• Cette année je tente de mettre en place en EMC des séances un peu particulières de discussions, étude de cas, débats … afin de mettre en place un réel temps d’éducation à l’empathie.

    L’empathie qu’est-ce que c’est ?

    C’est la capacité à ressentir les émotions de quelqu'un d'autre, à se mettre à la place d'autrui.

    L'empathie a deux formes principales :

    • l’empathie cognitive qui consiste à comprendre les idées d'un autre
    • l'empathie émotionnelle qui consiste à comprendre et à partager les sentiments d’autrui.

     J'ai personnellement décidé de me pencher plus particulièrement sur la deuxième sorte d'empathie avec mes élèves cette année pour plusieurs raisons.

     

    Pourquoi vouloir « enseigner » l’empathie ?

    Si l’empathie est un sujet qui m’intéresse beaucoup depuis un moment (notamment depuis que je suis devenue maman), je ne me suis réellement penchée sur son enseignement à l’école qu’en septembre.

    En effet, je me suis retrouvée face à un groupe classe que l’on pourrait sans peine qualifier de « difficile », avec plusieurs élèves plutôt perturbateurs et ayant de nombreuses difficultés de gestion du comportement.

    Les violences en tous genres (physiques et verbales), l’insolence, les regards défiants et les gestes déplacés envers les adultes de l’établissement étaient des éléments d’expression naturels pour une grande majorité de mes nouveaux élèves.

    Malgré toutes mes lectures autour des comportements et des troubles associés, malgré toutes les choses mises en place dans ma classe pour offrir un cadre serein de maitrise de leur comportement, je me suis vite sentie perdue et démunie face à ces élèves à l’attitude « incroyable pour des CP ».

    Eduquer à l'empathie par les émotions   Eduquer à l'empathie par les émotions        Eduquer à l'empathie par les émotions

    J’ai un temps songé à remettre en place un système de gestion du comportement qui ferait perdre des points ou en gagner, comme j’avais il y a quelques années et qui est bien connu dans les classes en général, mais je n’ai pas pu m’y résoudre car :

    • Tout d’abord, étant donné l’ampleur des « écarts » aux règles auxquels je devais faire face en classe, il m’aurait fallu une bonne vingtaine de niveaux différents pour établir une échelle viable. Cela aurait été une perte de temps et d’énergie considérable pour moi (et j’étais déjà bien assez épuisée sans cela !)
    • Ensuite, je ne voulais pas tomber dans un système d'obéissance pure et simple. A l’école et même au-delà, dans la société, tout est basé sur l'obéissance à la loi, aux règles : « Tu ne dois pas frapper ton camarade parce que c’est interdit par les règles de l’école ». Je voulais absolument éviter cette obligation "bête et disciplinée" et vraiment garder dans ma classe un esprit positif selon lequel, si je ne peux pas frapper un camarade c’est avant tout parce que ce camarade est un alter ego, un être humain comme moi, qui mérite un traitement bienveillant, comme moi. Je pourrais être lui et il pourrait être moi, demain, dans une situation inverse mais similaire.
    • pour finir, cela m’aurait demandé de renier tout ce en quoi je crois en termes de comportements. Je ne pouvais pas faire un tel pas en arrière. Je ne m’y autorisais pas. Comment aurais-je pu faire un trait sur autant de convictions à la première difficulté ? Cela m’était impossible. Quand on croit en quelque chose, on lève la tête et on y va.

    J’ai donc finalement décidé de retrousser mes manches plutôt que de me laisser abattre ou dépasser et je me suis réfugiée dans une alternative que je maitrise assez bien et qui devait pouvoir offrir à ma classe une marge de progression conséquente : ENSEIGNER !

     Mais comment faire ? Les situations étaient tellement variées et explosives que je ne voyais d'abord pas comment j'allais pouvoir agir efficacement. J’ai donc sortir mon cahier de maitresse et mes fiches de suivi individuel pour observer mes petites têtes blondes, brunes et noires et prendre des notes. J’ai très vite pu remarquer des éléments récurrents et des difficultés majeures qui étaient :

    • la non-maitrise de l’impulsivité : les élèves posant des difficultés ont un comportement qui peut être sans peine qualifié d’éruptif. Le moindre haussement de sourcil d’un camarade peut les faire sortir de leur zone de calme et partir dans des excès de violence extrême.
    • la non-compréhension de leurs propres émotions : plusieurs élèves ne parvenaient pas à mettre de nom sur leurs émotions. Tristesse et colère étaient identiques à leurs yeux. Rire était toujours synonyme de moquerie pour eux ce qui causait bon nombre de conflits.
    • un égocentrisme très fort : les élèves présentant le plus de résistance étaient en général très « égoïste ». Jamais ils ne portaient de regard sur les autres (ou alors uniquement négatif suite à une altercation).

