudre car :

    • Tout d’abord, étant donné l’ampleur des « écarts » aux règles auxquels je devais faire face en classe, il m’aurait fallu une bonne vingtaine de niveaux différents pour établir une échelle viable. Cela aurait été une perte de temps et d’énergie considérable pour moi (et j’étais déjà bien assez épuisée sans cela !)
    • Ensuite, je ne voulais pas tomber dans un système d'obéissance pure et simple. A l’école et même au-delà, dans la société, tout est basé sur l'obéissance à la loi, aux règles : « Tu ne dois pas frapper ton camarade parce que c’est interdit par les règles de l’école ». Je voulais absolument éviter cette obligation "bête et disciplinée" et vraiment garder dans ma classe un esprit positif selon lequel, si je ne peux pas frapper un camarade c’est avant tout parce que ce camarade est un alter ego, un être humain comme moi, qui mérite un traitement bienveillant, comme moi. Je pourrais être lui et il pourrait être moi, demain, dans une situation inverse mais similaire.
    • pour finir, cela m’aurait demandé de renier tout ce en quoi je crois en termes de comportements. Je ne pouvais pas faire un tel pas en arrière. Je ne m’y autorisais pas. Comment aurais-je pu faire un trait sur autant de convictions à la première difficulté ? Cela m’était impossible. Quand on croit en quelque chose, on lève la tête et on y va.

    J’ai donc finalement décidé de retrousser mes manches plutôt que de me laisser abattre ou dépasser et je me suis réfugiée dans une alternative que je maitrise assez bien et qui devait pouvoir offrir à ma classe une marge de progression conséquente : ENSEIGNER !

     Mais comment faire ? Les situations étaient tellement variées et explosives que je ne voyais d'abord pas comment j'allais pouvoir agir efficacement. J’ai donc sortir mon cahier de maitresse et mes fiches de suivi individuel pour observer mes petites têtes blondes, brunes et noires et prendre des notes. J’ai très vite pu remarquer des éléments récurrents et des difficultés majeures qui étaient :

    • la non-maitrise de l’impulsivité : les élèves posant des difficultés ont un comportement qui peut être sans peine qualifié d’éruptif. Le moindre haussement de sourcil d’un camarade peut les faire sortir de leur zone de calme et partir dans des excès de violence extrême.
    • la non-compréhension de leurs propres émotions : plusieurs élèves ne parvenaient pas à mettre de nom sur leurs émotions. Tristesse et colère étaient identiques à leurs yeux. Rire était toujours synonyme de moquerie pour eux ce qui causait bon nombre de conflits.
    • un égocentrisme très fort : les élèves présentant le plus de résistance étaient en général très « égoïste ». Jamais ils ne portaient de regard sur les autres (ou alors uniquement négatif suite à une altercation).

    J’ai dans un premier temps cherché de l’aide autour de moi en parlant avec mes collègues, en prenant contact avec les enseignants précédents des élèves, ... Soupçonnant des troubles du comportement pour certains mais n’étant pas formée à les diagnostiquer moi-même, j’ai monté des dossiers bien fournis et détaillés de demandes d’aides au RASED, élaboré des PPRE, anticipé des PAP, rencontré les parents pour mettre en place une co-éducation efficace, etc … Bref, j'ai fait absolument tout ce qui était en mon pouvoir d'un point de vue administratif mais, n’ayant plus de psychologue scolaire ni de maitre G dans mon école et ne sachant du coup pas quand des bilans pourraient être faits pour envisager une suite et un suivi pertinent pour chacun des enfants concernés, je ne pouvais pas rester les bras croisés à ne rien faire et à attendre qu'un miracle opère. J’ai donc sorti mon ordinateur pour chercher ce que je pouvais faire de plus, au quotidien, pour améliorer le climat scolaire mais, aussi et surtout, aider mes élèves à mieux se maitriser dans l’avenir.

    L’éducation à l’empathie m’est alors apparue comme une solution adaptée à mes constats et aux besoins de mes élèves.

    Oui car en fait le problème venait de là.

    Ces élèves n’avaient que peu d’empathie.

    Je m'interdis à dire qu'ils n'en ont pas car j'ai pu lire beaucoup d'articles sur le sujet et appris que l'empathie est en quelque sort "innée". Voici un petit reportage qui pourra sans doute vous éclairer sur la questions.

     

    Et là, j’entendais déjà les remarques de Grand-Tonton, le dimanche midi chez mamie, me venir aux oreilles : « Mais y a pas d’histoire d’empathie ou quoi, ou qu’est-ce ! C’est les jeunes d’aujourd’hui qui ne sont plus éduqués … et ils font n’importe quoi … et ils sont sur leurs tablettes toute la journée … de mon temps on jouait dehors, on ne faisait pas tout ça … et bla bla bli et bla bla bla. ».

