•  

    Je ne suis pas du tout une experte en art ! Loin de là même !

    Et c’est justement pour cela et parce que je sais que nous sommes nombreux(ses) dans ce cas que j’ai voulu réunir en un seul document un ensemble d’activités assez simples à mettre en place au centre de création, plus spécifiquement en CP.

     

    Faire une séance en arts visuels c’est une chose. Mettre en place des activités réalisables en autonomie quand la maîtresse est occupée à autre chose en est une autre.

     

    Aussi, les quelques pages qui suivent sont mises en ligne non seulement pour garder une trace de ce que j’ai pu tester dans ma classe (histoire de me dire dans quelques années "J'ai proposé ça moi ? MOI ?! Wouah ! Je me surpassais ! lol) mais également pour permettre aux collègues qui se lancent en classe flexible et dans les centres d’autonomie de disposer de quelques petites idées pour démarrer un centre de création sans que cela ne soit trop chronophage.

     

    Si vous adorez les arts, elles vous sembleront certainement bien fades.

    Si vous êtes comme moi, elles pourront peut-être vous rassurer et vous servir de « kit de secours en cas de panne d’idées ».

     

    Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’une liste non-exhaustive d’idées que j’étofferai sûrement au fil des années, grâce aussi et très certainement aux conseils et idées trouvées sur internet ou auprès de mes supers collègues Un tour en ULIS et Maitresse Sev qui sont toujours pleines de ressources dans ce domaine.

     


     

     

    Ces activités nécessitent toutes un élément essentiel, gratuit, mais parfois difficile à mettre en place : La confiance pleine et entière de l'enseignant.

    La peinture, la colle à tapisser, l'encre ... Autant de matériaux salissant qui peuvent vite transformer l'activité proposée en carnage. Mais dans cette idée, nous oublions un détail essentiel : l'enfant ! Il a besoin d'avoir le matériel à sa disposition pour pouvoir réaliser l'activité et/ou créer selon ses envies et selon SA définition du BEAU.

     

    Mettre tout le matériel en libre accès impose à l'enseignant de devoir faire confiance aux élèves.

     

    Il est donc important de préciser que toutes les activités présentées ici ont été menées en amont avec les élèves lors de séances d'arts visuels ou de "mini-leçons". Les élèves n'ont donc pas été "lâchés" au centre de création "sans rien". Ils ont bénéficié à la fois d’explications, de démonstrations mais également de supports de référence réalisés par mes soins (photos des étapes à réaliser, modèle à disposition …).

    Savoir que l'on a bien préparé ses élèves aux tâches demandées permet d'avoir plus facilement confiance.

     

     

    En espérant que ce document pourra vous servir ou vous inspirer pour offrir à vos élèves de doux moments de création, en centre d'autonomie ( ou autres d'ailleurs, rien n'est figé ! ). ;-)

     

    Dans tous les cas, n'oublions jamais l'essentiel, en création comme pour le reste :

    OSONS !

     

     

    Pistes d'activités pour le centre de création


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  •  Cette année, j'ai lancé ma classe dans un gros projet de "construction artistique" : une pinata !

    Chaque année, deux fêtes reviennent aux mois de mai et de juin : la fête des mères d'un côté et la fête des pères de l'autre.

    Cette année j'ai choisi de ne fêter ni l'un ni l'autre pour diverses raisons qui ont été propres à ma classe.

    Les situations familiales étant de plus en plus différentes et/ou complexes, il était difficile pour moi de faire fabriquer un objet de "fête des pères" à un enfant qui n'en a pas ou plus, idem pour la fête des mères.

    J'ai opté pour une alternative déjà connu de beaucoup d'entre vous :

    la fête des "gens qu'on aime".

    NB : Je sais que certains enseignants et parents sont attachés à ces traditions de fêtes des mères et pères car cela fait plaisir aux enfants de fabriquer une petite babiole et aux parents de la recevoir (je le sais bien , je suis moi-même ravie quand mes enfants me ramènent leur petite production de l'école ;-)). Certains parents sont même déçus (pour ne pas dire contrariés !) de ne pas recevoir d'objet spécifique. Cependant, je tiens tout de même à préciser que, selon moi, ce genre de fêtes n'est une prérogative ou un devoir de l'école vis-à-vis des parents. Ce choix est libre et à laisser à chaque enseignant de le faire, sous une forme ou une autre, et même de ne pas le faire du tout. Rien n'empêche les familles de gérer ce genre d'évènements au sein du/des foyer(s) concernés. La fête n'en sera pas moins jolie si l'enfant ne ramène rien de l'école. Un câlin, un bisou, un petit dessin ou une tasse de café chaud apporté au lit, sont déjà de très beaux cadeaux qui valent tout l'or du monde pour une maman comme pour un papa. ;-)

    L'avantage de la fête des gens qu'on aime c'est qu'elle peut regrouper à la fois maman et papa mais aussi mamie, tonton, papi, tata ... Le principe est alors de fabriquer un cadeau que l'enfant offrira à la personne de son choix.