    J’ai dans un premier temps cherché de l’aide autour de moi en parlant avec mes collègues, en prenant contact avec les enseignants précédents des élèves, ... Soupçonnant des troubles du comportement pour certains mais n’étant pas formée à les diagnostiquer moi-même, j’ai monté des dossiers bien fournis et détaillés de demandes d’aides au RASED, élaboré des PPRE, anticipé des PAP, rencontré les parents pour mettre en place une co-éducation efficace, etc … Bref, j'ai fait absolument tout ce qui était en mon pouvoir d'un point de vue administratif mais, n’ayant plus de psychologue scolaire ni de maitre G dans mon école et ne sachant du coup pas quand des bilans pourraient être faits pour envisager une suite et un suivi pertinent pour chacun des enfants concernés, je ne pouvais pas rester les bras croisés à ne rien faire et à attendre qu'un miracle opère. J’ai donc sorti mon ordinateur pour chercher ce que je pouvais faire de plus, au quotidien, pour améliorer le climat scolaire mais, aussi et surtout, aider mes élèves à mieux se maitriser dans l’avenir.

    L’éducation à l’empathie m’est alors apparue comme une solution adaptée à mes constats et aux besoins de mes élèves.

    Oui car en fait le problème venait de là.

    Ces élèves n’avaient que peu d’empathie.

    Je m'interdis à dire qu'ils n'en ont pas car j'ai pu lire beaucoup d'articles sur le sujet et appris que l'empathie est en quelque sort "innée". Voici un petit reportage qui pourra sans doute vous éclairer sur la questions.

     

    Et là, j’entendais déjà les remarques de Grand-Tonton, le dimanche midi chez mamie, me venir aux oreilles : « Mais y a pas d’histoire d’empathie ou quoi, ou qu’est-ce ! C’est les jeunes d’aujourd’hui qui ne sont plus éduqués … et ils font n’importe quoi … et ils sont sur leurs tablettes toute la journée … de mon temps on jouait dehors, on ne faisait pas tout ça … et bla bla bli et bla bla bla. ».

    Alors oui, Grand-Tonton. Tu as raison. De ton temps, tu ne jouais pas sur la tablette. Tu ne pouvais pas. Il n’y en avait tout bonnement pas ! Le fait est qu’aujourd’hui, il y en a. Que tu le veuilles ou non, c’est comme ça. Ca s'appelle le XXième siècle. Les tablettes, les ordinateurs, les smartphones, etc … ça existe ! Et que les enfants en aient entre les mains ou non, ils naissent tous dans un monde où ces éléments font et feront partie de leur quotidien de vie et de travail. Donc plutôt que de critiquer et de jeter la pierre sur les autres parce que c'est tellement plus facile que de balayer devant sa porte, je préfère essayer de réfléchir à la question pour tenter de faire avancer le schmilblick. Rester là à faire des constats qui ne servent à rien, à émettre des critiques alors que je n'ai pas de solutions pour améliorer les choses, ce n'est pas mon truc et, mis à part à brasser du vent, ça ne sert pas à grand chose.

    Donc, voilà les faits, les vrais : Les élèves du XXIème siècle vivent à une époque où tout va vite, où tout change constamment. Ils appuyent sur un bouton et HOP ! Quelque chose se passe. Action, réaction ! Entre les deux, pas de réflexion nécessaire. Ca se fait, c'est tout, c'est comme ça. (Quelqu'un a fait en sorte que cela puisse se produire bien sûr, mais ce travail de réflexion n'est pas du ressort de l'utilisateur. Lui il profite seulement de ce travail.) En fait, j'ai finalement pu remarquer que mes élèves agissent pareil en terme de comportement. On les regarde. Ils frappent. Action, réaction ! Entre les deux, pas d’observation, pas d’analyse, pas de relation.

    Ainsi, avant que mes élèves puissent se mettre à la place des autres et les considérer comme des êtres à part entière, dotés de sentiments, d’émotions et des volontés propres, ils devaient d’abord apprendre à prendre le temps de se connaître, de passer du temps ensemble et de créer des liens entre eux.

    Non seulement, cela leur servira en classe dès aujourd’hui, mais cela leur sera indispensable quand ils entreront dans le monde du travail demain.

    La compréhension des sentiments et des points de vue des autres est le fondement d’une bonne communication, d’un esprit d’équipe.

    Concernant l’empathie, deux sources me sont rapidement apparues comme incontournables. Il s’agit des travaux de Catherine Gueguen et du sociologue Omar Zanna. Leurs travaux sont tellement riches que je ne pourrais vous les résumer ici. Je vous glisse donc en priorité les liens vers leurs vidéos et certains de leurs ouvrages que j'ai pu découvrir (merci les copines pour le prêt ;-)) afin que vous puissiez vous faire une idée précise de leur travail et de ce qui me sert de base de travail avec mes élèves.

     

    Eduquer à l'empathie par les émotions   Eduquer à l'empathie par les émotions

    Document Eduscol suite à une expérimentation du livre

     

    Voici un ouvrage de O. Zanna et B. Jarry qui est cité en référence sur le sujet partout mais que je n'ai pas pu lire (Il est malgré tout dans ma liste de lectures à venir ;-)).

    Eduquer à l'empathie par les émotions

    Je me suis aussi inspirée des activités proposées dans les ouvrages de la collection "Le cabinet des émotions" de Stéphanie Couturier (éditions MARABOUT) que j'avais découvert sur le blog de La Maitresseuh. Un des ouvrages est centré sur l'empathie et les autres sont spécifiques à différentes émotions (colère, peur,  confiance en soi ...).