    Alors oui, Grand-Tonton. Tu as raison. De ton temps, tu ne jouais pas sur la tablette. Tu ne pouvais pas. Il n’y en avait tout bonnement pas ! Le fait est qu’aujourd’hui, il y en a. Que tu le veuilles ou non, c’est comme ça. Ca s'appelle le XXième siècle. Les tablettes, les ordinateurs, les smartphones, etc … ça existe ! Et que les enfants en aient entre les mains ou non, ils naissent tous dans un monde où ces éléments font et feront partie de leur quotidien de vie et de travail. Donc plutôt que de critiquer et de jeter la pierre sur les autres parce que c'est tellement plus facile que de balayer devant sa porte, je préfère essayer de réfléchir à la question pour tenter de faire avancer le schmilblick. Rester là à faire des constats qui ne servent à rien, à émettre des critiques alors que je n'ai pas de solutions pour améliorer les choses, ce n'est pas mon truc et, mis à part à brasser du vent, ça ne sert pas à grand chose.

    Donc, voilà les faits, les vrais : Les élèves du XXIème siècle vivent à une époque où tout va vite, où tout change constamment. Ils appuyent sur un bouton et HOP ! Quelque chose se passe. Action, réaction ! Entre les deux, pas de réflexion nécessaire. Ca se fait, c'est tout, c'est comme ça. (Quelqu'un a fait en sorte que cela puisse se produire bien sûr, mais ce travail de réflexion n'est pas du ressort de l'utilisateur. Lui il profite seulement de ce travail.) En fait, j'ai finalement pu remarquer que mes élèves agissent pareil en terme de comportement. On les regarde. Ils frappent. Action, réaction ! Entre les deux, pas d’observation, pas d’analyse, pas de relation.

    Ainsi, avant que mes élèves puissent se mettre à la place des autres et les considérer comme des êtres à part entière, dotés de sentiments, d’émotions et des volontés propres, ils devaient d’abord apprendre à prendre le temps de se connaître, de passer du temps ensemble et de créer des liens entre eux.

    Non seulement, cela leur servira en classe dès aujourd’hui, mais cela leur sera indispensable quand ils entreront dans le monde du travail demain.

    La compréhension des sentiments et des points de vue des autres est le fondement d’une bonne communication, d’un esprit d’équipe.

    Concernant l’empathie, deux sources me sont rapidement apparues comme incontournables. Il s’agit des travaux de Catherine Gueguen et du sociologue Omar Zanna. Leurs travaux sont tellement riches que je ne pourrais vous les résumer ici. Je vous glisse donc en priorité les liens vers leurs vidéos et certains de leurs ouvrages que j'ai pu découvrir (merci les copines pour le prêt ;-)) afin que vous puissiez vous faire une idée précise de leur travail et de ce qui me sert de base de travail avec mes élèves.

     

    Eduquer à l'empathie par les émotions   Eduquer à l'empathie par les émotions

    Document Eduscol suite à une expérimentation du livre

     

    Voici un ouvrage de O. Zanna et B. Jarry qui est cité en référence sur le sujet partout mais que je n'ai pas pu lire (Il est malgré tout dans ma liste de lectures à venir ;-)).

    Eduquer à l'empathie par les émotions

    Je me suis aussi inspirée des activités proposées dans les ouvrages de la collection "Le cabinet des émotions" de Stéphanie Couturier (éditions MARABOUT) que j'avais découvert sur le blog de La Maitresseuh. Un des ouvrages est centré sur l'empathie et les autres sont spécifiques à différentes émotions (colère, peur,  confiance en soi ...).

    Eduquer à l'empathie

    Ces petits ouvrages à moins de 6€ sont de véritables petites mines d'or, des boites à outils normalement destinées aux parents mais dont les activités sont tout à fait réalisables en classe pour améliorer le climat scolaire et aider les élèves à gérer leurs émotions et à résoudre leurs problèmes ensemble.

    J'ai aussi pu découvrir grâce à ma collègue Un tour en ULIS et à l'ouvrage "Troubles du comportement en milieu scolaire", le jeu des Trois figures.

    Eduquer à l'empathie

    C'est une activité théâtrale créée en 2007 par Serge Tisseron pour lutter contre les effets délétères de la surconsommation d'écrans en développant la réflexion critique, et en encourageant les compétences exécutives et l'empathie de la maternelle au collège. Il est appelé ainsi en référence aux trois personnages de l’agresseur, de la victime et du tiers, qui peut être simple témoin, redresseur de torts ou sauveteur. Ce jeu ne peut être pratiqué qu'après une formation reconnue par un diplôme. Si ma collègue bénéficie d'une intervention reconnue pour pratiquer ce jeu avec sa classe régulièrement, je n'ai pas pu personnellement le pratiquer avec mes propres élèves. Pour me consoler, j'ai cherché sur le net et j'ai regardé des vidéos sur le sujet. Je m'en inspire un peu pour élaborer des activités mêlant théâtre et EMC car il se trouve que mes élèves se révèlent dans les activités artistiques, notamment la comédie. Les séances menées avec la méthode Narramus en compréhension de texte m'ont permis de les découvrir sous un autre angle et l'utilisation de la mise en scène est un excellent moyen de mettre à jour des éléments qui ne sautent pas aux yeux des enfants "sur le vif".