    Mais là encore, un souci se posait dans mon coeur de maman/maitresse :

    et si l'enfant aime plusieurs personnes très très fort ? (Et c'est souvent le cas).

    Je me suis alors mise en tête de créer un objet qui permettrait à l'enfant de ne pas devoir "choisir" de personne à gratifier mais plutôt de partager un bon moment avec TOUS les gens qu'il aime. Je souhaitais faire réaliser un objet que mes élèves pourraient rapporter à la maison et qui soit un "prétexte fédérateur" pour eux, leur permettant d'être avec leur famille, leurs amis et de se faire de bons souvenirs, ENSEMBLE, malgré tout ce qu'il peut y avoir le reste de l'année entre certains d'entre eux.

    C'est alors que l'idée de la Pinata m'est venue ! 

    (il manque une vaguelette sur le N que je parviens pas à mettre car mon ordinateur n'a pas le dictionnaire espagnol :-()

    Un pinata c'est quoi ?

    C'est un récipient en papier mâché que les enfants doivent frapper avec un bâton, les yeux bandés, afin de le casser et d'attraper son contenu (friandises, petits cadeaux) lors d'une fête dans la tradition Mexicaine.

    Mais cela, je n'ai pas eu à l'expliquer aux élèves car ils savaient déjà tous ce que c'était étant donné qu'ils en avaient déjà casser lors d'anniversaires.

    Ils ont adoré l'idée que je leur proposait et cela même s'ils savaient d'avance que leur cadeau finirait en mille morceaux ! ;-p.

     

    Voici donc en résumé et en images les étapes de la réalisation de cet objet :

    NB : la plupart des étapes ont été réalisées en autonomie au centre de création (même le papier mâché) afin de pouvoir mener le projet à bien (sauf exceptions : élèves absents regroupés sur un temps de travail spécifique pour avancer plus vite, nécessité d'une aide adulte pour l'assemblage ...)

    Une pinata pour les gens qu'on aime

    Une pinata pour les gens qu'on aime

    Une pinata pour les gens qu'on aime

    NB : si jamais vous souhaiter vous lancer dans ce genre de prohet, sachez que pour raisons technique, la mise en peinture de la pinata a été finalement faite à la bombe de peinture (spray) car la gouache ou l'acrylique ramollissait les pinata "de tests" ce qui rendait la phase "explosion" impossible avec un bâton. :-(

    Une pinata pour les gens qu'on aime

     

    Et c'est ainsi que les élèves ont chacun fabriqué une pinata en forme de soleil !

    Mais pourquoi un soleil ?

    Nous en avions discuté avec les enfants. Ils savaient qu'il fallait trouver une forme assez facile à réaliser car c'était leur première "home made pinata" ;-p. 

    Une élève avait proposé : "les gens que j'aime ils mettent du soleil dans mon cœur !"

    Nous avons donc eu envie de représenter ce soleil pour en mettre aussi un peu dans le cœur de ceux qu'on aime !

    Afin que ce projet puisse être mené à bien, il a fallu informer les parents. Ils étaient les derniers maillons de cette "idée folle", maillons sans lesquels rien ne pouvait se dérouler comme désiré en dehors des murs de l'école et il était important pour les enfants comme pour moi qu'ils acceptent de jouer le jeu en respectant les volontés de leur enfant.

    Les familles ont ainsi été informées du projet dès le départ par mes soins grâce à l'application Klassroom mais aussi par un petit mot explicatif rédigé par l'élève et glissé dans le sac où se trouvait la Pinata

    Parents, grands-parents, tatas, tontons, etc ... ont joué le jeu et ont organisé l'événement avec motivation ce qui a donné tout son sens au projet.

    Les enfants avaient également, en séances de production d'écrits, réalisé des cartons d'invitation qu'ils ont distribués à toutes les personnes qu'ils souhaitaient inviter à leur "fête des gens qu'on aime".

    Certains ont choisi de ne le faire qu'avec leurs parents et frères et sœurs tandis que d'autres ont attendus quelques jours pour en profiter avec un plus grand nombres d'invités autour d'un barbecue organisé dans le jardin.