    Eduquer à l'empathie

    Ces petits ouvrages à moins de 6€ sont de véritables petites mines d'or, des boites à outils normalement destinées aux parents mais dont les activités sont tout à fait réalisables en classe pour améliorer le climat scolaire et aider les élèves à gérer leurs émotions et à résoudre leurs problèmes ensemble.

    J'ai aussi pu découvrir grâce à ma collègue Un tour en ULIS et à l'ouvrage "Troubles du comportement en milieu scolaire", le jeu des Trois figures.

    Eduquer à l'empathie

    C'est une activité théâtrale créée en 2007 par Serge Tisseron pour lutter contre les effets délétères de la surconsommation d'écrans en développant la réflexion critique, et en encourageant les compétences exécutives et l'empathie de la maternelle au collège. Il est appelé ainsi en référence aux trois personnages de l’agresseur, de la victime et du tiers, qui peut être simple témoin, redresseur de torts ou sauveteur. Ce jeu ne peut être pratiqué qu'après une formation reconnue par un diplôme. Si ma collègue bénéficie d'une intervention reconnue pour pratiquer ce jeu avec sa classe régulièrement, je n'ai pas pu personnellement le pratiquer avec mes propres élèves. Pour me consoler, j'ai cherché sur le net et j'ai regardé des vidéos sur le sujet. Je m'en inspire un peu pour élaborer des activités mêlant théâtre et EMC car il se trouve que mes élèves se révèlent dans les activités artistiques, notamment la comédie. Les séances menées avec la méthode Narramus en compréhension de texte m'ont permis de les découvrir sous un autre angle et l'utilisation de la mise en scène est un excellent moyen de mettre à jour des éléments qui ne sautent pas aux yeux des enfants "sur le vif".

     

    En étudiant la liste des éléments sur lesquels agir pour développer l'empathie en classe, j’ai pu me rassurer un peu. Le long travail mené depuis plusieurs années sur l'aménagement de classe, le changement de pratique ... m'offraient de "bonnes bases" et beaucoup de clés pour faire aboutir ma démarche :

    • repenser ses pratiques : centres d'autonomie, changement de posture de l'enseignant ...
    • revoir l’espace classe : classe flexible, pôles d'apprentissage ...
    • développer des dispositifs pour réguler ses émotions : activités EMC sur les émotions, centre du calme, outils d'aide à la concentration (casques, brise-vue ...)
    • changer sa façon d’évaluer : fin des évaluations sommatives, mise en place du cahier de progrès ...
    • mettre en place une pédagogie coopérative : activités d'EPS pour mieux se connaître, mise en place du tutorat et de l'entraide ...

    En novembre dernier, l’académie d’Amiens a publié une "fiche de route" à destination des enseignants afin de promouvoir l’empathie en classe. Elle reprend les éléments cités plus haut en les organisant de manière à créer une logique de mise en palace en classe. Voici donc les 3 étapes principales conseillées pour établir une éducation à l'empathie en classe :

    1. Se préparer (phase spécifique de l’enseignant)
      • Créer un espace sûr
      • Développer des compétences émotionnelles
      • Montrer l’exemple
    2. S’engager
      • Jeux en groupe
      • Raconter des histoires
      • Immersion
      • Résolution collective de problèmes
    3. Réfléchir et agir
      • Identifier les valeurs communes et les différences
      • Instiller du courage
      • Permettre l’action

     

    Le travail sur les émotions

    Comme spécifié dans la fiche de route ci-dessus, pour développer l’empathie, un gros travail préalable sur l’identification des émotions est nécessaire. C'est sur ce point que j'ai accès de nombreuses séances de classe en EMC, en compréhension de textes, ...

    Durant la première période de l’année, les séances de travail sur les émotions se sont basées sur des albums de littérature de jeunesse. Beaucoup d’entre eux parlaient de la colère car c’est l’émotion que posait le plus de difficulté à mes élèves.

    Voici un petit tour des albums que j’ai pu faire découvrir à mes élèves ainsi que quelques liens vers des supports d’exploitation que j’ai pu utiliser. (Là encore, merci aux collègues et copines pour les prêts).

     

    Eduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotionsEduquer à l'empathie par les émotions

    Voici un lien vers le blog La classe de Luccia et une séquence de travail sur la Couleur des émotions "façon Narramus". Merci à la collègue pour ce super boulot qui m'a énormément aidé dans ma démarche !!

    Un gros travail "sur le vif" a été réalisé avec les élèves qui en avaient le plus besoin : "débriefing" après un comportement déviant, réflexion individuelle ou collective (selon les cas) ...

    Une fois que mes élèves avaient pu découvrir tous les secrets de leurs propres émotions, il a fallu mener avec eux un travail d’analyse des émotions des autres. Comme je le disais précédemment, mes élèves étaient très impulsifs et ne prenaient pas le temps d’observer leur camarade pour bien saisir leurs émotions et leurs volontés d'action. Pour se faire j’ai créé un petit diaporama permettant de faire comprendre aux élèves qu’il faut réfléchir avant d’agir et observer avant de tirer des conclusions hâtives. Dans ce diaporama, les émotions sont toujours analysées de la même façon afin que les élèves puissent établir un processus d’analyse des émotions.