     

    En étudiant la liste des éléments sur lesquels agir pour développer l'empathie en classe, j’ai pu me rassurer un peu. Le long travail mené depuis plusieurs années sur l'aménagement de classe, le changement de pratique ... m'offraient de "bonnes bases" et beaucoup de clés pour faire aboutir ma démarche :

    • repenser ses pratiques : centres d'autonomie, changement de posture de l'enseignant ...
    • revoir l’espace classe : classe flexible, pôles d'apprentissage ...
    • développer des dispositifs pour réguler ses émotions : activités EMC sur les émotions, centre du calme, outils d'aide à la concentration (casques, brise-vue ...)
    • changer sa façon d’évaluer : fin des évaluations sommatives, mise en place du cahier de progrès ...
    • mettre en place une pédagogie coopérative : activités d'EPS pour mieux se connaître, mise en place du tutorat et de l'entraide ...

    En novembre dernier, l’académie d’Amiens a publié une "fiche de route" à destination des enseignants afin de promouvoir l’empathie en classe. Elle reprend les éléments cités plus haut en les organisant de manière à créer une logique de mise en palace en classe. Voici donc les 3 étapes principales conseillées pour établir une éducation à l'empathie en classe :

    1. Se préparer (phase spécifique de l’enseignant)
      • Créer un espace sûr
      • Développer des compétences émotionnelles
      • Montrer l’exemple
    2. S’engager
      • Jeux en groupe
      • Raconter des histoires
      • Immersion
      • Résolution collective de problèmes
    3. Réfléchir et agir
      • Identifier les valeurs communes et les différences
      • Instiller du courage
      • Permettre l’action

     

    Le travail sur les émotions

    Comme spécifié dans la fiche de route ci-dessus, pour développer l’empathie, un gros travail préalable sur l’identification des émotions est nécessaire. C'est sur ce point que j'ai accès de nombreuses séances de classe en EMC, en compréhension de textes, ...

    Durant la première période de l’année, les séances de travail sur les émotions se sont basées sur des albums de littérature de jeunesse. Beaucoup d’entre eux parlaient de la colère car c’est l’émotion que posait le plus de difficulté à mes élèves.

    Voici un petit tour des albums que j’ai pu faire découvrir à mes élèves ainsi que quelques liens vers des supports d’exploitation que j’ai pu utiliser. (Là encore, merci aux collègues et copines pour les prêts).

     

    Eduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotions

    Voici un lien vers le blog La classe de Luccia et une séquence de travail sur la Couleur des émotions "façon Narramus". Merci à la collègue pour ce super boulot qui m'a énormément aidé dans ma démarche !!

    Un gros travail "sur le vif" a été réalisé avec les élèves qui en avaient le plus besoin : "débriefing" après un comportement déviant, réflexion individuelle ou collective (selon les cas) ...

    Une fois que mes élèves avaient pu découvrir tous les secrets de leurs propres émotions, il a fallu mener avec eux un travail d’analyse des émotions des autres. Comme je le disais précédemment, mes élèves étaient très impulsifs et ne prenaient pas le temps d’observer leur camarade pour bien saisir leurs émotions et leurs volontés d'action. Pour se faire j’ai créé un petit diaporama permettant de faire comprendre aux élèves qu’il faut réfléchir avant d’agir et observer avant de tirer des conclusions hâtives. Dans ce diaporama, les émotions sont toujours analysées de la même façon afin que les élèves puissent établir un processus d’analyse des émotions.

    1. Découverte d'un visage

    2. Repérage d'une émotion

    3. Analyse des indices corporels 

    4. Recherche des causes de l'émotion

    5. Anticipation des actions possibles

     

    Eduquer à l'empathie par les émotions

     

    Pour conclure, je pense qu'enseigner et développer l’empathie en classe n’est pas à sens unique.

    Les élèves y gagnent beaucoup et les progrès sont visibles au sein de ma classe. Ils peuvent se voir chez certains élèves dont le comportement a vraiment radicalement changé, dans le meilleure sens possible. Pour d'autres, les évolutions et les progrès sont sensibles mais bien là malgré tout. Chacun son rythme. Laissons faire le temps.

    L’enseignant y gagne aussi beaucoup. Peut-être même plus que les élèves. J’y gagne personnellement énormément chaque jour. Développer l'empathie c'est un peu de l'auto-formation en direct sur le terrain. Par cet enseignement particulier, je découvre mes élèves sous un nouveau jour. Ils se révèlent en me révélant de manière plus ou moins explicite des éléments qui me permettent de mieux les comprendre, des éléments qui, une fois décryptés, permettre de mettre à jour bien des explications sur des éléments passés.

    Il est indéniable que je développe également ma propre empathie. Je pensais en avoir. J’en avais très certainement. Je peux encore en avoir plus. Je pense à présent que l’empathie n’est jamais totalement acquise.

    Tout peut toujours être amélioré. Même l’empathie.


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