    Chacun à organiser l'évènement qu'il souhaitait. ;-)

    Je dois malgré tout dire que j'étais personnellement plus que contente de voir les enfants repartir chez eux avec leur objet car je n'en pouvais plus de voir des pinata partout !! lol

    Le projet a duré environ 2 mois (le temps de réaliser une étape par semaine en autonomie ...) et, chose à laquelle je n'avais pas pensé au départ, a nécessité un espace de stockage conséquent (oui parce que 26 pinata, ça prend de la place pendant 2 mois dans une salle de classe ! :-o).

    Mais ces deux petites zones d'ombre ne sauraient retirer à cette expérience tous les points positifs cités plus haut.

    Le plus dur pour moi, au moment de la remise des pinatas aux familles était de me dire que je ne verrai finalement pas les élèves s'amuser avec elle et leur famille. :-(

    Mais c'était sans compter sur les parents de la classe qui se sont dit que ça me ferait plaisir de voir l'issue de ce projet dont les enfants leur parlaient depuis des mois : j'ai ainsi reçu plusieurs photos et vidéos de mes élèves et de leur entourage en train de casser la pinata et de crier de joie en découvrant son contenu.

    Cela a fait chaud comme un soleil dans mon cœur de maîtresse ;-). Et c'est d'ailleurs et seulement à ce moment-là que je me suis dit : pari réussi !

    Il ne me reste plus qu'à trouver un autre projet aussi motivant et fédérateur pour l'an prochain ... ;-)

     

     

     

    #teampe #fetedesgensquonaim

     


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  • Comme à chaque fin d'année, une échéance est commune à tous les enseignants : le spectacle de fin d'année. Pour ma part j'aime bien souvent faire un chant avec mes élèves. Cette année, plutôt que de leur faire chanter une chanson déjà existante, j'ai préféré en "créer" une qui parle vraiment d'eux.

    Etant une vraie bille en musique, je ne me sentais pas du tout capable de créer une chanson de A à Z avec paroles, musique, etc ...

    J'ai donc préféré proposer à mes élèves plusieurs chansons dont les paroles pouvaient facilement devenir la leur après quelques modifications du texte pour qu'il colle à leur quotidien de classe.

    Comme les CM2 de notre école et les 6ème du collège de secteur avaient un projet chorale sur le thème de Disney, j'ai opté pour des musiques en lien avec ce même thème. (Bon, j'avoue, c'est n'est pas QUE pour ça mais aussi et surtout parce que je suis une accro de Disney ! #addict).

    J'avais préalablement sélectionné 4 musiques qui m'avaient personnellement inspirées pour la chanson des CP :

    - "Sous l'océan" de La petite sirène

    - "Une étoile est née" de Hercules

    - "Heigh-Ho !" de Blanche-Neige

    - "Je voudrais déjà être roi" du dessin animé Le Roi Lion

     

    Le choix de la classe s'est porté sur la dernière chanson.

     

    Une fois la chanson choisie, j'ai recueilli auprès des élèves leurs réponses à différentes questions que j'avais préparé pour ce projet :

    - Qu'est-ce que vous aimez le plus dans notre classe ?

             Réponse : les tabourets, pouvoir choisir notre travail ...

    - Qu'avez-vous aimé au CP ?

             Réponse : la cour, les copains, la maitresse, ...

    - Quelle est la chose que vous attendez avec impatience dans votre vie ?

             Réponse : Aller au collège, devenir grand ...

     

    Pour finir, j'ai fait un mixage de toutes ces réponses pour obtenir le chant que nous avons interprété au spectacle de fin d'année.

    Voici le texte final de notre chant "On voudrait telleMENT être grand !"

    Chanson de fin d'année

     

    J'espère qu'il pourra vous servir ou vous inspirer pour des futurs projets avec vos petits loulous. ;-)

     


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  • Comme je le disais dans cet article, la musique ce n'est pas mon point fort en terme de pédagogie et de didactique. J'utilise très souvent l'ouvrage "L'éducation musicale à l'école élémentaire pour faire cette partie du programme. Il contient une séance pour découvrir l'environnement sonore, destinée au cycle 3, que j'apprécie particulièrement et à laquelle les enfants accrochent toujours.

     

    Environnement sonore

     

    "Nous sommes dans la chambre de Mathieu. Il a un peu de fièvre et doit rester au lit. Cela ne fait que quelques jours qu'il a emménagé avec sa famille dans cet immeuble dans une grande ville. Il va découvrir depuis son lit tous les sons qui l'entourent ..."