    1. Découverte d'un visage

    2. Repérage d'une émotion

    3. Analyse des indices corporels 

    4. Recherche des causes de l'émotion

    5. Anticipation des actions possibles

     

    Eduquer à l'empathie par les émotions

     

    Pour conclure, je pense qu'enseigner et développer l’empathie en classe n’est pas à sens unique.

    Les élèves y gagnent beaucoup et les progrès sont visibles au sein de ma classe. Ils peuvent se voir chez certains élèves dont le comportement a vraiment radicalement changé, dans le meilleure sens possible. Pour d'autres, les évolutions et les progrès sont sensibles mais bien là malgré tout. Chacun son rythme. Laissons faire le temps.

    L’enseignant y gagne aussi beaucoup. Peut-être même plus que les élèves. J’y gagne personnellement énormément chaque jour. Développer l'empathie c'est un peu de l'auto-formation en direct sur le terrain. Par cet enseignement particulier, je découvre mes élèves sous un nouveau jour. Ils se révèlent en me révélant de manière plus ou moins explicite des éléments qui me permettent de mieux les comprendre, des éléments qui, une fois décryptés, permettre de mettre à jour bien des explications sur des éléments passés.

    Il est indéniable que je développe également ma propre empathie. Je pensais en avoir. J’en avais très certainement. Je peux encore en avoir plus. Je pense à présent que l’empathie n’est jamais totalement acquise.

    Tout peut toujours être amélioré. Même l’empathie.


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  • Depuis ma lecture sur la différenciation pédagogique, les différents types de mémoire et les profils d'apprentissages (je vous en parlais ici il y a quelques mois), j'essaye autant que possible de proposer dans ma classe des enseignements où chaque élève pourra s'y retrouver, notamment en musique, discipline avec laquelle je rencontre quelques difficultés.

    J'aime la musique ! Je l'adore même et je ne pourrais certainement pas vivre sans !

    Mais je serai bien mal placée pour parler en détails de son enseignement ou donner des conseils sur ce sujet car je ne le maîtrise que trop peu.

    En effet, même si les professeur des écoles doivent être polyvalents et doivent enseigner toutes les disciplines, le fait est que nous sommes des êtres humains et que nous ne sommes pas tous doués dans tous les domaines ni dans les mêmes domaines (d'où l'importance de l'échange et du partage dans notre métier ! ;-)). Il y a des matières avec lesquelles, soyons honnêtes, nous avons peu d'atomes crochus !

    Ben, pour moi, cette matière, c'est la musique !

    Je me sens personnellement vraiment désarmée pour enseigner cette discipline correctement et, même si je lis régulièrement des documents sur le sujet, demande des conseils autour de moi ... je ne peux en dire qu'une chose : je fais ce que je peux avec mes faibles connaissances (qui, pour l'anecdote, s'en limitent à mes vagues souvenirs de mes années "collège" et aux séances faites à l'IUFM en vue du concours).

    La portée ? ça va, je gère. La littéraire que je suis fait le parallèle avec les lignes d'un cahier sur lesquelles elle pose les notes pour pouvoir écrire ... euh non ! Composer !

    Les notes ? ça ... ça va encore ! Disons que je comprends le principe et l'organisation générale ... C'est un peu comme les lettres de l'alphabet que l'on doit mettre sur une ligne d'écriture, dans le bon ordre pour former, non pas des mots, mais des mélodies ... non ... un rythme ... euh ... un tempo ? ...

    Ah ben voilà, on y est ! Je suis perdue !

    Entrer dans la musique, m'a demandé un gros travail de compréhension. Aussi, si mes élèves de CP ont parfois du mal à comprendre des textes en lecture, je peux sans mal interpréter leurs difficultés : Ils entendent mais ne mettent pas d'images dessus ni de sens. En fait, je vis la même chose avec l'enseignement de la musique !

    Je le lis, je l'écoute ... mais je ne le comprends pas !

    Mais attention ! Loin de moi l'idée que la musique ne signifie rien ! Je pense, bien au contraire, que la musique est un langage bien particulier qui peut transmettre des messages puissants. L'explication des difficultés que je rencontre dans cette discipline est toute simple : je ne suis pas auditive pour un sou !!

    Or, la musique nécessite une utilisation importante de l'audition. (Oui, bon OK ! Vous allez me dire : Beethoven était sourd ! Faut toujours une exception non ?! ;-)).

    Évidemment, si j'avais pratiqué la musique étant plus jeune en jouant d'un instrument ou en pratiquant le chant choral par exemple, cela aurait été sans doute différent car mon audition aurait été entraînée ...

    Mais, le fait est que ce n'est pas le cas ! Je n'ai jamais touché d'instruments (à part ma fidèle flûte à bec de la 6ème à la 3ème !), je n'ai jamais eu de cours de solfège ni rien de ce genre.

    Quand je dois apprendre une chanson par exemple, j'ai deux solutions qui s'offrent à moi :

    - regarder le clip pour retenir les images et les lier aux paroles que je lis en parallèle

    - associer des gestes aux paroles pour vivre le texte.

    Je passe donc par mes profils d'apprentissage dominants pour compenser la "défaillance" de ma mémoire auditive.

    Au collège déjà, je n'apprenais pas les notes à jouer à la flûte (lire une partition, pour moi, c'est comme lire du chinois !) : je regardais mes copines s'entraîner, je retenais l'ordre des trous à boucher ou à libérer pour jouer la partition, et je reproduisais le tout en classe devant mes camarades en évaluation. Jouer de la flûte n'était au fond pour moi qu'une chorégraphie très précise des doigts. (Attention, je ne dis pas que c'est bien ! Je dis juste que cela m'a sauvé des mauvaises notes ! ;-p).

    Par la suite, durant mes premières années d'enseignement, je peux l'avouer aujourd'hui : je ne me suis pas trop trop foulée pour enseigner la musique. J'avais bien mis de côté les cours, séances et séquences que j'avais pu vivre et prendre en notes à l'IUFM et je les ai ressorties à mes élèves en l'état. Cela me rassurait car, d'un côté je savais que c'était des apprentissages efficaces car mis au point par des enseignants chevronnés et experts dans la matière et, d'un autre côté, je me retrouvais libérée du stress de devoir préparer un cours que je ne maîtrisais pas. (Parce que, franchement, j'avais aussi durant mes premières années d'enseignement, bien d'autres chats à fouetter entre les visites-conseils, la titularisation, les postes qui changent à chaque rentrée ...)

    Mais voilà ... Un jour, j'en ai eu assez de faire la même chose encore et encore, d'année en année (même si j'adaptais au niveau de classe qui se trouvait en face de moi). J'ai donc voulu changer un peu ... beaucoup ... sans pour autant en avoir appris plus entre temps !

    Je me suis donc tournée vers des lectures et des ouvrages pédagogiques "clé en mains" qui m'ont permis d'ouvrir mes horizons et d'enseigner la musique tout en l'apprenant moi-même.

    Voici quelques sources que j'ai pu utiliser et/ou que j'utilise encore actuellement ...

     

    L'éducation musicale à l'école élémentaire (RETZ)

    Musique et profils d'apprentissage

     

    Une année au concert - cycle 2 (CANOPE)

    Musique et profils d'apprentissage

     

    Le portail Musique Prim'

    Musique et profils d'apprentissage

    En alliant les conseils et idées donnés dans les différents ouvrages cités à mon passé difficile d'enfant extrêmement peu douée en musique, j'ai décidé de proposer à mes élèves un enseignement qui s'adapte aux 3 profils d'apprentissages connus afin de leur éviter de se retrouver, comme moi autrefois, perdue entre les notes et les paroles :

    - Auditif : il est facilement mis en avant en musique grâce aux écoutes musicales, aux chants ... Par l'écoute répétitive, l'analyse des tempo, rythmes ... les élèves auditifs trouvent rapidement dans la musique un refuge qui leur permet de développer leur profil d'apprentissage dominant. La musique est la discipline dans laquelle, très souvent, ils peuvent être valorisés, une discipline qui les motive.

    - Visuel : c'est, à mes yeux, le profil d'apprentissage le plus difficile à travailler en éducation musicale. Pour le moment, mes actions pédagogiques s'en limitent à donner parfois des couleurs aux notes (plutôt que de les laisser noires), dessiner les paroles en les représentant avec des bandes de couleurs ou en codant la chanson, ... De même, je "surjoue" énormément quand je fais musique avec mes élèves (comme le faisait finalement mon professeur de musique au collège : cela faisait rire la classe, mais sans cela, jamais je n'aurais retenu le peu que je sais encore aujourd'hui ! Merci à lui !) : les élèves visuels retiennent ainsi mes expressions faciales, les gestes que j'exagère pour mimer la musique ou mettre en scène les paroles ...

    - Kinesthésique : C'est le profil d'apprentissage le plus répandu parmi les élèves en difficulté et c'est aussi celui qu'il me parait logique de travailler quand on parle d'éducation musicale ! Quand, comme moi, on n'aime la musique mais qu'on ne sait pas en jouer et qu'en plus on chante comme une casserole, que peut-on faire pour profiter de sa passion ? On bouge ! On danse ! On tape du pied ! On tape des mains ! On saute ! On fait n'importe quoi qui nous donne le sourire et qui nous permet de nous épanouir dans ce langage qu'on ne maitrise pas en profondeur mais qui résonne en nous sans qu'on puisse vraiment dire pourquoi ! Quand on fait musique dans ma classe, on bouge les tables, les chaises, on se met en rond et ... on danse ! On utilise la portée sensorielle faite maison, les élèves recherchent des gestes à associer aux paroles pour créer une sorte de chorégraphie qui leur permet de retenir dans un premier temps, l'idée générale du texte puis, par la répétition et l'entraînement, les paroles elles-mêmes.

    Cette année, j'ai décidé de réaliser un petit livret pour chaque chanson apprise. Ce guide d'aide à la mémorisation et placé au centre d'écoute et contient :

    - les paroles de la chanson

    - des symboles pour marquer les pauses

    - les images des gestes choisis par les élèves.