     

    Voilà le point de départ de la séance en question et le résumé du contenu de la piste à écouter.

    Les objectifs avancés dans l'ouvrage pour cette séance sont les suivants :

    - Développer l'écoute active

    - Reconnaître et identifier les sons

    - Représenter les sons par un graphique

    Même si la séance est annoncée pour le cycle 3, tous ces points sont tout à fait accessibles à des élèves de cycle 2.

    Pour se faire, j'ai simplement :

    - coupé la séance unique proposée en plusieurs séances (pour le centre écoute et pour le centre guidé) 

    - Créé et adapté quelques outils afin de permettre à mes élèves d'atteindre ces objectifs tout en restant en accord avec leurs aptitudes.

     

    La phase d'écoute

    Jusqu'à cette année, je la faisais en classe entière. Nous écoutions la piste plusieurs fois, on notait ce qu'on entendait et on poursuivait avec le codage du montage sonore la fois suivante.

    Cette fois, j'ai procédé d'une autre manière avec mes élèves.

    L'avantage de la classe flexible c'est d'offrir aux élèves des temps pour apprendre en autonomie.

    J'ai ainsi, et dans un premier temps, mis la piste "Dans l'immeuble de Mathieu" de l'ouvrage des éditions Retz à la disposition des élèves au centre d'écoute.

    Si vous n'avez pas le CD associé, la piste "Dans l'immeuble de Matthieu" est disponible sur le blog Twinspe.

    Chaque élève disposait d'une fiche (comme celle disponible ci-dessous) pour relever les différents éléments de l'environnement sonore écouté.

    NB : L'ordre d'enchaînement des sons importait peu à ce moment-là : ils pouvaient réécouter la pistes autant de fois qu'ils voulaient, je voulais surtout qu'ils se concentrent et retrouve les différents éléments.

    Afin que chacun puisse réaliser l'activité selon ses capacités, les élèves pouvaient soit écrire soit dessiner ce qu'ils entendaient.

    Environnement sonore

    En fin de semaine nous avons mis les réponses en commun durant la séance collective d'éducation musicale et créer la liste des 12 éléments qu'il fallait entendre.

     

    La phase de codage

    Dans le livre, la phase de codification sonore telle qu'elle est proposée est particulièrement complexe pour des cycle 2 (mais n'oublions pas que c'est prévu pour des cycle 3, ce qui explique le niveau de difficulté élevé).

    J'ai donc modifié la manière de procéder afin de rendre cette étape non seulement accessible à mes CP mais aussi réalisable en autonomie.

    J'ai donc mis de côté l'idée de la réalisation d'un graphique et opté pour des étiquettes qui permettraient aux élèves de reconstituer la musique en manipulant.

    Chaque élément entendu dans la chanson était donc représenté sur une étiquette. Les élèves devaient remettre les étiquettes dans l'ordre qu'ils les entendaient au centre d'écoute.

    NB : C'est pourquoi je n'étais pas exigeante sur la chronologie durant la phase d'écoute. Chaque chose en son temps comme on dit ... ;-)

     

    De plus, des bandes de couleurs et de longueur différentes, à placer sous les étiquettes "objets", étaient mises à la disposition des élèves pour indiquer la durée de chaque son.

    3 couleurs ont été choisies par la classe :

    - vert : le son dure longtemps

    - jaune : le son dure quelques secondes

    - rose : le son est très rapide, furtif.

    Pour les élèves les plus avancés, un système de cercles à poser par-dessus les étiquettes étaient disponobles pour indiquer la qualité du son :

    - cercle rouge, à bord large, pour un son puissant

    - cercle bleu, à bord fin, pour un son doux.

     

    Voici le document contenant les différents éléments créés pour toutes ces étapes de travail.

    Découvrir l'environnement sonore en autonomie

    J'aurais voulu agrémenter l'article de photos pour illustrer l'ensemble mais, dans le tumulte du quotidien de classe, j'ai complètement oublié d'en prendre. #honteamoi

    Mais, promis, je compte bien réparer cette erreur dès que possible. ;-)

     


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  • Depuis ma lecture sur la différenciation pédagogique, les différents types de mémoire et les profils d'apprentissages (je vous en parlais ici il y a quelques mois), j'essaye autant que possible de proposer dans ma classe des enseignements où chaque élève pourra s'y retrouver, notamment en musique, discipline avec laquelle je rencontre quelques difficultés.