    Pour vous donner une idée de l'utilisation des profils d'apprentissages en musique, voici le premier livret de l'année portant sur la chanson de Claudio Capéo "Donne-moi ta main".

    Education musicale :

    Voilà où j'en suis dans ma réflexion sur l'enseignement de la musique. Je suis toujours en recherche sur ce sujet et, si jamais vous avez des pistes de réflexions, des lectures à me conseiller ou des techniques qui ont fait leur preuve, n'hésitez pas à me les faire remonter. Je suis preneuse de tous les conseils qui me permettront de m'améliorer ! ;-)

     

     

     

     


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  • Comme je vous en parlais ici, Maitresse Sev et moi-même avons eu la chance de nous rendre au salon Educatec Educatice le 21 novembre 2018.

    Le salon Educatec

    Educatec, kézako ?

    Educatec Educatice est un salon professionnel leader de l’innovation éducative en France. Si le salon a ouvert ses portes pour la 23ème fois cette année, c'était pour nous une première découverte ! 

    Le salon : un lieu d'échange

    Ce salon permet d’échanger avec de nombreux exposants sur l’avenir de l’éducation, découvrir les nouveautés sur l'aménagement de l'espace et la scénarisation pédagogique.

    Afin de faire du salon un réel lieu d'échange, de nombreux temps forts y sont organisés tels que des conférences ou des ateliers prenant place au Carrefour de l'innovation pédagogique.

    C'est dans cet espace incroyable équipé par Manutan Collectivités que nous avons pu rencontrer et échanger avec de nombreux partenaires afin de réfléchir ensemble sur l'aménagement d'une classe centrée sur les élèves.

    Le carrefour de l'innovation pédagogique

    Si cet espace de 100 m² est généralement découpé en trois sous-espaces principaux (Collaboration / Co-working - Créativité / Design Thinking - Culture numérique), nous avons pu profiter de la totalité de l'espace pour "Refaire la classe" avec une vingtaine de collègues volontaires.

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

     

    Un groupe de collégiens s'est également joint à nous afin de participer en apportant leur témoignage d'élèves sur l'aménagement de l'espace-classe. Des regards croisés qui ont permis de soulever de nouveaux points de réflexion ... ;-)

     

    Le salon Educatec  Le salon Educatec

    Le salon Educatec   Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Les ateliers interactifs et les retours d'expérience étaient organisés par différents partenaires :

    les communautés Être Prof et Eduvoices,

    - des projets accompagnés par le 110bis,

    - la LabSchool, la CNIL,

    - le collectif EMC Partageons

    avaient un même but : mettre en scène la complémentarité entre l’aménagement de l’espace et la scénarisation pédagogique dans l’innovation.  

     

    C'est dans ce contexte et cette volonté réfléchir tous ensemble à l'école de demain que nous avons pu animer notre atelier et rencontrer de nombreux collègues passionnés.

    Voici quelques moments de cet atelier ...

     

    La salle de classe rêvée des collégiens de l'Academie de Versailles. Pas facile pour eux d'imaginer une école différente de ce qu'ils connaissent depuis l'enfance.

    Le salon Educatec

     

    La salle de classe vue par des enseignants

    L'envie de changement est en marche !!

    Le salon Educatec 

     

    La salle de classe vue par l'équipe de Manutan Collectivités

    Un aménagement flexible qui me fait rêver ! ;-)

    Le salon Educatec

     

    Des idées d'activités à proposer aux centres d'autonomie, sorties directement de la tête des participants !

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Le salon Educatec

    Merci à tous ceux qui ont rendu cela possible ! Ce fut pour nous, les petites maitresses mosellanes, une réelle chance et un plaisir immense de pouvoir vivre cette expérience dans un cadre aussi impressionnant !

    Comme nous savons que beaucoup n'ont malheureusement pas pu venir assister au salon et à notre atelier, grâce à Etre Prof, nous avons la possibilité de vous le faire revivre comme si vous y étiez !

    En cliquant ici, vous pourrez visionner la vidéo de notre intervention ...

    et en cliquant sur cette image, vous pourrez découvrir le diaporama créé pour l'atelier.

    Le salon Educatec

     

    N'hésitez pas à nous faire part de vos retours car, n'oublions jamais l'essentiel :

    Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! ;-)

     

     


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  • !! Article en cours de construction !! Il sera mis à jour au fil de l'année ;-)

     

    Tout comme l'écrit, le numérique a une place importante dans le projet annuel mené cette année avec ma classe. Je vous parlais déjà de ce projet ici et, dans ce nouvel article, je vais prendre le temps de détailler un peu plus l'organisation qui a été mise en place en classe pour transformer l'aventure épistolaire de la classe en un livre numérique et interactif rempli de l'imagination des enfants et du talent de Pit&Pit !

    Comme expliqué dans l'article sur la correspondance Epopia, la classe reçoit des lettres venues tout droit du royaume d'Uniona, gouverné par mes élèves. Dans ces lettres, des aventures ont lieu. Mais pas n'importe lesquelles !

    Des aventures qui découlent des décisions ayant été prises par les élèves lors des précédents échanges de lettres.

    Le contenu de ces lettres est donc entièrement décidé par les élèves !

    Et ce sont ces aventures qui composeront le livre numérique de la classe !

    Mais voilà ! Créer un livre numérique et interactif ce n'est pas une mince affaire ! Cela demande un long travail préalable avant de pouvoir passer du papier à l'écran ! D'autant que nos partenaires Pit&Pit qui aident ma classe dans ce projet, ne vivent pas en Moselle mais à Paris ! Il faut donc que le travail soit bien préparé par la classe et aussi clair que possible afin d'éviter de perdre du temps dans les échanges d'informations.

    Ainsi, pour réaliser chacune des pages du livre numérique, plusieurs étapes préalables sont nécessaires et indispensables.

    Chacune d'elles nécessite une réelle collaboration et coopération entre les élèves ce qui, bien au-delà des compétences en QLM, Arts visuels, etc ..., permet de mettre en avant un travail de réflexion et d'analyse de compétences d'EMC et de valeurs citoyennes qui ont pour effet de créer un réel esprit de classe qui motive tous les élèves !

    Tout d'abord, la classe prend connaissance desnouvelles du royaume au travers des lettres d'EPOPIA. Un travail de mise en scène des situations racontées est réalisé en classe afin de permettre aux élèves de vivre l'intrigue pour bien la comprendre. En effet, si les enfants ne comprennent les évènements, comment pourraient-ils les raconter ?

    Des lettres au livre numérique

    Pour des raisons pratiques et logistiques, chaque lettre Epopia peut donner naissance à 4 pages numériques et interactives maximum. Ainsi, lorsque l'intrigue est bien connue et comprise, la classe se concerte pour déterminer le contenu de chacune des 4 pages en réalisant un storyboard détaillé qui sera envoyé plus tard à Pit&Pit par mail.

    Des lettres au livre numérique

    Comme vous pouvez le voir sur l'image ci-dessus, le storyboard contient :

    - le numéro des pages concernées

    - le texte à présenter sur la page

    - les illustrations à faire figurer

    - les animations souhaitées par les élèves.

     

    Une fois que tout est clairement spécifié sur le storyboard (mais aussi dans la tête des élèves et de la maîtresse ;-)), l'heure de la répartition des tâches sonne ! Les élèves sont répartis en petits groupes qui travaillent à la création d'une ou plusieurs illustrations de l'ouvrage (sur le temps d'Arts visuels).

    Quand toutes les illustrations sont réalisées, l'ensemble des document est alors envoyé à Pit&Pit.

    Un petit peu de scan par ci, un peu de saisie par là et, après plein d'autres manipulations informatiques bien longues et compliquées, Pit&Pit passe toutes les créations des enfants du papier à l'écran, du dessin figé au dessin animé !

    Tout prend vie tel que les enfants l'ont imaginé ! Et, croyez-moi, c'est plus que des étoiles qu'ils ont dans les yeux quand ils découvrent tout cela bouger devant eux !

    Des lettres au livre numérique

    Des lettres au livre numérique

    Des lettres au livre numérique

     (Pour avoir un aperçu des animations, rendez-vous dans ma story permanente "Epopia" sur Instagram)

    Voilà où en sont mes élèves en ce début de CP !

    Au fil de l'année, leur implication dans toutes les tâches en lien avec le projet, notamment dans le domaine numérique, ira en grandissant (saisie des textes sur le storyboard, insertion d'animations ...). Pour le moment, il faut d'abord leur laisser le temps de tout prendre en main, du matériel aux logiciels.

    Chaque chose en son temps ... ;-)


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  • Suite à plusieurs demandes via IG, voici un petit descriptif de ma façon de faire pour travailler la maquette et le plan avec mes élèves au CP. Cela n'a rien de bien révolutionnaire mais, chaque année, je remarque combien cela plaît et parle aux élèves.

     

     

    1) Des déclencheurs, une problématique.

    Pour démarrer le projet de la construction du plan de la classe, je cherche une amorce intéressante, un déclencheur qui permettra de motiver les élèves.

    Une année nous avons voulu réaliser le plan dans le but de montrer aux parents comment était la classe, où chacun était assis ...

    Une autre fois encore, nous l'avions réalisé pour échanger avec une autre classe de CP avec qui nous avions une correspondance.

    Cette année, nous l'avons fait suite à la réception du premier courrier Epopia. Il contenait une carte de notre royaume d'Uniona. Dans ce courrier, les personnages nous ont demandé comment était l'endroit où nous vivions alors nous nous sommes lancés dans la création d'un plan afin de l'envoyer au Royaume pour le leur montrer.

    De la maquette au plan de la classe

     

    2) L'observation

    Avant d'en arriver à un plan clair, les étapes de réflexion et de recherches sont longues.

    Nous commençons par étudier des plans, des cartes ... Cette année, mes élèves se sont penchés sur la carte du Royaume et il est apparu très clairement que pour construire un plan il nous faudrait pouvoir voir la classe du dessus. Malheureusement, même si on essaye de sauter très haut, que l'on prend un hélicoptère pour voler au-dessus de l'école (Oui, ils ont de la suite dans les idées et, visiblement, un budget illimité pour solutionner les problèmes mes loulous ! ;-p) c'est impossible !

    En revanche, l'inverse est tout à fait possible !