    J'aime la musique ! Je l'adore même et je ne pourrais certainement pas vivre sans !

    Mais je serai bien mal placée pour parler en détails de son enseignement ou donner des conseils sur ce sujet car je ne le maîtrise que trop peu.

    En effet, même si les professeur des écoles doivent être polyvalents et doivent enseigner toutes les disciplines, le fait est que nous sommes des êtres humains et que nous ne sommes pas tous doués dans tous les domaines ni dans les mêmes domaines (d'où l'importance de l'échange et du partage dans notre métier ! ;-)). Il y a des matières avec lesquelles, soyons honnêtes, nous avons peu d'atomes crochus !

    Ben, pour moi, cette matière, c'est la musique !

    Je me sens personnellement vraiment désarmée pour enseigner cette discipline correctement et, même si je lis régulièrement des documents sur le sujet, demande des conseils autour de moi ... je ne peux en dire qu'une chose : je fais ce que je peux avec mes faibles connaissances (qui, pour l'anecdote, s'en limitent à mes vagues souvenirs de mes années "collège" et aux séances faites à l'IUFM en vue du concours).

    La portée ? ça va, je gère. La littéraire que je suis fait le parallèle avec les lignes d'un cahier sur lesquelles elle pose les notes pour pouvoir écrire ... euh non ! Composer !

    Les notes ? ça ... ça va encore ! Disons que je comprends le principe et l'organisation générale ... C'est un peu comme les lettres de l'alphabet que l'on doit mettre sur une ligne d'écriture, dans le bon ordre pour former, non pas des mots, mais des mélodies ... non ... un rythme ... euh ... un tempo ? ...

    Ah ben voilà, on y est ! Je suis perdue !

    Entrer dans la musique, m'a demandé un gros travail de compréhension. Aussi, si mes élèves de CP ont parfois du mal à comprendre des textes en lecture, je peux sans mal interpréter leurs difficultés : Ils entendent mais ne mettent pas d'images dessus ni de sens. En fait, je vis la même chose avec l'enseignement de la musique !

    Je le lis, je l'écoute ... mais je ne le comprends pas !

    Mais attention ! Loin de moi l'idée que la musique ne signifie rien ! Je pense, bien au contraire, que la musique est un langage bien particulier qui peut transmettre des messages puissants. L'explication des difficultés que je rencontre dans cette discipline est toute simple : je ne suis pas auditive pour un sou !!

    Or, la musique nécessite une utilisation importante de l'audition. (Oui, bon OK ! Vous allez me dire : Beethoven était sourd ! Faut toujours une exception non ?! ;-)).

    Évidemment, si j'avais pratiqué la musique étant plus jeune en jouant d'un instrument ou en pratiquant le chant choral par exemple, cela aurait été sans doute différent car mon audition aurait été entraînée ...

    Mais, le fait est que ce n'est pas le cas ! Je n'ai jamais touché d'instruments (à part ma fidèle flûte à bec de la 6ème à la 3ème !), je n'ai jamais eu de cours de solfège ni rien de ce genre.

    Quand je dois apprendre une chanson par exemple, j'ai deux solutions qui s'offrent à moi :

    - regarder le clip pour retenir les images et les lier aux paroles que je lis en parallèle

    - associer des gestes aux paroles pour vivre le texte.

    Je passe donc par mes profils d'apprentissage dominants pour compenser la "défaillance" de ma mémoire auditive.

    Au collège déjà, je n'apprenais pas les notes à jouer à la flûte (lire une partition, pour moi, c'est comme lire du chinois !) : je regardais mes copines s'entraîner, je retenais l'ordre des trous à boucher ou à libérer pour jouer la partition, et je reproduisais le tout en classe devant mes camarades en évaluation. Jouer de la flûte n'était au fond pour moi qu'une chorégraphie très précise des doigts. (Attention, je ne dis pas que c'est bien ! Je dis juste que cela m'a sauvé des mauvaises notes ! ;-p).

    Par la suite, durant mes premières années d'enseignement, je peux l'avouer aujourd'hui : je ne me suis pas trop trop foulée pour enseigner la musique. J'avais bien mis de côté les cours, séances et séquences que j'avais pu vivre et prendre en notes à l'IUFM et je les ai ressorties à mes élèves en l'état. Cela me rassurait car, d'un côté je savais que c'était des apprentissages efficaces car mis au point par des enseignants chevronnés et experts dans la matière et, d'un autre côté, je me retrouvais libérée du stress de devoir préparer un cours que je ne maîtrisais pas. (Parce que, franchement, j'avais aussi durant mes premières années d'enseignement, bien d'autres chats à fouetter entre les visites-conseils, la titularisation, les postes qui changent à chaque rentrée ...)