    "Si on ne peut pas devenir géant,on peut rendre la classe minuscule maîtresse !"

    Alors c'est parti pour la construction d'un modèle réduit de la salle de classe !

     

     

     

    3) La construction de la maquette

    J'ai donc apporté à mes élèves des LEGO DUPLO (plus gros et faciles à manipuler que les LEGO ordinaires) qui pourraient nous servir pour construire une mini-classe de manière ludique. Et chaque année, grâce à ces briques en plastiques, même les élèves les moins motivés ou les plus réticents se retrouvent investis par la mission qui leur est confiée et se révèlent dans la tâche de construction ! C'est une des raisons pour laquelle j'aime démarrer l'année par ce projet en particulier : les élèves u trouvent vite du plaisir à venir apprendre en s'amusant ! ;-)

    Si la maquette a été construite au centre de découvertes, en autonomie, par binômes, le travail préparatoire à cette construction a été réalisé en classe entière durant des séances de QLM.

    La classe a pris le temps de trier les LEGO DUPLO proposés afin :

    - d'éliminer ceux qui ne seraient pas utiles pour réaliser la maquette de notre classe (L'avion de Minnie, la pompe à essence de flash McQueen et la tractopelle du chantier de construction se sont bizarrement avérés inutiles pour mener à bien notre mission ! Quelle tristesse ! ;-))

    - de trouver une brique qui soit adaptée et qui corresponde à chaque meuble de la classe.

    Pour ce point, les élèves ont observé les meubles et les formes qu'ils avaient ce qui leur a permis de remplacer l'armoire par un "rectangle", le poste de musique par un "carré" ...

    Chaque meuble a été réduit à la taille d'un LEGO, le matériel a été ensuite mis à la disposition des élèves qui ont construit leur maquette et l'ont pris en photo de dessus afin que l'on puisse tout voir sur le cliché.

    De la maquette au plan de la classe

     

     

    4) Le décalquage

    Une fois la maquette construite et prise en photo par les binômes, nous avons confronté les différents clichés (qui étaient volontairement non-nominatifs) en classe entière pour n'en choisir qu'un seul : celui qui était le plus proche de l'aménagement de classe réel.

    Une fois le cliché de la maquette choisi, il reste le souci du passage au plan.

    Pour mener les élèves à la réalisation de cet représentation spatiale, je leur fait remarquer que l'image qui était proposée (projetée sur le mur) n'était pas un plan mais une photo de maquette. En comparaison au plan de l'école, au plan d'évacuation ... il est très clair qu'il y a une grosse différence entre les deux documents proposés.

    Les élèves proposent alors (plus ou moins rapidement selon les années et le niveau de classe) de "repasser sur les bords des LEGO pour ne garder que les contours" afin de dessiner le plan.

    Pour se faire, je leur donne à chacun la photo de la maquette et une petite feuille de papier calque qui leur permet de mettre en œuvre leur idée sans pour autant écrire sur l'image de la maquette. Ainsi, en fin d'activité, les élèves peuvent comparer les deux et le plan apparait plus clairement sur le papier calque.

    De la maquette au plan de la classe

    Cette activité de "décalquage" est réalisable devant toute la classe, sur ordinateur. Pour ma part, j'ai projeté la photo de la maquette au mur via PowerPoint et j'ai inséré des rectangles et des carrés par dessus les LEGO, comme les élèves avaient fait à la main sur le calque.

    Une fois tous les LEGO symbolisés, j'ai effacé l'image de la maquette et le plan est apparu aux élèves.

    De la maquette au plan de la classe

    De la maquette au plan de la classe

    Cliquez ICI pour accéder eu PDF des documents numériques réalisés en classe.

     

     

    5) La trace écrite

    Pour terminer le projet, chaque élève conservera une trace écrite dans son cahier de découvertes.

    J'essaye autant que possible de réaliser des traces écrites qui ne soient pas juste des leçons simples à apprendre mais des écrits-témoins de toutes les étapes du projet réalisé.

    Les leçons c'est bien mais, si on apprend mieux par l'affectif et la manipulation, alors je pense que les souvenirs c'est mieux. ;-)

    C'est pourquoi la trace écrite ci-dessous reprend :

    - les connaissances à retenir sous forme de témoignage de l'ensemble des élèves

    - la photo de la maquette réalisée par les élèves en autonomie

    - le plan final numérique réalisé en classe entière avec l'enseignant

    - une photo d'élève en activité pour mettre un point d'honneur aux manipulations qui ont jalonnés le projet

     

    De la maquette au plan de la classe

    Cliquez ICI pour accéder à une version modifiable

     

    Autant de souvenirs qui permettront aux élèves de fixer les apprentissages et les connaissances apportées au cours du projet.

     

    Cette façon de procéder n'est en rien un modèle à suivre ! C'est simplement un processus qui me convient, qui permet aux élèves de s'investir avec motivation et plaisir dans une notion qui n'est pas très évidente à saisir à un âge où la représentation dans l'espace est encore souvent très compliquée.

    N'hésitez pas à me faire connaitre votre propre stratégie pour aborder cette partie du programme avec vos loulous. Je suis certaine que cela pourra aider encore plus les miens ! ;-)


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