    Mais voilà ... Un jour, j'en ai eu assez de faire la même chose encore et encore, d'année en année (même si j'adaptais au niveau de classe qui se trouvait en face de moi). J'ai donc voulu changer un peu ... beaucoup ... sans pour autant en avoir appris plus entre temps !

    Je me suis donc tournée vers des lectures et des ouvrages pédagogiques "clé en mains" qui m'ont permis d'ouvrir mes horizons et d'enseigner la musique tout en l'apprenant moi-même.

    Voici quelques sources que j'ai pu utiliser et/ou que j'utilise encore actuellement ...

     

    L'éducation musicale à l'école élémentaire (RETZ)

    Musique et profils d'apprentissage

     

    Une année au concert - cycle 2 (CANOPE)

    Musique et profils d'apprentissage

     

    Le portail Musique Prim'

    Musique et profils d'apprentissage

    En alliant les conseils et idées donnés dans les différents ouvrages cités à mon passé difficile d'enfant extrêmement peu douée en musique, j'ai décidé de proposer à mes élèves un enseignement qui s'adapte aux 3 profils d'apprentissages connus afin de leur éviter de se retrouver, comme moi autrefois, perdue entre les notes et les paroles :

    - Auditif : il est facilement mis en avant en musique grâce aux écoutes musicales, aux chants ... Par l'écoute répétitive, l'analyse des tempo, rythmes ... les élèves auditifs trouvent rapidement dans la musique un refuge qui leur permet de développer leur profil d'apprentissage dominant. La musique est la discipline dans laquelle, très souvent, ils peuvent être valorisés, une discipline qui les motive.

    - Visuel : c'est, à mes yeux, le profil d'apprentissage le plus difficile à travailler en éducation musicale. Pour le moment, mes actions pédagogiques s'en limitent à donner parfois des couleurs aux notes (plutôt que de les laisser noires), dessiner les paroles en les représentant avec des bandes de couleurs ou en codant la chanson, ... De même, je "surjoue" énormément quand je fais musique avec mes élèves (comme le faisait finalement mon professeur de musique au collège : cela faisait rire la classe, mais sans cela, jamais je n'aurais retenu le peu que je sais encore aujourd'hui ! Merci à lui !) : les élèves visuels retiennent ainsi mes expressions faciales, les gestes que j'exagère pour mimer la musique ou mettre en scène les paroles ...

    - Kinesthésique : C'est le profil d'apprentissage le plus répandu parmi les élèves en difficulté et c'est aussi celui qu'il me parait logique de travailler quand on parle d'éducation musicale ! Quand, comme moi, on n'aime la musique mais qu'on ne sait pas en jouer et qu'en plus on chante comme une casserole, que peut-on faire pour profiter de sa passion ? On bouge ! On danse ! On tape du pied ! On tape des mains ! On saute ! On fait n'importe quoi qui nous donne le sourire et qui nous permet de nous épanouir dans ce langage qu'on ne maitrise pas en profondeur mais qui résonne en nous sans qu'on puisse vraiment dire pourquoi ! Quand on fait musique dans ma classe, on bouge les tables, les chaises, on se met en rond et ... on danse ! On utilise la portée sensorielle faite maison, les élèves recherchent des gestes à associer aux paroles pour créer une sorte de chorégraphie qui leur permet de retenir dans un premier temps, l'idée générale du texte puis, par la répétition et l'entraînement, les paroles elles-mêmes.

    Cette année, j'ai décidé de réaliser un petit livret pour chaque chanson apprise. Ce guide d'aide à la mémorisation et placé au centre d'écoute et contient :

    - les paroles de la chanson

    - des symboles pour marquer les pauses

    - les images des gestes choisis par les élèves.

    Pour vous donner une idée de l'utilisation des profils d'apprentissages en musique, voici le premier livret de l'année portant sur la chanson de Claudio Capéo "Donne-moi ta main".

    Education musicale :

    Voilà où j'en suis dans ma réflexion sur l'enseignement de la musique. Je suis toujours en recherche sur ce sujet et, si jamais vous avez des pistes de réflexions, des lectures à me conseiller ou des techniques qui ont fait leur preuve, n'hésitez pas à me les faire remonter. Je suis preneuse de tous les conseils qui me permettront de m'améliorer ! ;-)

     

     

     

     


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